Dans le passé, les parents de l’école La Pléiade, dans l’arrondissement Beauport, auraient pris le temps d’accompagner leurs enfants jusque dans leurs classes et de faire connaissance avec le professeur. Pas possible en cette année marquée par la pandémie.
Dans le passé, les parents de l’école La Pléiade, dans l’arrondissement Beauport, auraient pris le temps d’accompagner leurs enfants jusque dans leurs classes et de faire connaissance avec le professeur. Pas possible en cette année marquée par la pandémie.

Une rentrée rassurante en mode COVID à Beauport [PHOTOS]

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
À une autre époque, les parents de l’école La Pléiade, dans l’arrondissement Beauport, auraient pris le temps d’accompagner leurs enfants jusque dans leurs classes et de faire connaissance avec le professeur. Mais jeudi matin, à l’heure d’une rentrée en mode COVID, la normalité n’existait plus, un peu comme partout ailleurs. C’est de loin, derrière une clôture, qu’ils ont longuement observé leurs bambins traverser la cour de récréation et entrer dans un édifice mis aux normes des incontournables exigences sanitaires.

«Allô ma belle. Donne-moi tes mains. As-tu ton numéro de groupe?» demande une enseignante à un gamin avant de lui vaporiser un gel désinfectant dans les paumes. Comme la plupart de ses collègues, la femme a revêtu masque et visière.

Un peu plus loin, l’éducatrice spécialisée Justine Lemieux exécute le même manège. «Les enfants sont contents de revenir. Avec l’été qu’on a eu, ils sont habitués aux nouvelles mesures, ils les connaissent.»

«Ils font ce qu’ils peuvent. C’est sûr que c’est un autre mode de vie», témoigne une dame venue accompagner ses deux petits-enfants de 8 ans et 6 ans et demi au service de garde. «Je ne suis pas inquiète. Il ne faut pas paniquer. De toute façon, on ne peut pas rien faire.»

Plus loin, Salima Touileb abonde dans le même sens. Elle se dit heureuse de voir son fils de 3e année retourner sur les bancs d’école après une trop longue absence à son goût. Les mesures sanitaires rigoureuses la rassurent. «Je ne l’ai pas envoyé en mai, parce que j’ai une maladie auto-immune. J’avais peur, alors il est resté à la maison avec sa sœur. Pendant six mois, à ne rien faire, ce n’est pas bon pour lui. Heureusement que c’est un garçon qui n’a pas de difficultés à l’école.»

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Les enfants sont accueillis à l’école La Pléiade, dans l’arrondissement Beauport, jeudi matin.

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Longue file d’attente

Sur la rue, la file de parents et d’enfants s’étire sur une centaine de mètres. L’école accueille quand même 365 écoliers. Dans le lot, beaucoup d’immigrants. Des pères et des mères, seuls, avec trois ou quatre gamins. Des couples avec leur petit de maternelle, avec un bébé dans les bras, parfois le chien de la maison. Des enseignants vont au-devant d’eux pour leur indiquer la marche à suivre, histoire de gagner du temps.

«Les parents comprennent bien. C’est la COVID, que voulez-vous? On ne veut pas que les enfants soient malades. On ne veut pas fermer l’école», explique la directrice Louise Martin-Lévesque au sujet de cette rentrée atypique qui n’a rien à voir avec celle, plus minimaliste, du mois de mai, alors que chaque classe comptait une quinzaine d’élèves, plutôt que 24.

«Normalement, les parents sont dans la cour avec les enfants. On n’a pas eu à gérer de longues files comme ce matin», mentionne l’éducatrice spécialisée Myriam Guillemette. «On a essayé de faire une rentrée sur la coche», ajoute l’accompagnatrice Marie-Hélène Noël.

Bien qu’il soit recommandé, le couvre-visage n’est pas obligatoire pour les élèves de moins de 10 ans. Qu’importe, quelques parents avaient demandé à leurs enfants qui n’avaient pas à le faire de le porter. D’autres, plus sceptiques, ne voudraient surtout pas que la Santé publique en vienne à l’imposer à tous les élèves, peu importe leur âge.

«Si ça arrive, je ne veux rien savoir. Mes enfants vont rester à la maison. Et je vais retourner en Australie, où je suis née», lance Anita Mainguy, mère de jumelles de 6 ans et d’un garçon de 8 ans.

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Le personnel de l’école La Pléiade s'efforçait de rendre la rentrée joyeuse, malgré les circonstances.

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Nid à bactéries

Simon Pelland, venu accompagner sa fillette Alexya, qui commence sa 4e année, ne voit pas l’utilité du port du couvre-visage. S’il le porte dans les endroits publics, c’est davantage par obligation. «Le lavage des mains, je suis pour à 100%, mais les masques c’est quasi inutile. Ça donne un faux sentiment de sécurité. Les mailles du masque sont 20 à 40 fois plus grosses que le virus.»

Les virus et autres germes, il dit les connaître à fond pour avoir étudié en biotechnologies et en biologie moléculaire. «J’ai beaucoup plus peur de la grippe que du coronavirus. Après 15 minutes, le masque devient un vrai nid à bactéries. Ça risque de rendre les gens plus malades que de les aider. Si j’étais (Horacio) Arruda, je ne l’aurais pas rendu obligatoire.»

«Je ne dis pas qu’il ne faut rien faire, mais il y a une différence entre virer sur le top et faire attention.»

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Sur la rue, la file de parents et d’enfants s’étire sur une centaine de mètres.