Organisatrice du forum dédié aux médias et territoires, Isabel Brochu animait un panel avec les grands médias réunissant le président-directeur général (PDG) de Groupes Capitales Médias, Claude Gagnon, le directeur national des services régionaux de Radio-Canada, Jean-François Rioux et l’agente de coordination régionale, production régionale Côte-Nord pour Télé-Québec, Virginie Lamontagne.

Crise des médias: l’information devra un jour être payée

Même si elle semble gratuite sous certains angles de diffusion, l’information offerte à la population ne l’est pas, s’entendent pour dire les trois participants du Panel avec les grands médias : quelle est leur vision ? Leur rôle ? Leurs réalités ?, organisé dans le cadre du Forum médias et territoires : rôle des médias locaux et régionaux, qui se tenait vendredi, à Chicoutimi. La gratuité de l’information devra cesser dans un avenir rapproché afin de tendre vers des modèles américains et européens.

Le président-directeur général (PDG) de Groupes Capitales Médias, Claude Gagnon, le directeur national des services régionaux de Radio-Canada, Jean-François Rioux et l’agente de coordination régionale, production régionale Côte-Nord pour Télé-Québec, Virginie Lamontagne, ont répondu à l’invitation faite par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT) -UQAC à l’ensemble des médias.

« Le problème sera réglé lorsqu’on pourra inverser la courbe de revenus publicitaires et d’abonnements », soutient Claude Gagnon. La solution à cette crise médiatique passe notamment, selon lui, par un paiement pour la diffusion d’information par Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA), par un paiement provenant du public ou une aide gouvernementale.

Questionné quant à l’aide financière accordée par le gouvernement fédéral aux médias, M. Gagnon concède certains bons points. Toutefois, il émet un bémol quant au délai d’application. « C’est aujourd’hui que nous avons besoin de l’argent, pas dans cinq ans. La transformation sera complétée », souligne-t-il.

Le directeur national des services régionaux de Radio-Canada, Jean-François Rioux confirme l’existence de cette crise qui cohabite avec une transformation majeure de l’industrie. « Il faut penser autrement, cela ne vient pas seul. Ça prend du temps, des ajustements. Ça prend parfois des emplois que l’on ne connaît même pas », confie-t-il. Concerné par la difficulté de recrutement de journalistes et autres professionnels, il souligne les changements qui s’opèrent au coeur des ressources humaines, alors que des postes novateurs sont créés pour faire face aux changements.

Afin de bien illustrer la vitesse de transformation de l’industrie, M. Rioux rappelait qu’au début des années 2000, Radio-Canada avait lancé un service de manchettes sur cellulaire. L’offre d’information contenant un maximum de neuf mots était transmise à 150 abonnées. Il s’agissait, à l’époque, d’un vif succès.

« La puissance des médias est énorme. La diversité est fondamentale. Pour qu’il y ait de la diversité et de la pluralité, il faut qu’il y ait de l’argent, un financement et une économie solide qui l’entoure. Si on ne fait pas attention, la vraie crise, après, elle sera démocratique », soutient le directeur national des services régionaux de Radio-Canada.

Oeuvrant au coeur d’un média 100 % numérique, l’agente de coordination régionale, production régionale Côte-Nord pour Télé-Québec, Virginie Lamontagne met en lumière les différences de son média versus les médias de masse. « Le numérique nous permet d’avoir cette flexibilité dans nos formats, de pouvoir toujours réfléchir qu’elle est la meilleure façon de raconter ce qu’on a à raconter. [...] En étant sur le Web, cela nous permet d’avoir des formats peut-être différents de ce qu’un média de masse aurait pu nous permettre de diffuser », explique-t-elle. Le service Internet haute vitesse représente un grand défi pour Mme Lamontagne, alors que certains habitants de sa région n’ont pas accès à une connexion suffisante. Le média 100 % numérique qu’est La Fabrique culturelle n’arrive pas, dans la région de la Côte-Nord, à rejoindre tout le monde.