Des travailleurs étrangers temporaires pourront venir travailler au Canada cet été.
Des travailleurs étrangers temporaires pourront venir travailler au Canada cet été.

Travailleurs étrangers temporaires: le secteur agricole régional soulagé

En annonçant que les travailleurs étrangers temporaires pourront venir travailler au Canada cet été, le gouvernement fédéral amène une bouffée d’air frais pour le secteur agricole. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les 51 entreprises, qui accueilleront 492 travailleurs, se réjouissent de cette annonce.

Contacté en début de journée, Martin Villeneuve, le président de Nutrableu, une entreprise de Normandin qui commercialise le bleuet sauvage frais dans les épiceries IGA, s’inquiétait grandement de la possibilité de voir la frontière fermée aux travailleurs étrangers temporaires (TET), car cette main-d’oeuvre représente plus de 80 % de tous ses employés.

« Depuis 20 ans, notre modèle d’affaires est basé sur les travailleurs étrangers et je ne peux pas me revirer de bord du jour au lendemain », avait souligné ce dernier.

Revirement de situation en après-midi alors que le gouvernement fédéral a annoncé que les TET pourront venir travailler au pays, après avoir fait une quarantaine de 14 jours.

« Cette nouvelle-là fait ma journée, s’est réjoui Martin Villeneuve. Les gens n’ont pas toujours conscience de l’importance de ces travailleurs-là pour nos entreprises. Ils ne sont pas seulement des cueilleurs, mais ils sont aussi des superviseurs, des chefs d’entrepôts et des produits finis qui travaillent depuis plus de 10 ans pour nous dans certains cas. » Cet été le nombre de TET passera de 66 à 76 chez Nutrableu.

La nouvelle réjouit aussi Mario Théberge, le président régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA). « C’est une bouffée d’air frais », a-t-il commenté. « La saison était en jeu et le gouvernement aurait créé une rareté en fermant la frontière à ces travailleurs. C’était important d’agir rapidement pour assurer notre sécurité alimentaire. Normalement, quand les arguments sont convaincants, les gouvernements réagissent rapidement et c’est ce qui est arrivé. On salue le travail qu’ils ont fait. »

En plus de Nutrableu, Bleuets sauvages du Québec compte aussi sur plusieurs dizaines de travailleurs étrangers, notamment pour désherber les bleuetières biologiques et cueillir les fruits au cours de l’été.

« Sans travailleurs étrangers, il y a des qualités de fruit qu’on ne peut pas cueillir », remarque Jean-Eudes Senneville, un des administrateurs de l’entreprise. Même avant l’annonce officielle du gouvernement, ce dernier était déjà optimiste, car toutes les entreprises maraîchères en Amérique du Nord ont besoin de ces travailleurs.

492 travailleurs étrangers temporaires attendus dans la région

Cet été, ce sont 492 travailleurs étrangers temporaires qui sont attendus au Saguenay-Lac-Saint-Jean et 16 000 au Québec. De ce nombre, 4000 doivent arriver en avril et autant au mois de mai.

Devant la fermeture des frontières annoncées par le gouvernement canadien plus tôt cette semaine pour lutter contre la propagation de la COVID-19, l’UPA avait commencé des représentations pour démontrer l’importance de ces travailleurs pour le secteur agricole. Selon l’UPA, le manque de main-d’œuvre aurait provoqué « un choc tarifaire presque jamais vu sur la facture d’épicerie ».

Les Serres Toundra, qui accueillent près de 80 travailleurs étrangers, travaillaient aussi de pied ferme pour trouver des solutions en début de journée. « On travaille là-dessus depuis une semaine et on est en train d’évaluer les différents scénarios », avait commenté Éric Dubé, le président des Serres Toundra.

Tout comme l’UPA, l’organisme FERME (Fondation des Entreprises en Recrutement de Main-d’œuvre agricole étrangère), qui coordonne le recrutement et l’arrivée des travailleurs étrangers au Québec, a également travaillé d’arrache-pied pour trouver une solution à ce problème.

« Plusieurs entreprises auraient été à risque sans l’arrivée de ces travailleurs, car plusieurs employeurs n’auraient pas pu survivre en perdant une saison de revenus », souligne le directeur général Fernando Borja.

Ce dernier souligne que le Mexique et le Guatemala ont été peu touchés par la COVID-19 jusqu’à maintenant, tout en ajoutant que toutes les mesures doivent être prises pour assurer la sécurité publique.