La directrice de la Direction de la protection de la jeunesse au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Caroline Gaudreault.
La directrice de la Direction de la protection de la jeunesse au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Caroline Gaudreault.

Une baisse de 40% des signalements à la DPJ régionale

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) du Saguenay-Lac-Saint-Jean lance un appel à la vigilance alors que les signalements ont chuté de 40 %, depuis le début du confinement, et surtout depuis la fermeture des écoles et des garderies, afin d’éviter que des enfants passent dans les mailles du filet et se retrouvent en situation de négligence.

La commande est de taille pour le personnel de la DPJ qui compte habituellement sur le milieu scolaire pour attirer l’attention sur les enfants victimes de maltraitance ou de négligence. La directrice Caroline Gaudreault n’a pas caché son inquiétude et a surtout demandé à la population de ne pas hésiter à téléphoner si jamais les gens étaient conscients de situations problématiques dans leur milieu.

Les chiffres sont tout de même impressionnants. La DPJ reçoit habituellement 150 signalements sur une base hebdomadaire. Ce sont donc près de 60 signalements de moins que les professionnels ne peuvent traiter en ce moment et il est impossible qu’il n’y ait soudainement plus de problème.

Au contraire, précise la directrice régionale, la situation actuelle risque de créer des situations difficiles dans les familles. Il y a les problèmes économiques découlant des pertes d’emploi en plus de la nouvelle réalité de confinement.

Selon les termes de la directrice, ce contexte de pandémie fragilise encore plus l’équilibre déjà précaire de certains milieux. Le niveau de stress a augmenté dans les milieux familiaux et la situation ne devrait pas s’atténuer à très court terme.

Un rôle à jouer pour la communauté

Caroline Gaudreault a réitéré le fait que les écoles et les services de garde faisaient habituellement partie du filet de sécurité pour les enfants et étaient un partenaire de premier plan pour les professionnels chargés de les protéger. En leur absence, plaide la directrice régionale, il appartient à la communauté à jouer ce rôle.

« Les enfants, ce sont des personnes vulnérables. Les plus âgés sont en mesure de nous parler, mais les plus jeunes n’ont pas cette faculté. Il faut être à l’écoute. »

La situation actuelle est visiblement inquiétante pour la DPJ. L’organisme a vu dans le passé des jeunes en difficulté glisser entre les mailles du filet. Actuellement, la porte est grande ouverte à des situations de cette nature et c’est pour cette raison que la directrice régionale demande à la population régionale de redoubler de vigilance et de ne pas hésiter à informer les autorités quand c’est nécessaire.

Matériel de protection

Depuis le début de la pandémie, les travailleurs sociaux et autres intervenants associés à la DPJ réclament du matériel de protection pour réaliser leurs interventions. Jeudi, la directrice régionale a confirmé que les équipements de protection (masques et autres) étaient très limités. Par contre, elle a rappelé que les professionnels qui interviennent dans un milieu et constatent que des personnes ont des symptômes n’ont aucunement l’obligation de mettre leur santé et leur sécurité en jeu.

La DPJ favorise les interventions téléphoniques quand la situation le permet. Il s’agit toutefois d’un service essentiel et les intervenants se rendront dans les milieux de vie quand ils le jugeront opportun afin de protéger les enfants.