L’homme d’affaires lavallois Claude Dépatie (à droite) a prêté son avion Beechcraft Baron lors d’un rassemblement pour souligner les 50 ans du CQFA, en septembre dernier. L’appareil a été utilisé pour la formation des pilotes du CQFA sur bimoteur jusqu’en 2000.

CQFA: traverser la moitié du globe pour souffler 50 bougies

Le Centre québécois de formation en aéronautique (CQFA) du Cégep de Chicoutimi souligne cette année ses 50 ans d’existence. Pour l’occasion, environ 500 anciens de l’école de pilotage ont convergé vers Saint-Honoré il y a deux semaines et certains d’entre eux n’ont pas hésité à franchir la moitié du globe pour revoir leurs anciens camarades de classe.

« On a une gang de Cathay Pacific en Indonésie qui a volé la moitié de la Terre pour venir faire le party ici. On a eu des gens qui volent pour Emirates Airlines, pour Japan Airlines, du monde de partout qui sont venus ici pour renouer avec leurs confrères du CQFA », raconte le directeur de l’école, Steeve Noreau.

C’est que depuis son ouverture en 1968, le CQFA a formé pas moins de 1600 pilotes qui sillonnent les cieux partout dans le monde. Les 26 et 27 septembre, entre 400 et 500 anciens ont ainsi participé à des retrouvailles durant lesquelles ils ont notamment pu renouer avec un appareil Beechcraft Baron utilisé pour former les pilotes sur des bimoteurs avant l’acquisition des Piper Navajo en l’an 2000.

« Un des Baron avait été acheté par [Claude] Dépatie, qui habite à Laval. On a communiqué avec lui pour savoir s’il était intéressé à nous le prêter pour que nos anciens puissent le voir et embarquer dedans. Les gens qui ont appris à voler avec cet appareil ont pu s’asseoir à bord et prendre des photos. Les gens ont vraiment aimé ça et avaient les larmes aux yeux », détaille Steeve Noreau.

Les apprentis du CQFA finissants comme pilotes de ligne sont aujourd’hui formés sur des appareils Piper Navajo.

Les célébrations des 50 ans du CQFA se poursuivront au cours des prochains mois pour aboutir avec un dernier rassemblement prévu au début de l’été 2019.

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LES DISCUSSIONS VONT À BON RYHTME

L’un des projets qui tient le plus à cœur au directeur du CQFA Steeve Noreau en cette 50e année d’existence émane d’un différend avec le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue qui s’est rapidement transformé, en début d’année, en collaboration fructueuse au sujet de l’implantation d’une attestation d’études collégiales (AEC) en Techniques de pilotage qui pourrait être offerte aux Autochtones dès l’automne 2019.

Des discussions entre les deux établissements ont eu lieu pas plus tard que la semaine dernière au sujet de la demande logée auprès du ministère de l’Éducation afin d’obtenir un financement de 106 000 $ pour mettre en place le programme l’année prochaine.

Les deux partenaires souhaitent offrir une formation pour combler le manque de pilotes d’origine autochtone pour desservir le nord du Québec et ils sondent actuellement le terrain pour voir si l’intérêt est suffisant pour lancer le programme en 2019. Afin d’assurer la viabilité du programme, Steeve Noreau confirme qu’une dizaine de candidats par cohorte seront nécessaires pour que l’AEC se concrétise.

« Une formation en pilotage, c’est assez dispendieux. À une ou deux personnes par année, ce n’est pas suffisant. On veut démarrer à dix personnes pour être capables de graduer à six ou huit par exemple. On est en train de mettre en place tout ce qu’il faut pour que ça réussisse. Avec l’Abitibi, on va baser les plages horaires sur les besoins et les demandes spécifiques que les Autochtones peuvent avoir et j’ai vraiment foi en ce projet-là parce qu’on met de bonnes bases en place pour que ça fonctionne », assure M. Noreau, qui qualifie le projet de « beau projet de rayonnement et de développement » pour le CQFA.

Du négatif en positif

Rappelons que le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue avait formulé une demande pour offrir une Technique en pilotage en février dernier, ce qui avait fait sourciller la direction du Cégep de Chicoutimi, qui chapeaute le CQFA et qui détient l’exclusivité du programme Technique en pilotage d’aéronefs.

« Une menace peut devenir une opportunité. C’est bien beau s’opposer, mais après on fait quoi ? Eux y croient d’une façon et nous on y croit de l’autre. Là, on joint nos visions en une seule vision commune et on transforme du négatif en positif », ajoute Steeve Noreau, convaincu qu’il peut ainsi non seulement conserver les acquis du CQFA, mais aussi « l’amener plus loin. »