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Stable, mais près de la zone rouge

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
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La direction de la Santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean juge la situation épidémiologique de la région fragile et estime qu’un événement pourrait facilement provoquer une explosion du nombre de cas de COVID-19, comme ce fut le cas dans la Capitale-Nationale.

Le docteur Donald Aubin a tenu un premier point de presse depuis le début de la troisième vague, mercredi, pour faire le point sur la situation épidémiologique et surtout évoquer la fragilité de la situation dans la région. La courbe de la propagation de la maladie en fonction des infections quotidiennes confirmées démontre que le Saguenay-Lac-Saint-Jean est à la limite de la zone orange et pourrait, en quelques jours seulement, se retrouver en zone rouge.

« Dans l’ensemble du Québec, il y a en ce moment une baisse. La baisse est constatée aussi dans les régions où il n’y a pas eu de mesures additionnelles. Dans la région, c’est inquiétant, puisque la courbe représente pratiquement une hausse par rapport à l’ensemble du Québec », précise le médecin.

Les cas quotidiens, les cas actifs et les hospitalisations sont au beau fixe depuis maintenant un mois. Les statistiques démontrent qu’il y a encore une circulation importante du virus au sein de la population, alors que le variant britannique représente maintenant 50 % des cas. Donald Aubin précise qu’il s’attendait à une hausse plus importante avec l’arrivée des variants, il y a trois semaines, et croit que la discipline de la population a pu faire la différence.

Le directeur de la Santé publique a évoqué les risques associés à la présence dans la communauté d’un « super propagateur », qui peut transformer en trois jours le portrait épidémiologique d’une région. Pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, il ne faudrait qu’une étincelle puisque le virus est toujours bien présent.

Les enquêtes menées par la Santé publique confirment trois sources de propagation du virus. Les écoles constituent toujours le lieu de prédilection pour la transmission, suivies par les milieux de travail et, finalement, certains citoyens n’ont toujours pas compris que les rassemblements permettent au virus de se propager rapidement.

Dans le cadre des enquêtes épidémiologiques, qui sont au cœur de la lutte à la propagation de la maladie, le personnel du CIUSSS rencontre certaines difficultés. Certains vont même jusqu’à de l’incivilité à l’endroit des enquêteurs. M. Aubin rappelle qu’il ne s’agit pas de trouver des coupables, mais bien de prendre des mesures pour freiner la propagation par de l’isolement préventif.

Le médecin comprend qu’il y a une certaine fatigue au sein de la population. En même temps, il souligne que la présence des variants dans la région justifie l’importance du maintien des mesures de distanciation sociale, du port du masque et du lavage des mains. Il a fait une mise en garde au sujet des premières études qui démontrent que les personnes vaccinées ne seraient pas nécessairement des porteurs de la maladie pouvant la transmettre facilement. Il faut attendre plusieurs autres études, selon Donald Aubin, avant d’en arriver à cette conclusion.

Le directeur de la Santé publique a servi une sérieuse mise en garde à la population âgée entre 20 et 40 ans. De plus en plus de cas sont confirmés dans cette tranche d’âge alors que la vaccination n’est toujours pas commencée pour ce groupe.

Le point sur la vaccination

La campagne de vaccination a maintenant permis d’administrer 50 % des doses prévues pour le 24 juin. Les sites ont distribué pas moins de 103 000 vaccins jusqu’à maintenant, alors que le CIUSSS évalue à 200 000 personnes l’objectif régional. Les responsables de la campagne ont également débuté l’administration de la seconde dose auprès des résidents des CHSLD et devraient terminer cette première étape d’ici quelques jours.

Le directeur de la campagne de vaccination du CIUSSS, Marc Thibeault, est satisfait des résultats de la campagne, alors que 87 % des citoyens de 70 ans et plus ont été vaccinés dans la région. Cette proportion passe à un peu plus de 50 % pour le groupe de 55 à 69 ans et ce pourcentage augmentera dans les prochaines semaines. L’objectif de la Santé publique est de dépasser un taux de vaccination de 70 % de la population pour obtenir une forte immunité collective.

Le directeur a profité de ce point de presse pour lancer un appel aux femmes enceintes ainsi qu’aux autres groupes spécifiques. Des places sont disponibles en grand nombre pour les groupes spécifiques avec 15 000 vaccins et il est préférable que ces personnes s’inscrivent immédiatement, tandis que la vaccination de la population en général n’est pas encore ouverte.

Le gouvernement du Québec a de son côté adopté une nouvelle directive pour la vaccination obligatoire du personnel de la santé. Marc Thibeault a confirmé mercredi que 1000 employés additionnels du CIUSSS ont accepté de se faire vacciner pour atteindre un taux de couverture vaccinale d’un peu plus de 80 % du personnel. Il n’était toutefois pas en mesure de préciser si des employés du CIUSSS ont été retournés à la maison sans salaire pour avoir refusé le vaccin ou le dépistage à répétition.

Le taux de couverture de la région est maintenant de 36,1 % de la population. Le taux provincial est de l’ordre de 34 %. Le CIUSSS a apporté des changements à ses sites de vaccination afin de pouvoir augmenter sa capacité de vaccination en fonction des arrivages.