Les résidants du rang Saint-Joseph affirment devoir composer chaque année avec des crevasses imposantes le long de la chaussée.

D'autres chemins ruraux préoccupent

Le rang Saint-Damien où le député de Jonquière Sylvain Gaudreault a fait une chute mardi n'est pas le seul chemin rural dont l'état est préoccupant. Des citoyens dénoncent l'état du rang Saint-Joseph à Chicoutimi depuis plusieurs mois. Craignant le pire, certains vont jusqu'à effectuer eux-mêmes des travaux afin de protéger les usagers de la route.
Bosses, trous, roches sur l'asphalte, absence d'accotement, la liste des problèmes énumérés par les résidants du rang Saint-Joseph est longue.
L'un d'entre eux interpelle la ville sur le sujet depuis 2011.
«Il n'y a plus d'accotement ou presque. La roche se ramasse partout dans la rue. Dans le coin, tout le monde se plaint. C'est dangereux», affirme Omer Blackburn.
Il y a quelques jours, un citoyen a posé une affiche interpellant la municipalité sur l'état de la chaussée, à proximité d'une bosse qui traverse le rang sur la largeur. Une bosse semblable à celle qui a causé la chute du député de Jonquière.
«Quelqu'un en a eu assez. La personne a posé une affiche qui dénonce la situation», soutient M. Blackburn qui s'est rendu sur place après avoir été mis au fait du geste par un voisin.
Mercredi, des travaux ont été effectués afin d'enlever le gravier. «Ç'a été fait comme par hasard après les événements. Mais c'est fait de façon temporaire. Jusqu'au prochain gel ou dégel», estime-t-il.
Le résidant assure que l'exaspération est généralisée dans le secteur.
«Chaque année c'est la même chose. Lorsqu'ils font des réparations, c'est temporaire. Avec le gel et le dégel, les tuyaux qui passent sous la route forment des bosses et des crevasses. La ville remplit avec de la roche, mais ça revient toujours.»
M. Blackburn a même vu des voisins utiliser leur machinerie pour pallier la situation.
Saguenay
Omer Blackburn a demandé aux autorités municipales d'intervenir à plusieurs reprises.
Dans une lettre datée du 11 septembre dernier signée par Michel Fortin, conseiller Service aux citoyens de l'époque, on lui répond que la situation préoccupe Saguenay.
«La ville de Saguenay a déposé récemment auprès du ministre des Transports et des Affaires municipales, M. Sylvain Gaudreault, une analyse de l'état des 200 kilomètres de routes rurales sur son territoire, dont votre secteur en fait partie. (...) Vous comprendrez que les élus sont préoccupés par l'état actuel des rangs. Ces derniers sont en attente d'une réponse positive de la part du ministre afin de débuter les travaux dans un avenir rapproché.»
L'automne dernier, Saguenay a déposé une demande au MTQ afin que soient investis 25 M$ sur cinq ans dans les chemins ruraux, financés à parts égales entre Québec et la ville.
Sylvain Gaudreault, alors ministre des Transports, avait alors signifié que son ministère ne disposait que d'une enveloppe de 80 M$ pour l'ensemble de la province pour aider à la restauration des chemins ruraux municipaux. «Pendant 10 ans, le ministère doit verser annuellement 1,3 M$ à Saguenay pour le quai Agésilas-Lepage. Il reste 5,3 M$ à verser. Si Jean Tremblay veut renégocier l'entente au profit de la voirie locale, je suis ouvert à discuter», avait-il affirmé.
En janvier dernier, Saguenay a renouvelé par résolution la demande faite au ministre des Affaires municipales.
Il a été impossible de savoir quel est l'état de la situation actuellement ainsi que de connaître les intentions de la ville dans le dossier. Pour ce qui est du contenu de l'analyse déposée au ministère, la demande du Quotidien a été transférée au service de l'accès à l'information.