Jean-François Cliche et sa famille
Jean-François Cliche et sa famille

Zoom sur notre escouade scientifique

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
La crise de la COVID-19 a contribué à la prolifération d’informations de toutes sortes, au point de semer la confusion dans le public. L’information crédible et vérifiée demeure un rempart contre les fake news. Depuis le début de la pandémie, les six journaux de la Coopérative nationale d’information indépendante ont donné le mandat à trois chroniqueurs scientifiques de départager le bon grain de l’ivraie pour le compte de ses lecteurs. Petit entretien avec les membres de ce trio pour en savoir davantage sur les défis de leur travail. Propos recueillis par Normand Provencher
  • Jean-François Cliche

Le Soleil

Chroniqueur scientifique au Soleil depuis 2006, Jean-François Cliche reçoit quotidiennement une trentaine de questions reliées à la COVID-19. «Je m’attendais à en avoir pas mal, mais pas à ce point-là. Il faut dire que le monde a plus de temps libre que d’habitude.» Chaque question lui demande plusieurs lectures et recherches «pour valider les informations et être aussi concret que possible» dans ses réponses. «Les gens ont besoin d’informations crédibles. Il y a tant de choses qui circulent. Les questions commencent souvent par “j’ai lu quelque part” ou “j’ai entendu dire”», preuve indéniable selon lui que le public a du mal à s’y retrouver parmi l’avalanche d’informations, parfois douteuses, qui circulent. Le diplômé en histoire et en sociologie, grand amateur de statistiques, croit que les gens ont plus que jamais besoin d’informations crédibles. Dans sa boîte de courriels, parfois des échanges assez saugrenus, comme ceux avec ce lecteur persuadé qu’il avait contracté la COVID-19 en septembre, plusieurs mois avant l’éclosion du virus en Chine...

Valérie Borde
  • Valérie Borde 

Centre Déclic

Départager le vrai du faux en période de crise sanitaire n’est pas une sinécure, affirme Valérie Borde, du Centre Déclic. «C’est tellement complexe. Le public n’a pas toujours toutes les bases pour comprendre. C’est d’autant plus difficile que la science est dure à suivre, avec toutes ces études qui sortent les unes après les autres, certaines partielles, d’autres plus ou moins vérifiées. On est dans une sorte de précipitation où la science côtoie l’opinion.» La diplômée en chimie, qui roule sa bosse en journalisme scientifique depuis 25 ans, estime que la crédibilité des informations est plus cruciale que jamais en ces temps de pandémie. «Ce n’est pas facile de tout démêler. J’essaie de garder mon sang-froid, d’être très pédagogique en profitant de chaque question pour passer quelques notions de base. C’est beaucoup de travail. Je me sens une grande responsabilité de ne pas écrire de conneries. Il faut faire ça vraiment comme il faut.»

Annie Labrecque
  • Annie Labrecque

Québec Science

Détentrice d’un baccalauréat en microbiologie et d’un certificat en journalisme, Annie Labrecque donne dans la vulgarisation scientifique depuis 13 ans. En compagnie de Marine Corniou et de Renaud Manuguerra-Gagné, elle répond aux questions des lecteurs sous la gouverne de Québec Science. La pandémie l’oblige à replonger à l’occasion dans ses bouquins de classe pour vérifier certaines informations. «C’est pas toujours évident. Il y a une mer d’informations sur la COVID-19. Plus ça avance, mieux on connaît le virus. Les informations sorties il y a un mois se révèlent parfois plus ou moins vraies. On navigue un peu dans le brouillard.» La prolifération des informations douteuses sur les réseaux sociaux — comme l’utilisation… d’urine de vache comme supposé moyen de protection contre le virus — contribue à semer la confusion dans le public. «Je peux comprendre, les gens ont besoin de croire en quelque chose, d’où l’importance de sources d’informations fiables.»