Plus de 1000 mises à pied temporaires chez Résolu à cause de la pandémie

MONTRÉAL — La pandémie de COVID-19 a entraîné plus de 1000 mises à pied temporaires — principalement au Québec — chez Produits forestiers Résolu et certains congés forcés risquent de se prolonger si la demande peine à reprendre dans certaines divisions en raison des turbulences économiques. En plus du siège social, situé à Montréal, le couperet est essentiellement tombé dans les secteurs des produits du bois ainsi que du papier journal et spécialisé, a expliqué jeudi le président et chef de la direction de la compagnie, Yves Laflamme, au cours d'une entrevue téléphonique en marge du dévoilement des résultats du premier trimestre.

«La grande question, c'est de savoir combien vont pouvoir revenir, s'est-il demandé. On ne peut pas faire fonctionner les usines à papier à moitié. Nous avons fermé une machine à papier à Amos il y a deux semaines. On a prolongé [la fermeture] d'un mois.»

Les 131 travailleurs de l'usine située sur la rue Main à Gatineau ne sont pas touchés par ces nouvelles compressions, affirme l'entreprise. 

«L'usine de Gatineau est épargnée pour le moment. On continue de surveiller la situation et les marchés. On verra de quelle façon ils vont se comporter», affirme le directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales chez Produits forestiers Résolu, Karl Blackburn. 

Présente dans les secteurs du bois d'œuvre, de la pâte commerciale, du papier d'impression et du papier tissu — papier hygiénique ainsi que des essuie-tout — Résolu compte quelque 7500 employés au Canada et aux États-Unis. La grande majorité des travailleurs se trouvent au Québec.

Au cours de la période de trois mois terminée le 31 mars, l'entreprise a affiché une perte nette de 1 million $US, ou 1 ¢US par action, alors qu'elle avait engrangé un profit net de 42 millions $US, ou 45 ¢US par action, il y a un an. Ses revenus ont décliné de 13 %, à 689 millions $US.

Les résultats ont été positifs dans les secteurs des produits forestiers, du papier tissu et des papiers pour usages spéciaux, mais les divisions du papier journal et de la pâte commerciale ont affiché des pertes d'exploitation.

À moyen terme, M. Laflamme s'attend à ce que les prochains mois soient «difficiles pour le bois d'œuvre», puisque les mises en chantier risquent de ne pas être au rendez-vous, ainsi que pour le papier journal et d'impression, puisque la faiblesse de la demande devrait persister.

En ce qui a trait au papier journal, le prix de vente moyen de la tonne métrique avait fléchi de 36 $US alors que les volumes expédiés avaient reculé de 11 000 tonnes.

«Le papier journal, nous étions habitués à une décroissance annuelle [des volumes] de 20 %, mais là, ça s'accélère, a souligné le patron de Résolu. Avec les commerces qui étaient fermés, la demande de papier pour l'impression de circulaires a également reculé. On se demande quand tout cela reviendra, mais on pense que ça ne sera pas à court terme.»

Avec la pâte commerciale, le papier journal génère la principale partie des recettes de la compagnie, qui se penche sur l'avenir de ses sept usines dans ce secteur. En raison d'une diminution de la demande mondiale, les volumes expédiés ont fléchi de 13 %, ou 192 000 tonnes métriques, en 2019.

Le portrait est toutefois meilleur du côté du papier tissu — un secteur sur lequel mise Résolu pour se diversifier — alors que ses trois usines américaines fonctionnent à plein régime, a expliqué M. Laflamme. La forte demande pour des produits comme du papier hygiénique a permis à l'entreprise de faire affaire avec de nouveaux clients.

«Il n'y a toutefois rien de certain, a affirmé le patron de Résolu. Est-ce que la demande va [persister]? Est-ce que les gens ont acheté beaucoup [de papier hygiénique au début de la pandémie] pour en mettre dans leur sous-sol?»

Jeudi après-midi, à la Bourse de Toronto, l'action de l'entreprise cotait à 3,33 $, en hausse de 2 ¢.

Avec Daniel LeBlanc, Le Droit