Mélanie Gélinas, présidente de  l’Alliance des intervenantes en milieu familial de la Mauricie.

Services de garde fermés: gare aux «garderies au noir», préviennent les intervenantes

TROIS-RIVIÈRES — C’est tout un défi d’organisation auquel doivent faire face les parents québécois pour les deux prochaines semaines, alors que les écoles et les services de garde seront fermés pour tenter de limiter la propagation de la COVID-19. Mais malgré ce casse-tête, l’Alliance des intervenantes en milieu familial de la Mauricie enjoint les parents à ne pas confier leurs enfants à des milieux de garde informels, des «garderies au noir» qui commencent à proliférer.

«C’est une question de santé publique, affirme Mélanie Gélinas, présidente de l’Alliance. Si on exclut les enfants de nos milieux, mais qu’on les regroupe dans un autre milieu, quand ils vont revenir, qu’est-ce qui nous dit qu’on va être protégé?»

Selon Mme Gélinas, il ne sert à rien de fermer les CPE et milieux de garde si les enfants se rassemblent en un autre lieu. Elle rappelle que des services de garde seront offerts aux employés qui offrent des services essentiels, notamment ceux du réseau de la santé, tel qu’annoncé vendredi par le gouvernement du Québec.

La présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial de la Mauricie ajoute qu’il n’est pas souhaitable que des enfants soient promenés d’un milieu de garde à l’autre. «Ça prend des milieux stables pour qu’ils se sentent en confiance. Si on promène les enfants avec des gens et un entourage qu’ils ne connaissent pas, ça vient jouer sur le lien d’attachement et leur santé émotive», prévient-elle.

Mme Gélinas ajoute enfin qu’en cas d’accident ou de problème important, les milieux non reconnus par le gouvernement ne sont pas assurés en conséquence.

Parmi ces services de garderie, Mme Gélinas a d’ailleurs relevé une offre émanant du club Optimiste de Pointe-du-Lac. Sur Facebook, une personne responsable de l’organisme indiquait vouloir offrir un service de répit à la base de Plein air Ville-Joie. Contactée par Le Nouvelliste, celle-ci a toutefois indiqué être en attente d’une autorisation du ministère de la Famille avant d’aller de l’avant et de donner davantage de détails sur ce projet. Elle a par ailleurs indiqué avoir été victime de menaces après avoir annoncé ses intentions sur Facebook.

Flou

Une déclaration du premier ministre François Legault a par ailleurs alimenté l’incertitude, samedi, au sujet des solutions que peuvent envisager les parents qui ne peuvent s’absenter du travail pendant deux semaines. Lorsqu’interrogé à savoir s’il est souhaitable que des adolescents, en vacances forcées par la fermeture des écoles, s’offrent pour garder des enfants, M. Legault a répondu par l’affirmative.

«J’invite tous les Québécois qui ont des ados à leur en parler. J’aime mieux voir des jeunes aller garder des enfants que des personnes de 70 ans et plus. Aidons-nous, on a besoin de donner un grand coup pour passer au travers de tout ça», a-t-il mentionné lors d’un point de presse sur l’état de la situation de la COVID-19, samedi.

Or, le premier ministre n’a pas été assez clair en ce qui concerne les personnes qui offrent de garder plusieurs enfants à la fois, en un même lieu. La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) a d’ailleurs préféré attendre d’obtenir des précisions de la part du ministère de la Famille avant de commenter la question des garderies improvisées.

En raison de la crise qu’entraîne la pandémie, la FIPEQ a d’ailleurs annoncé la suspension de ses moyens de pression, y compris la grève générale qui devait débuter le 1er avril.