Hélène Aubin a remarqué rapidement que le climat avait changé, pas pour le mieux, au retour de Liz Gagné à la présidence de la CSRS.

CS des Rives-du-Saguenay: l'intégrité de l'ex-DG Chantale Cyr « détruite »

« Tout ce qui a été dit et écrit dans les médias à propos de Chantale Cyr, ce n’est rien de moins qu’une destruction totale de son intégrité. De fausses informations ont été véhiculées et il n’y a jamais eu de rétractations de la part de la commission scolaire. Ce fut de l’acharnement. »

Ancienne coordonnatrice aux communications de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS), Hélène Aubin a été entendue, mardi, devant le juge Guy Roy, du Tribunal administratif du travail du Québec, en lien avec six plaintes de harcèlement psychologique déposées par Mme Cyr et survenues après l’arrivée de la présidente Liz Gagné.

Hélène Aubin, qui est actuellement responsable des communications au Cégep FX Garneau de Québec, a raconté que le climat s’était particulièrement détérioré après le retour de Liz Gagné.

« Mme Gagné a décidé de devenir la seule porte-parole de la commission scolaire. On m’a dit de m’en détacher. Je n’intervenais plus. Il m’arrivait de m’apercevoir que des choses devaient être corrigées dans les médias, mais rien ne se faisait. Mme Gagné faisait à sa tête. Je voulais l’aider, mais elle ne voulait rien savoir », se remémore Mme Aubin.

« Moi-même, je suis partie en congé de maladie en novembre 2017. Je n’étais plus capable. C’était devenu irrespectueux. Ça n’allait pas bien. On se sentait épiés. Il était très difficile de travailler dans ce climat suspicieux », a ajouté Mme Aubin.

Celle qui a œuvré aux communications de la CSRS durant 12 ans, dont huit sous la présidence de Liz Gagné, précise que les choses allaient pourtant bien avec Mme Gagné jusqu’à son départ en 2014.

Mais à son retour en 2017, Mme Aubin a rapidement noté que les choses avaient changé. Plusieurs personnes lui ont dit que Liz Gagné était de retour pour avoir la peau de la directrice générale.

Le point culminant est survenu en octobre 2017 lorsque des changements importants sont survenus dans la délégation des pouvoirs.

« Ce soir-là, personne ne s’est vraiment rendu compte des impacts, étant donné qu’il n’y avait que les numéros d’inscrits. Mais le lendemain, lorsque nous avons analysé la situation, nous nous sommes rendu compte que la directrice générale n’avait plus de pouvoir et que la commission scolaire était paralysée, étant donné que les directions ne pouvaient plus prendre de décisions ou à peu près. »

« Chantale était anéantie et désemparée. Elle avait les pieds et les poings liés. Elle me disait que son rêve était mort, que son rêve s’arrêtait et avec tout ce qui se disait dans les médias, que ça n’allait plus. Elle était en détresse et me parlait de suicide, que son plan était fait », raconte Hélène Aubin.

Il va sans dire que la détresse de la directrice générale l’a touchée, d’autant plus qu’un autre directeur général de la CSRS s’était enlevé la vie précédemment.

« Ça me touchait. J’étais fragile à ce moment. J’ai parlé à France Gagné (vice-présidente) de la situation de Mme Cyr et je lui ai dit d’en glisser un mot à la présidente. France m’a répondu que Liz Gagné se foutait complètement de Chantale Cyr », a poursuivi l’ancienne responsable des communications.

Travail

Questionnée sur les conséquences pour l’ancienne directrice générale de la CSRS, Hélène Aubin trouve que la situation et la campagne menée contre Chantale Cyr ne sont pas correctes.

« Je trouve injuste tout ce qui a été véhiculé contre Mme Cyr. Elle a tout fait pour travailler de concert avec Liz Gagné. Elle a fait des efforts et a même cru y être parvenue. Ce n’était qu’une illusion. Comment va-t-elle pouvoir se trouver un autre emploi maintenant ? Il suffit de taper son nom sur Google pour voir tout ce qui a été écrit et dit contre elle ! »

« J’ai appris que Mme Cyr avait envoyé son curriculum vitae dans une commission scolaire de la région de Québec. Les gens ont été impressionnés. Ils ont communiqué avec la CRSR et on leur a simplement dit de ne pas toucher à ça », a ajouté Mme Aubin.

Celle-ci ne croit pas, contrairement aux motifs de congédiement, que l’ex-directrice générale a divisé pour mieux régner et démoraliser les troupes.