Si les fonctionnaires espèrent voyager durant leurs vacances, ils devront prévoir deux semaines de confinement non rémunérées à leur retour.
Si les fonctionnaires espèrent voyager durant leurs vacances, ils devront prévoir deux semaines de confinement non rémunérées à leur retour.

Vacances des fonctionnaires du Québec: deux semaines de confinement au retour?

Le Québec reprenant vie, le gouvernement a rouvert le calendrier des vacances de ses centaines de milliers d’employés. Ils ont une semaine pour demander leurs principaux congés de l’année à venir. Attention toutefois, il y a une grosse nouveauté pandémique: s’ils espèrent visiter le Maine cet été, ou rêvent de s’étendre sur une plage cubaine l’hiver prochain, plusieurs devront prévoir 2 semaines de confinement non rémunérées à leur retour.

Le Soleil a reçu copie de deux communications étatiques à ce sujet. Dans une des missives, une direction ministérielle des ressources humaines cite le Conseil du trésor:

«Au moment d’exercer leur choix de vacances, il devra être rappelé aux employés: 

• Qu’ils sont responsables de vérifier si leurs plans de vacances commanderont une période d’isolement à leur retour et qu’ils présentent leurs demandes de vacances en fonction de cette exigence le cas échéant; 

• Qu’aucun traitement [salaire] ne sera maintenu à l’employé qui devra observer une période d’isolement s’il ne peut fournir sa prestation de travail en télétravail et s’il n’a pas demandé et obtenu un congé conformément à ses conditions de travail pour couvrir la période d’isolement requise.»

Dans l’autre document que nous avons consulté, on confirme : «Aucun traitement ne sera maintenu à l’employé qui ne peut faire du télétravail et qui doit observer une période d’isolement à son retour de vacances.»

À l’employé de planifier

Le gouvernement invite donc les fonctionnaires à y penser tout de suite, même s’il est impossible de prophétiser quels seront les impératifs de santé publique au moment de la prise des vacances. «S’il est prévu que l’employé ne pourra exercer sa prestation de travail en télétravail au cours de cette période d’isolement, l’employé a la responsabilité d’assortir sa demande de vacances d’une autre demande de congé prévu à ses conditions de travail de façon à couvrir la période correspondant à cette période d’isolement.» 

Ainsi, le personnel de l’État requis de se présenter sur son lieu de travail pour exercer ses tâches rémunérées devra obtenir trois semaines de congé pour passer une semaine «dans le sud» en février, par exemple. (En tenant pour acquis que le tourisme international aura repris son envol, bien sûr.)

Imaginez le casse-tête si le gouvernement impose aussi le confinement aux estivants qui visiteront la région de Montréal, où l’épidémie de la COVID-19 s’enlise… Par chance, on n’y est pas encore!

Aussi, les fonctionnaires devront être à l’affût des mouvantes instructions des autorités sanitaires. «Comme les consignes de santé publique peuvent évoluer, l’employé sera responsable de vérifier au moment de son départ en vacances, si de nouvelles consignes d’isolement ont été émises. Le cas échéant, il sera de sa responsabilité de s’y conformer et d’en informer l’employeur.»

Les travailleurs gouvernementaux ont donc une semaine pour décider si cela vaut le coup, ou le coût. «Les employés doivent effectuer leur choix de vacances au plus tard le 20 mai prochain pour l’année qui se termine au 31 mars 2021.»

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SI ESSENTIEL

Sur le Web, le gouvernement québécois rappelle que la quarantaine est toujours imposée aux voyageurs : «Les personnes qui reviennent d’un séjour à l’extérieur du pays, y compris les croisiéristes, ont l’obligation de s’isoler pour une période de 14 jours. […] Cet isolement vise autant les voyageurs malades ou qui ressentent des symptômes que ceux qui n’en ont pas et qui sont en parfaite santé.»

Le gouvernement canadien suggère quant à lui toujours de restreindre les déplacements de longue distance. «Afin de limiter la propagation de la maladie à coronavirus (COVID-19), le gouvernement du Canada vous recommande d’éviter tout voyage non essentiel à l’extérieur du pays jusqu’à nouvel ordre.»