Une deuxième religieuse de Chicoutimi rend l'âme, la supérieure des Antoniennes atteinte de la COVID-19

«On compte maintenant deux décès à notre infirmerie [de la congrégation des soeurs Antoniennes-de-Marie de Chicoutimi] des suites de la COVID-19. Sœur Bertha Laforest est décédée le 10 avril et, mercredi, une deuxième soeur est décédée. C'est sœur Yvette Rivard.»

Ce texte est signé par le journaliste François Gloutnay, de l'agence de presse Présence information religieuse.

C'est de sa chambre, elle-même en confinement obligatoire parce qu'elle vient d'être testée positive à la COVID-19, que la supérieure générale des Sœurs Antoniennes de Marie confirme cette nouvelle.

«J'ai été testée avant-hier et j'ai reçu le résultat hier. C'est positif», dit avec calme la religieuse Ginette Laurendeau. «Je suis depuis confinée dans ma chambre. Pour le moment, je vais bien. Je fais mes exercices en vous parlant.»

La supérieure générale rappelle que c'est le 31 mars, à 19 h précisément, qu'elle a reçu cet appel des autorités de la Santé publique régionale. «On m'annonce qu'une employée de notre infirmerie venait d'être testée positive à la COVID-19.»

La congrégation, fondée à Chicoutimi il y a 115 ans, a alors créé une cellule de crise afin de prendre toutes les décisions concernant le bien-être des 45 religieuses (sur 48) qui résident à sa maison mère de Chicoutimi. C'est là aussi que se trouve l'infirmerie de la communauté, rue Jacques-Cartier Est.

«Le confinement obligatoire pour les 23 religieuses de l'infirmerie a aussitôt été décrété. Avec les deux décès, elles sont maintenant 21. Les cinq religieuses qui cotoyaient celles à l'infirmerie ont aussi été mises en confinement préventif obligatoire. Quand aux 20 sœurs qui demeuraient dans la zone verte et qui étaient toujours actives et au travail, elles sont maintenant en confinement préventif obligatoire, dans leur chambre», explique la supérieure générale.

Les défis affrontés

«Le plus gros défi auquel on a dû faire face, durant les premiers jours, c'est celui des employés. La Santé publique a d'abord retiré, en prévention, une importante partie de notre personnel. On a obtenu à l'arraché du personnel d'agences, mais certains partaient avant la fin des contrats. On a vécu des moments très difficiles», dit sœur Laurendeau, en baissant la voix. Elle lance aussitôt: «Mais en l'espace de 24 heures, nous étions de nouveau opérationnelles.»

Depuis, deux travailleuses sociales accompagnent la congrégation religieuse. Des membres du personnel, en retrait préventif au début, sont maintenant revenus à l'infirmerie. «Mais on sent la peur», confie la supérieure générale.

Une préoccupation majeure de la communauté, durant «cette aventure» - ce sont les mots qu'utilise sœur Laurendeau - «aura été de garder nos sœurs à la maison».

«Après tout, notre structure fonctionne. On a notre infirmerie. Et on a un engagement envers nos sœurs», dit-elle.

«Je pense beaucoup en ce moment aux résidences de personnes âgées qui n'ont, parfois, qu'une infirmière auxiliaire durant la nuit. Quand une telle situation survient et qu'on n'a pas de structure, imaginez ce qui peut arriver.»

Lorsqu'il a appris le décès d'une première religieuse à l'infirmerie des Sœurs Antoniennes de Marie, le religieux Alain Ambeault, le directeur général de la Conférence religieuse canadienne (CRC), a discuté avec sœur Laurendeau afin de lui exprimer sa solidarité ainsi que celle de tous les membres de la CRC durant cette épreuve. «C’est avec tristesse que j'apprends ce second décès. Notre prière accompagne les sœurs antoniennes ainsi que les nombreuses personnes et les familles affectées par ce virus au pays», a-t-il déclaré.


Les funérailles des religieuses Bertha Laforest et Yvette Rivard auront lieu ultérieurement à la maison mère des Sœurs Antoniennes de Marie.