Daniel Perron réclame plus de sécurité sur les routes forestières

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Un entrepreneur forestier du Lac-Saint-Jean interpelle une fois de plus les représentants du gouvernement caquiste quant à la sécurité des chemins forestiers. Daniel Perron pointe du doigt l’entretien d’une portion de près de 250 kilomètres du chemin des Passes-Dangereuses situé au nord du Lac-Saint-Jean. Un projet-pilote ainsi que la collaboration financière de plusieurs intervenants pourraient permettre d’en arriver à une solution à temps pour la saison estivale 2021.

Les députés caquistes Éric Girard, Nancy Guillemette et François Tremblay se sont rendus, mercredi, dans le secteur de Chutes-des-Passes en compagnie de la députée de Chicoutimi et ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest, afin de constater de visu l’état des routes de ce secteur forestier. Les élus ont répondu à l’appel de Daniel Perron, alors qu’ils ont échangé avec lui le temps d’un dîner au Pavillon des Passes-Dangereuses.

La députée de Chicoutimi et ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest, les députés Éric Girard, Nancy Guillemette et François Tremblay se sont rendus, mercredi, dans le secteur de Chutes-des-Passes, à l’invitation de Daniel Perron (centre de la photo) afin de constater les problèmes de poussières sur la route.

À l’heure actuelle, des travaux d’épandage de chlorure de calcium sont réalisés deux et parfois trois fois par année. Les opérations visant à calmer la formation de nuages de poussière s’étendent du début de la route forestière jusqu’au kilomètre 132, soit à la hauteur du Pavillon des Passes-Dangereuses. Selon les informations fournies au Quotidien, chaque opération d’épandage coûterait plus de 300 000$. Une somme qui est actuellement assumée par un comité composé d’entreprises forestières et de Rio Tinto.

Le propriétaire de Foresterie DLM, qui possède également le Pavillon des Passes-Dangereuses, réclame que davantage de kilomètres soient traités afin d’augmenter la visibilité et la sécurité de ces chemins de gravier. Il espère que des opérations d’épandage soient menées sur une autre portion de 100 kilomètres et sur un autre tronçon de 150 kilomètres.

Le propriétaire de Foresterie DLM, Daniel Perron, aimerait que l’équivalent de 250 kilomètres de chemins forestiers soient traités afin de limiter les problèmes de poussière.

« Quelle est la valeur d’une vie d’un travailleur forestier? », questionne celui qui a déjà interpellé le député de Lac-Saint-Jean Éric Girard à ce sujet. Daniel Perron se demande également pourquoi les travailleurs forestiers doivent oeuvrer dans de telles conditions, et ce, depuis autant d’années.

Le forestier mentionne que des accidents ont lieu chaque semaine en raison notamment du faible niveau de visibilité. Il s’est d’ailleurs entretenu, au cours des dernières semaines, avec un remorqueur qui avait réalisé 10 interventions dans le secteur en l’espace d’une semaine. « Ce sont des accidents à basse vitesse, 30, 35, 40 kilomètres à l’heure parce qu’on ne voit rien en arrière des camions. On est content qu’il n’y ait pas de décès, mais on a beaucoup d’accidentés, de blessés. Plus ça va, plus on dirait qu’il y en a. Il y a plus en plus de monde sur la route, dont les villégiateurs qui augmentent. La plupart du temps, lors d’un accident, le camionneur et le conducteur du camion se parlent au radio, lorsque le camion dit de passer, souvent le conducteur est trop proche et rentre dans le camion », témoigne celui qui s’estime heureux de ne pas avoir été jusqu’à présent confronté à un accident mortel.

Le propriétaire de Foresterie DLM, Daniel Perron, qui possède également le Pavillon des Passes-Dangereuses, réclame que davantage de kilomètres soient traités afin d’augmenter la visibilité et la sécurité de ces chemins de gravier. Il espère que des opérations d’épandage de calcium soit menées sur une portion de 100 kilomètres et sur un autre tronçon de 150 kilomètres.

Un employé racontait que la présence d’équipes de la SOPFEU et d’hélicoptères dans ce secteur a permis d’évacuer rapidement, au cours des dernières semaines, un homme gravement blessé à la suite d’une collision avec un camion.

Les statistiques entourant les accidents et les blessures qu’ils causent dans ce secteur forestier se font plutôt rares. La tôle froissée, les membres cassés et les bonnes frousses meublent la vie de ces travailleurs forestiers. « À part un gros accident ou un mort, ils ne se plaignent pas. Ils ne diront pas un mot. Ils vivent dans ça tout le temps. C’est enraciné. Ça fait partie de leur quotidien », ajoute le député de Lac-Saint-Jean, Éric Girard.

Daniel Perron, qui emploie plusieurs dizaines de personnes au plus fort de la saison, pense quotidiennement aux risques de la route. « On vit toujours avec ce stress. À toutes les fois que quelqu’un part sur le chantier, on est inquiet », confit-il.

Le propriétaire de Foresterie DLM est d’avis que le travail qui s’amorcera, au cours des prochaines semaines, dans la zone ravagée par l’incendie récréatif représente une opportunité pour régler le problème de poussière une fois pour toutes. « Avec ce qui s’en vient en raison des feux, il faudra que les budgets augmentent. C’est le temps d’aller chercher les fonds. Il y aura du travail pour 7-8 ans », affirme celui qui fut maire de Labrecque pendant plusieurs années.

À l’heure actuelle, des travaux d’épandage de chlorure de calcium sont réalisés deux et parfois trois fois par année du début de la route forestière jusqu’au kilomètre 132, soit à la hauteur du Pavillon des Passes-Dangereuses. Chaque opération d’épandage coûterait plus de 300 000$.

Motivée à trouver une solution à cet enjeu de sécurité, la ministre responsable de la région Andrée Laforest a questionné l’entrepreneur quant aux actions des gouvernements précédents. Selon Daniel Perron, les élus n’auraient jamais, par le passé, approché le dossier.

Plusieurs pistes de solutions ont été avancées lors de la rencontre de mercredi. Une contribution de tout un chacun, allant des villégiateurs au gouvernement, en passant par les entreprises forestières pourrait permettre d’en arriver à une solution l’an prochain. Les élus Éric Girard, Nancy Guillemette et François Tremblay ont participé à la réflexion concernant ce territoire forestier qui s’étend dans leur circonscription.

Les prochaines semaines permettront de fignoler le dossier ainsi que la demande d’aide financière rattachée.