Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps, accompagné des directeurs généraux des quatre institutions collégiales de la région, Raynald Thibeault (Jonquière), Gilles Lapointe (Saint-Félicien), Josée Ouellet (Alma) et André Gobeil (Chicoutimi)

D’autres défis pour les cégeps

Cinquante ans après la création du premier cégep, les 48 institutions collégiales du Québec ont accompli la mission de démocratiser l’enseignement supérieur, tel que le souhaitait la Commission Parent dans son rapport publié en 1964. Toutefois, l’avenir des cégeps est parsemé de nouveaux défis face à une démographie en décroissance.

De passage devant le Cercle de presse du Saguenay, Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps, accompagné des directeurs généraux des quatre institutions collégiales de la région, Raynald Thibeault (Jonquière), Gilles Lapointe (Saint-Félicien), Josée Ouellet (Alma) et André Gobeil (Chicoutimi), a mentionné que depuis leur création, ils ont grandement contribué à vitaliser les milieux où ils sont implantés. Le développement de nouvelles expertises, la recherche et développement ainsi que la faculté de s’arrimer aux besoins du marché du travail dans les milieux où ils sont implantés constituent des actifs. « Les cégeps ont eu un impact important sur la diplomation supérieure des jeunes de niveau secondaire. Aujourd’hui, 50 % de nos jeunes ont un diplôme postsecondaire comparativement à 30 % pour l’Ontario », explique M. Tremblay.

Gilles Lapointe, directeur général du Cégep de Saint-Félicien

Au cours des prochaines années et après un manque à gagner de 347 M$, les directions des cégeps de la région doivent affronter le défi du vieillissement de la population dans un contexte où, d’ici 2024, 46 % des 240 000 emplois créés exigeront une formation de niveau collégial ou technique. « On s’en va carrément vers une économie du savoir et de la transformation numérique. Il faut être capable de fournir de nouveaux étudiants. Entre 2016 et 2026, la hausse prévue des inscriptions est de 13 % au provincial et de seulement 2 % au Saguenay-Lac-Saint-Jean », ont souligné les directeurs.

Selon M. Gobeil, le développement d’attestations d’études collégiales (AEC) en fonction des besoins exprimés par les entreprises a souvent constitué des bases de formation conduisant à la création de nouveaux DEC, comme cela a été le cas dans les secteurs du multimédia et de l’animation 3D, notamment.

Raynald Thibault, directeur général du Cégep de Jonquière

Le recrutement d’étudiants internationaux, le développement d’une plus grande culture de l’éducation qui favoriserait l’entrée d’un plus grand nombre d’étudiants provenant du secondaire, le rehaussement des compétences des travailleurs constituent des pistes sur lesquelles planchent les cégeps.

Concernant les étudiants internationaux, M. Tremblay affirme qu’il ne faut pas sous-estimer le niveau d’attractivité du Québec et de son système d’éducation perçu à l’étranger, d’où la nécessité de déployer davantage d’efforts pour recruter des étudiants d’autres pays. « Les cégeps sont rendus à déployer des efforts de rétention et à devenir agressifs par rapport au recrutement. Plusieurs jeunes Français qui étudient ici se font dire par leurs parents que s’ils ont la chance de faire carrière au Québec, ils doivent saisir l’occasion », a-t-il mentionné.

André Gobeil, directeur général du Cégep de Chicoutimi

Financement
La question du financement a été abordée et, de ce côté, les directions de cégeps se disent prêtes pour une révision du modèle de répartition basé sur le volume d’étudiants inscrits et une partie fixe associée aux volumes d’activités.

Josée Ouellet, directrice générale du Collège d’Alma

Les cégépiens des années 2000 n’ont pas les mêmes comportements que ceux des débuts, affirme M. Lapointe. « Ce sont des jeunes qui sont consommateurs, qui choisissent la qualité de vie. Les cheminements réguliers sont devenus hors-normes », explique-t-il. La multiplication du nombre d’étudiants à temps partiel et qui ne veulent pas suivre de cours le vendredi, par exemple, complexifie l’organisation du financement et des tâches de travail.

Bernard Tremblay, PDG de la Fédération des cégeps du Québec