Le directeur de la Santé publique régionale, Dr Donald Aubin, a confirmé que des mesures étaient prises dans tous les cas de contamination au sein des services de santé.
Le directeur de la Santé publique régionale, Dr Donald Aubin, a confirmé que des mesures étaient prises dans tous les cas de contamination au sein des services de santé.

Un médecin infecté à la COVID-19 soulève des craintes du personnel de l’hôpital de Chicoutimi

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La rumeur d’un cas de coronavirus chez un médecin des services de gynécologie et de néonatalité de l’hôpital de Chicoutimi s’est répandue comme une traînée de poudre et a soulevé des craintes au sein du personnel soignant, mais une enquête épidémiologique est présentement en cours afin de déterminer l’état de la circulation du virus dans cette partie de l’établissement.

En point de presse quotidien, le directeur de la Santé publique régionale, le Dr Donald Aubin, a confirmé que des mesures étaient prises dans tous les cas de contamination au sein des services de santé. Il a ajouté qu’à partir du moment où il y avait une circulation communautaire, il y avait une possibilité que du personnel de la santé travaille en compagnie de collègues porteurs du virus.

Dans le présent cas, le personnel s’inquiétait du fait qu’un médecin ait été contaminé. Il a évidemment été côtoyé par du personnel infirmier avant de connaître son état de santé. Pour des raisons encore difficiles à expliquer en situation de pandémie, le CIUSSS exerce un contrôle très serré sur l’identification des sites de contamination. Cette politique, comme en témoignent les courriels que nous recevons, amplifie les mouvements de panique pendant que le trio qui gère la pandémie au Québec, dirigé par François Legault, agit à l’inverse avec une très grande transparence.

Le service des communications du CIUSSS a confirmé au Quotidien après le point de presse que tous les services offerts en gynécologie et en néonatalité sont maintenus dans un environnement sécuritaire. La rapidité avec laquelle la présence de coronavirus dans les services de santé a été connue témoigne bien du niveau de stress qui prévaut en ce moment au sein du personnel, le seul site du CIUSSS habilité à offrir des soins à des personnes atteintes étant le CHSLD de la Colline.

Plus de 100 cas

La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean a ainsi dépassé le plateau des 100 cas, au cours des dernières heures. Le directeur de la Santé publique attire l’attention sur l’importante concentration de cas dans les trois foyers d’éclosion. Il y a donc 47 cas confirmés sur 3 sites et 56 cas répartis un peu partout dans la région à l’exception du territoire de la MRC Maria-Chapdelaine, avec une concentration à Chicoutimi.

Le CHSLD de la Colline compte 15 cas avec trois de plus qu’hier, la congrégation religieuse est passée à 15 cas, avec deux de plus, et la Villa Saint-Alexis est stable à 17. À cet endroit, la Santé publique a également détecté la présence d’un autre virus bien connu dont les symptômes sont les mêmes que le coronavirus.

Il ne sera pas possible d’obtenir de courbe spécifique pour la région à très court terme. Le directeur de la Santé publique estime toutefois que la situation est toujours sous contrôle. Les équipes ont jusqu’à maintenant réalisé un peu plus de 1949 tests, dont une journée pratiquement record de 170 tests mardi.

Alors que la région semble jusqu’à maintenant relativement épargnée par la pandémie, le Dr Aubin invite encore une fois la population à la prudence et met l’accent sur la nécessité de conserver la discipline avec l’application des mesures de confinement et de distanciation sociale. Il considère qu’il faut éviter de croire que nous sommes en sécurité en raison du nombre de cas.

D’autre part, le Saguenay-Lac-Saint-Jean pourra compter sur 44 lits de soins intensifs munis de respirateurs à l’hôpital de Chicoutimi, avec en plus 243 lits d’hospitalisation pour accueillir les personnes susceptibles de développer la forme sévère de la maladie. Le Québec a déployé la phase 3 de son plan de pandémie et l’hôpital de Chicoutimi est ainsi devenu un centre désigné du traitement de la COVID-19. Malgré 103 cas confirmés de coronavirus, a région ne compte toujours pas d’hospitalisation. Selon le médecin, les personnes confirmées se portent en général assez bien.

« Un centre désigné signifie que nous pourrions accueillir des patients des autres régions », a expliqué Donald Aubin, au même titre que les gens de la région auraient pu être transférés dans un hôpital de Québec pour recevoir des soins.

Des lecteurs ont soulevé une question sur le fait que la population régionale ne serait pas assez exposée au virus et pourrait donc être fragilisée advenant une nouvelle vague de coronavirus dans quelques mois. Donald Aubin a réitéré l’importance de limiter la propagation du virus pour éviter de surcharger le système de santé. Il a rappelé l’exemple de pays qui avaient choisi la stratégie de laisser pénétrer le virus et qui ont finalement opté pour des mesures de confinement pour freiner la propagation.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise le confinement en raison de la nouveauté de ce virus. Selon l’OMS, il n’y a aucune preuve qu’une exposition au virus permet de développer des anticorps qui assureront une immunité pendant longtemps à ce coronavirus.

D’autre part, la direction de la Santé publique de la région ne préconise toujours pas la fermeture des liens routiers entre le Saguenay et le Lac-Saint-Jean. Rien en ce moment ne justifie une telle mesure et le directeur rappelle que le confinement d’une zone de la région signifie que les personnes dans cette zone ne peuvent également pas sortir.