Selon Liz S. Gagné, le conseil des commissaires de la Commission scolaires des Rives-du-Saguenay est en droit de congédier Chantale Cyr.

Cyr en voie d'être congédiée

Le conseil des commissaires de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay entend résilier le contrat de la directrice générale Chantale Cyr.

C’est ce qui a été résolu, mardi soir, lors d’une séance régulière du conseil des commissaires.

La résolution adoptée fait référence à des insatisfactions exprimées par les membres du conseil et par les membres du personnel. Il est aussi fait mention d’écarts de gestion et d’inconduites.

Douze commissaires ont voté en faveur de la résolution. Un seul a voté contre, tandis qu’un autre commissaire s’est abstenu.

« Ça fait déjà quelques mois que c’est très difficile à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay. Après une analyse en profondeur de la situation, on est venus à la conclusion que le mandat de Mme Cyr devrait être terminé et de passer à autre chose », a expliqué la présidente de la CS, Liz S. Gagné, lorsque rencontrée par Le Quotidien à son bureau.

En octobre, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec (MEESQ) avait commandé une enquête portant sur la gouvernance de l’organisme.

Informée mardi

La présidente a informé la directrice générale le soir même. « Je lui ai écrit hier soir (mardi) pour l’aviser que l’intention était là de mettre fin à son contrat. On a dix jours pour lui envoyer les raisons exactes pour son congédiement. Ensuite, c’est une négociation entre les avocats et ses représentants », a-t-elle expliqué. Chantale Cyr peut également venir s’expliquer elle-même devant le conseil, qui peut même revenir sur sa décision. Selon Liz S. Gagné, le fait que Mme Cyr est présentement en congé maladie n’a pas d’impact. Elle a aussi souligné que le conseil est dans son droit et que la directrice générale est la seule employée engagée directement par son instance.

Selon la convention collective du personnel hors cadre des commissions scolaires québécoises, le salaire de Mme Cyr se situerait dans une fourchette allant de 112 418 $ à 149 888 $.

Rappelons que Chantale Cyr a récemment déposé une plainte pour harcèlement à la Commission des normes du travail contre Mme Gagné. Il aurait été alors question d’un coup de coude asséné en public lors d’une rencontre. Quant à la relation houleuse entre les deux dames, Mme Gagné a révélé qu’elle a même songé à quitter son poste en juin. « J’ai failli partir quand j’ai constaté l’état où nous étions et quand j’ai vu que je n’avais pas l’appui de la DG. J’en ai fait part à quelques personnes, mais j’ai décidé de rester », a-t-elle révélé.

Les frais

La décision du conseil a été prise la journée même où Le Quotidien révélait plusieurs remboursements faits à Mme Cyr, notamment 5900 $ pour son déménagement, de même que plusieurs factures avec de l’alcool, une pratique pourtant clairement non permise, a assuré de nouveau Mme Gagné. La DG a également réclamé 819,42 $ pour l’achat de matériaux, de même que 338,28 $ pour une nuitée à l’Auberge des Battures de La Baie avant l’arrivée de ses meubles.

« On aurait dû être plus vigilants. Qu’on paie le transport des meubles, ça va. Mais pas le reste, soit la peinture, les pinceaux, le Hertel. La population n’a pas à payer ça », a-t-elle déploré, ajoutant qu’elle n’était pas la présidente lors de ces remboursements.

Pavillon Au Millénaire: manque de planification

Même si elle assure l’avenir du pavillon Au Millénaire à La Baie, la présidente de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Liz S. Gagné, prétend que le projet n’aurait jamais dû aller de l’avant sans planification budgétaire, comme ça s’est produit.

« On s’aperçoit aujourd’hui qu’il n’y a pas eu de planification, pas eu de projet présenté au conseil formellement dans sa forme habituelle. C’est-à-dire qu’il doit y avoir un échéancier, il doit y avoir le coût du projet. Il faut aussi présenter le projet au Ministère. Ça n’a pas été présenté, pour avoir une subvention. Là on a décidé de vivre ce projet-là avec nos propres enveloppes. Mais on ne pensait pas que ça allait coûter 1,3 M$. C’est pris dans l’enveloppe globale de la commission scolaire. Ça va nous resserrer financièrement. Si ça avait été fait dans les normes, comme on fait d’habitude, on aurait pu avoir des subventions », a indiqué celle qui a été élue en mai dernier. Elle avait occupé ce poste pendant de nombreuses années avant de se retirer. Elle avait été remplacée par Antonin Simard, qui a démissionné en cours de mandat, obligeant la tenue d’une élection.

Rappelons que lors de la présentation du projet d’école primaire trilingue anglais-français-espagnol en février dernier, la directrice générale Chantale Cyr avait refusé de donner un budget, lorsqu’interrogée par Le Quotidien, se limitant à dire que tout était financé à l’interne. Elle en avait eu l’idée en décembre.

« J’ai assez d’expérience pour savoir que dès le moment où on fait un projet sans planification, on devient vulnérable. Des imprévus, il y en a. La directrice générale aurait dû savoir qu’on ne s’envoie pas comme ça. Imaginez ce que ça demande à nos gens, à notre directeur des ressources matérielles et à son personnel. C’est notre personnel qui a fait ça. Sans planification, tu ne sais pas où tu vas, avec des délais très courts. Ça n’avait pas de bon sens. Ça met tout le monde sur le stress », a-t-elle enchaîné.

Le transport à revoir

Si elle dénonce la façon dont le projet a été lancé, Liz S. Gagné ne démord pas sur la qualité de l’école trilingue. « On ne peut pas remettre en cause le projet, c’est un excellent projet », a-t-elle assuré à de nombreuses reprises au cours de l’entrevue. Toutefois, elle s’engage à revoir la politique du transport pour tous les projets particuliers, comme Au Millénaire, les programmes sports-études ou le programme Montessori. « On veut que ce soit équitable pour tout le monde », a-t-elle lancé.

Pour le moment, tout élève intéressé et pigé pour en faire partie amène des frais de 2000 $ pour ses parents s’il bénéficie du transport scolaire. Le problème vient du fait que c’est 2000 $ que l’enfant habite tout près ou à L’Anse-Saint-Jean.