Le président de Biotechnologies Ulysse, Yves Hurtubise.
Le président de Biotechnologies Ulysse, Yves Hurtubise.

Vaccin pour la COVID-19: une entreprise trifluvienne visée par de l’espionnage?

Trois-Rivières — La recherche d’un vaccin contre la COVID-19 entraîne une course effrénée aux quatre coins de la planète et il semble que les entreprises qui recherchent ce vaccin soient visées par de l’espionnage industriel. Tout indique que Biotechnologies Ulysse de Trois-Rivières, qui mène des recherches pour développer un vaccin administré par voie orale, serait dans la mire de pirates informatiques étrangers.

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) du Canada a en effet confirmé au président de cette entreprise, Yves Hurtubise, une augmentation des consultations des sites Internet d’entreprises canadiennes comme Biotechnologies Ulysse qui ont été effectuées via des ordinateurs situés en Chine, en Russie et en Iran.

«Ça ciblait des compagnies qui travaillent sur la COVID-19. Et au Canada, on n’est pas une tonne», mentionne Yves Hurtubise.

«On m’a dit que ça ne voulait pas dire qu’on avait été touché, mais on est vraiment dans la zone cible de ces trois pays tout particulièrement.»

Par ailleurs, le président de Biotechnologies Ulysse a reçu plusieurs appels sur son téléphone cellulaire provenant des États-Unis et qui étaient plutôt inhabituels. «J’ai fait des recherches sur les numéros et je n’avais jamais d’informations», précise M. Hurtubise.

«J’ai eu des cas où les numéros de téléphone étaient associés à du hacking. Et j’ai eu des appels de la Chine aussi.»

Même si à l’origine Yves Hurtubise ne croyait pas en la possibilité d’être la cible d’espions industriels, il admet maintenant que tout ça «est possible».

Biotechnologies Ulysse utilise des outils de sécurité informatique qui permettraient de limiter grandement le risque de piratage à partir de l’étranger. Malgré tout, la direction de l’entreprise s’est assurée de maintenir un bon niveau de sécurité avec des outils à jour.

«Ça nous interpelle, c’est sur et certain. C’est tellement facile aujourd’hui. Et ça vient en général de ces trois pays», affirme le président de l’entreprise de biotechnologies de Trois-Rivières.

«Ce sont les pays les plus actifs. Si on regarde Huawaï par exemple, ce sont des copies conformes des iPhone. S’ils font ça en informatique et en génie, c’est sûr et certain qu’ils ne se gêneront pas pour le faire dans le domaine de la santé.»

La sécurité informatique est actuellement une préoccupation constante chez Biotechnologies Ulysse. Le sujet est d’ailleurs souvent abordé par la direction.

Ces informations du SCRS surviennent alors que Biotechnologies Ulysse poursuit ses recherches pour trouver un vaccin contre la COVID-19 administré par voie orale. Les travaux avancent à un bon rythme, confirme le président de l’entreprise. Si bien que des essais précliniques pourraient commencer dans quelques semaines. D’abord des tests seraient réalisés sur des souris, avant de les poursuivre sur des porcs, un animal biologiquement très près de l’humain.

«On espère arriver à commencer les essais précliniques d’ici trois à six semaines, ce qui est très bien pour nous. Nous pensons les finir pour la fin de l’été. Si ces essais fonctionnent bien, on va pouvoir ensuite aller aux essais cliniques», affirme Yves Hurtubise.

«Mais il faut rester très humble. Il y a un risque que ça plante. On fait du mieux qu’on peut, mais l’échec est toujours possible. Nous sommes par contre très optimistes.»