Dans son jugement, le tribunal ordonne la réintégration de Chantale Cyr à son poste de directrice générale dans les huit jours suivant la décision.

CS des Rives-du-Saguenay : Chantale Cyr va reprendre son poste

Le Tribunal administratif du travail ordonne la réintégration de Chantale Cyr dans son poste de directrice générale de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, et ce, au plus tard le 19 mars. Son avocat, Me Éric Le Bel, assure que sa cliente reprendra sa place dans les délais demandés.

 Très attendue, la décision de 25 pages du juge Guy Roy a été rendue mercredi matin. Elle fait suite au jugement du 30 septembre dernier dans lequel le tribunal reconnaissait que Mme Cyr avait été congédiée illégalement et victime de harcèlement psychologique. Mme Cyr demandait à être réintégrée dans ses fonctions, alors que la Commission scolaire jugeait son retour au travail « impossible ».

La situation a cependant bien changé depuis. Avec le projet de loi sur la réforme de la gouvernance scolaire, les postes des commissaires et de la présidente, Liz S. Gagné, ont été abolis au début du mois de février.

« Étant donné que les principaux responsables de ce qui est arrivé à la Plaignante, que la présidente et les commissaires ont été “éliminés” par la modification de la structure touchant les commissions scolaires, le Tribunal ne voit pas d’empêchement à sa réintégration », indique le jugement.

Le tribunal ordonne la réintégration de Chantale Cyr à son poste de directrice générale dans les huit jours suivant la décision, et ce, même si « l’Employeur a fait ressortir que plusieurs témoins ne veulent plus travailler avec la Plaignante et songent même à démissionner si elle revient au travail. Le Tribunal est donc conscient que cette réintégration pourrait se faire avec certains heurts dans ce contexte ». 

 Le cas échéant, la Commission scolaire devra « trouver à ses frais des ressources externes pour favoriser le soutien psychologique, notamment de Chantale Cyr, afin de permettre sa réintégration de manière harmonieuse, dans un climat de travail serein », peut-on lire dans le jugement.

Indemnités

La cliente de Me Le Bel recevra 50 000 $ à titre de dommages pour atteinte à sa réputation et un montant de 172 613,43 $ pour les déboursés et les honoraires d’avocats à laquelle elle a droit. « Toutes des sommes provenant des fonds publics et qui s’ajoutent aux frais d’avocats de la Commission scolaire de plus de 600 000 $ », précise Me Le Bel.

En octobre, selon un document obtenu par Radio-Canada en vertu de la Loi d’accès à l’information, on apprenait qu’elle réclamait plus d’un million de dollars.

La plaignante recevra également la différence entre les prestations de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qu’elle a reçues et son salaire, ses avantages et ses bénéfices contenus dans son contrat de travail. Le montant est rétroactif du 14 mars 2018 au 21 juin 2019. À partir du 22 juin 2019, ils seront payés selon le contrat signé avec la nouvelle directrice générale, Johanne Allard. Selon Me Le Bel, le salaire de cette dernière était plus élevé que celui de Mme Cyr, ce qui sera « plus équitable ». La Commission scolaire devra aussi lui verser le salaire et les avantages qu’elle a perdus lors de son retour progressif.

« Vraiment contents »

L’avocat de Chantale Cyr, Me Éric Le Bel, se dit très heureux de la décision. Selon lui, le point le plus important dans la décision était la réintégration de sa cliente dans son poste de directrice générale. 

« Oui, elle va y aller et elle va le faire avant la date du 19 mars. Ma cliente n’est pas du tout revancharde et elle n’a pas le goût de régler des comptes. Elle veut reprendre sa place et poursuivre le travail qu’elle avait commencé », a-t-il déclaré au Quotidien.

Ce dernier assure que Mme Cyr n’appréhende pas l’accueil qui lui sera réservé par ses collègues.

En plus de réintégrer son poste, Chantale Cyr recevra 50 000$ à titre de dommages pour atteinte à sa réputation et un montant de 172 613,43$ pour les déboursés et les honoraires d’avocats à laquelle elle a droit.

La Commission scolaire ne commente pas

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay a confirmé, dans un communiqué de presse émis mercredi midi, avoir pris acte du jugement final. Elle ne commente pas la décision et n’accorde aucune entrevue.

« Dans le souci de préserver la tranquillité des élèves et du personnel, la collaboration des journalistes est demandée afin de ne pas se présenter aux abords des établissements scolaires », a ajouté la commission scolaire dans son communiqué.

De son côté, la présidente du Syndicat de l’enseignement du Saguenay, Aline Beaudoin, n’avait pas eu le temps de lire le jugement, lorsqu’interrogée par Le Quotidien. 

« Mais comme ce n’est pas une enseignante, ça ne nous concerne pas tellement », a-t-elle affirmé.