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Les pharmaciens doivent composer avec un «tsunami» d’appels téléphoniques pour le déplacement des deuxièmes doses.  
Les pharmaciens doivent composer avec un «tsunami» d’appels téléphoniques pour le déplacement des deuxièmes doses.  

«Tsunami» d'appels et confusion dans les pharmacies pour le devancement de la deuxième dose

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
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Les pharmaciens doivent gérer un «tsunami» d’appels téléphoniques de leurs clients depuis l’imbroglio sur la disponibilité des vaccins Moderna en début de semaine.  

«Il y a eu toute une confusion pour les gens vaccinés en pharmacie qui pensaient qu’on n’avait plus de doses de Moderna au Québec et qu’on ne pourrait pas les vacciner pour la deuxième dose», rapporte Benoit Morin, président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP). 

Depuis lundi, les personnes de 80 ans et plus sont autorisées à devancer leur rendez-vous pour la deuxième dose d’un vaccin contre la COVID-19. En raison de l’arrivage des vaccins, seules celles vaccinées avec Pfizer peuvent actuellement devancer leur rendez-vous. 

«On attend les vaccins pour ceux qui ont reçu Moderna ou AZ. Les intervalles seront aussi réduits pour ces personnes», avait alors indiqué sur Twitter le ministre de la Santé, Christian Dubé, sans préciser quand exactement ces vaccins seraient disponibles. Mardi, il se disait confiant que les rendez-vous pourraient être devancés dès la semaine prochaine.

En attendant, les pharmaciens doivent composer avec un «tsunami» d’appels téléphoniques pour le déplacement des deuxièmes doses.  

«Le ministère a parlé des grands centres de vaccination, mais il n’a pas parlé des pharmacies. Le devancement des deuxièmes doses va pouvoir se faire en pharmacie aussi», explique M. Morin.  

«Pas prévisible» 

La dynamique est toutefois bien «différente» des sites de vaccination massive, où le vaccin Pfizer est offert un peu partout. En pharmacie, les quantités du vaccin sont limitées.  

Seulement dans quelques succursales, des doses «résiduelles» restent à être écoulées, fait savoir Benoit Morin, alors que des plages horaires ont été ouvertes dans les pharmacies où des doses doivent être écoulées en 30 jours. 

«Mais comme ce n’est pas la majorité qui en ont et que les gens pensent que ce n’est pas disponible en pharmacie, ils ne vont pas voir sur le site», exprime le président de l’AQPP, confiant qu’aucune dose ne se perdra pour autant. 

La plupart des pharmaciens qui participent à l’effort de vaccination contre la COVID-19 attendent toujours des confirmations pour la réception prochaine de nouvelles doses du vaccin Moderna.  

«On n’a pas de prévisibilité sur les stocks qu’on va recevoir et quand on va pouvoir ouvrir des plages de rendez-vous, déplore-t-il. Et si on ne reçoit pas de doses, on ne peut pas ouvrir de rendez-vous». 

Ce manque de prévisibilité et la «communication difficile» entraînent une «désorganisation» du processus et les pharmaciens se retrouvent «enterrés» d’appels de clients.  

«On est content de participer à la vaccination, mais on a d’autres choses à gérer, alors ça vient mettre du sable dans l’engrenage de nos services», se désole Benoit Morin.   

«Confiance» 

L’annonce faite par Ottawa mercredi pourrait changer la donne pour les semaines à venir, alors que le fabricant Moderna compte expédier au Canada sept millions de doses de son vaccin en juin, à compter de la semaine prochaine.  

«On a la confiance de pouvoir vacciner à la hauteur de nos capacités», ajoute l’AQPP, qui estime sa capacité mensuelle de vaccination à 500 000 doses. Le nombre de doses que doit recevoir Québec n'est toujours pas connu, le ministre de la Santé Christian Dubé affirme attendre les détails du fédéral.

L'association devrait voir entrer les premières livraisons plus imposantes aux alentours du 20 juin, et de façon continue par la suite, envisage le président, qui encourage les vaccinés en pharmacie depuis au moins huit semaines et dont le groupe d’âge est autorisé à devancer les rendez-vous à visiter régulièrement la plateforme Clic Santé pour voir les nouvelles plages offertes. 

À ce jour, le réseau des pharmacies a administré au-delà de 600 000 doses au Québec.