Dany Fortin-Tremblay s'emporte en cour

Consommation de drogues, troubles mentaux, accusations au criminel, peines d'incarcération et chicanes de famille: la vie de Dany Fortin-Tremblay n'a rien d'enviable depuis ses 12 ans.
Vendredi, l'homme de 27 ans a demandé à la juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec, de l'aider à emprunter une voie meilleure. Mais le colosse, accusé de voie de fait et de possession de drogues, n'a pas réussi à convaincre la première magistrate de l'envoyer en thérapie et il demeurera détenu jusqu'à la fin de procédures. Une décision qui l'a rendu hors de lui.
La juge Sonia Rouleau a refusé la demande de thérapie formulée par la défense, affirmant que Dany Fortin-Tremblay représentait «un danger réel pour la sécurité du public et des victimes». Aussitôt, l'individu au lourd passé est devenu turbulent. «Pour une fois que je voulais m'aider», a-t-il lancé, avant d'être sorti brusquement du box de l'accusé par les agents.
Les dernières frasques de Dany Fortin-Tremblay remontent au 22 décembre. Ce jour-là, il se rend au domicile de son ancienne conjointe et la menace avec un couteau lorsque celle-ci revient du travail. Lorsque les policiers arrivent sur place, il s'enfuit, laissant derrière lui un sac à dos plein de drogues. Il est arrêté dans la foulée des événements.
L'accusé a été interrogé par son avocat, Me Sylvain Morissette, et par la procureure de la Couronne Frédérique Lindsay, vendredi. Angoissé et parlant d'un débit rapide, Dany Fortin-Tremblay a fait preuve de transparence.
«Je me chicane avec tout le monde. Il n'y a pas grand-chose qui n'est pas un problème de ma vie. C'est juste de la merde, toujours le même ''pattern'' depuis que j'ai 12 ans. Je ne m'entends avec personne», a témoigné Dany Fortin-Tremblay, qui dit avoir plusieurs troubles mentaux, dont un trouble de la personnalité.
«Il est temps que je me donne dans quelque chose de positif. Je suis prêt à essayer au moins. Je suis au bout du rouleau. Ce sont des choses longues à accepter. Il est temps que je change la recette, parce que la mienne n'est pas bonne. Je veux des outils», a avancé l'accusé pour tenter de convaincre la juge Sonia Rouleau de l'envoyer en thérapie. La première magistrate n'a pas été convaincue.
«Je comprends bien la décision de la juge Rouleau. Honnêtement, c'était un ''long shot''. Quand même, on lui proposait quelque chose d'intéressant, puisqu'il n'avait jamais offert de thérapie avant et qu'il me semblait très sincère», a commenté son avocat Me Sylvain Morissette.
Introduction par effraction, voie de fait, vol, drogue, menace, séquestration, harcèlement, conduite dangereuse, entrave et bris d'engagement: autant d'accusations figurent dans les antécédents de l'accusé.
Dany Fortin-Tremblay sera de retour devant un juge le 24 janvier pour orientation.