La symbiose industrielle de Brome-Missisquoi s’impose plus que jamais comme une plateforme d’échanges incontournable, affirme la conseillère en développement durable au Centre local de développement (CLD), Oriana Familiar.
La symbiose industrielle de Brome-Missisquoi s’impose plus que jamais comme une plateforme d’échanges incontournable, affirme la conseillère en développement durable au Centre local de développement (CLD), Oriana Familiar.

Symbiose industrielle en temps de pandémie

En cette période de pandémie, la Symbiose industrielle de Brome-Missisquoi (SIBM) s’impose plus que jamais comme une plateforme incontournable d’échanges, affirme la conseillère en développement durable au Centre local de développement (CLD), Oriana Familiar.

Les employés mis à pied de façon temporaire par une entreprise peuvent par exemple devenir la main-d’oeuvre d’une autre. Les équipements moins sollicités de l’un peuvent permettre à d’autres de transformer leurs lignes de production, illustre-t-elle.

Selon Mme Familiar, qui agit comme intermédiaire parmi la centaine d’entreprises qui participent à cette «cellule» locale d’échanges, les défis ne manquent pas par les temps qui courent.

Pour les néophytes, le principe de la symbiose industrielle est simple. Il permet à une entreprise aux prises avec des matières dont elle souhaite se départir de les offrir à une autre entreprise justement à la recherche de ce type de matière. Habituellement, celles-ci peuvent être des palettes de bois, des chaudières de métal, des retailles de tissus ou encore du carton.

Crise de la COVID-19 oblige, ces matières prennent actuellement d’autres formes. La drêche de certaines microbrasseries de Brome-Missisquoi est par exemple offerte à la distillerie La Chaufferie à Granby pour la confection de liquide désinfectant. Le réseau de symbiose industrielle est aussi sollicité pour la fourniture de petits contenants pour embouteiller ce liquide recherché, relève Oriana Familiar.

Des efforts sont par ailleurs déployés pour explorer le volet alimentaire, habituellement moins exploité. Des liens peuvent être réalisés, est-elle convaincue, entre le milieu communautaire, aux prises avec des demandes d’aide accrue, et les écoles, stations de ski et restaurants fermés pour l’utilisation de leurs surplus alimentaires.

Les demandes pour les équipements de protection, comme les masques, gants et lunettes, sont aussi très élevées. Des contacts sont ainsi réalisés avec certaines entreprises, dont celles du parc scientifique de Bromont, afin de voir si elles peuvent donner un coup de main.

Réflexion

La symbiose industrielle ne vise pas que le matériel, glisse la conseillère en développement durable. Elle peut aussi être profitable pour l’échange de services, d’expertise et de ressources humaines.

Alors que certains vignobles, dont celui des Trois clochers à Dunham, ont besoin de main-d’oeuvre temporaire pour procéder à la taille des vignes, Oriana Familiar dit sonder le terrain auprès d’entreprises qui ont dû se résoudre à se départir d’employés afin de réaliser un maillage.

La cellule de symbiose industrielle de Brome-Missisquoi, chapeautée par le Centre de transfert technologique en écologie industrielle et partenaire de Synergie Québec a, en quelque sorte, fait figure de précurseure en 2014, lors de son lancement. Seules deux autres régions favorisaient ce type d’économie circulaire, d’abord initié au Danemark dans les années 1970. Aujourd’hui, il existe une vingtaine de cellules au Québec et chacune est responsable de son financement.

Et les échanges d’informations et de contacts se font nombreux ces temps-ci entre les différentes cellules de symbiose qui cherchent toutes à s’entraider, souligne Oriana Familiar.

Depuis 2014, quelque 600 échanges ont été réalisés dans Brome-Missisquoi, se félicite-t-elle.

Selon la conseillère en développement durable, certaines entreprises profitent d’ailleurs du ralentissement forcé de leurs activités pour analyser leurs méthodes de production afin de voir comme elles pourraient être plus écoresponsables. «C’est très intéressant», dit-elle.