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François Legault a annoncé des petits assouplissements aux mesures sanitaires pour un peu tout le monde, mardi.
François Legault a annoncé des petits assouplissements aux mesures sanitaires pour un peu tout le monde, mardi.

Petits assouplissements, en attendant la St-Jean [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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François Legault a annoncé des petits assouplissements aux mesures sanitaires pour un peu tout le monde, mardi. Question de nous faire patienter jusqu’à la mi-avril, quand tous les gens de 65 ans et plus auront été vaccinés au moins une fois. Mais surtout jusqu’au 24 juin, quand «tous les Québécois qui vont vouloir être vaccinés vont avoir reçu une première dose», a promis le premier ministre.

Tout sourire, M. Legault a fait cette déclaration pleine d’espoir, lors d’un point de presse tenu à 17h, de Québec, appuyé par son ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda.

«Ça ne veut pas dire que tout va être permis à partir de la fête nationale, mais, quand même, il devrait y avoir une plus belle fête nationale que l’année passée puis un été plus positif», a affirmé le premier ministre, qui paraissait heureux juste à le dire.

Mais pour l’instant, avec encore quelques semaines de prudence à venir, voici les nouveaux allègements pour les mesures actuelles.

Zones orange (alerte)

Lundi 22 mars: retour en classe à temps plein des élèves de troisième, quatrième et cinquième secondaires. Fin de l’alternance un jour sur deux.

Zones jaunes (préalerte)

Vendredi 26 mars: les régions de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec sont rétrogradées au palier de préalerte. Ce qui signifie la levée du couvre-feu, le droit de se rassembler à deux familles dans une maison et la réouverture des bars.

Zones rouges (alerte maximale)

Mercredi 17 mars: début du couvre-feu retardé de 20h à 21h30, comme en zones orange.

Vendredi 26 mars: réouverture des salles de spectacles, selon les mêmes conditions que les cinémas. La capacité des lieux de culte passe à 25 personnes.

«Ça s’arrête là, les changements qu’on propose», a ensuite laissé tomber M. Legault.

«Vous le voyez, on veut y aller vraiment graduellement. Je comprends qu’il y a des Québécois, après un an, qui sont tannés, moi le premier. Mais il faut rester prudent. La dernière chose qu’on veut, c’est de reculer, comme ils sont en train de le faire en Italie, puis de recommencer à confiner les citoyens.»

Nouvelles définitions des paliers

Le Dr Arruda a pour sa part tenté une explication sur les nouvelles délimitations des paliers d’alerte.

«On n’est plus dans le même jaune ni dans le même orange ni dans le même rouge qu’on était antérieurement. Je pense qu’il faut comprendre qu’actuellement, si on se fie aux affaires du printemps, on n’est pas dans la même épidémiologie. Pourquoi? Parce qu’elle est variable. Et ça, c’est une nouvelle équation, qui fait qu’on est obligés, à chaque mouvement qu’on fait d’assouplissement, d’être plus prudent, de mesurer puis de voir l’impact. Parce que si ça se met à flamber, ça monte et on ne veut pas revivre le film qu’on a vécu ce printemps. On ne veut pas rejouer dans ce mauvais film-là et on est à la fin du marathon», fait valoir le scientifique.

Si les autorités justifient entre autres l’atténuation du couvre-feu même en zones rouges par le changement d’heure, il est à noter qu’à Montréal, le soleil ne se couchera pas à 20h avant le 30 avril. À Québec, c’est cinq jours plus tard, le 5 mai.

La crainte des variants aussi reste très présente, surtout à Montréal. La moyenne des cas positifs qui sont des variants à travers le Québec avoisine 20 %. C’est même 33 % dans la Capitale-Nationale, mais l’échantillon s’avère trop petit pour tirer des conclusions précises, selon le Dr Arruda.

Les experts de la Santé publique prévoient «que d’ici la fin du mois prochain, la majorité des cas au Québec vont être des variants britanniques, donc ça veut dire des cas beaucoup plus contagieux», ajoute M. Legault, qui a reçu une séance de prévision des experts samedi.

Une «adhésion modérée» aux mesures sanitaires actuelles pourrait mener à une troisième vague de contagion, surtout dans la région métropolitaine, prévient le Dr Arruda. Le ministre Dubé évoque le retour aux 1500 hospitalisations pour la COVID-19 vécues en janvier.


«On verra» pour la fête des Mères

Avec la majorité des aînés vaccinés à la mi-avril, puis ajoutées les trois ou quatre semaines pour que l’effet d’immunisation soit complet, il devient possible de croire à davantage d’assouplissements d’ici la fête des Mères, le 9 mai.

«Je sais que notre premier ministre a de beaux désirs. Moi aussi, j’ai des beaux désirs, a souri le Dr Arruda. Mais on va être peut-être sages. On verra ce que ça veut dire. Ce ne sera sûrement pas des rassemblements de quatre, cinq résidences autour de maman. On verra, on verra, mais je n’ose pas m’avancer parce que, vraiment, là, actuellement, je suis en train de surveiller ce qui est en dessous de l’eau de façon importante, et on y va progressivement. Mais je peux vous dire une chose. On est tout aussi pressés que vous que ça arrive. Mais on doit être prudents.»

Peut-être à recommencer chaque année

Pour vacciner environ quatre millions d’adultes entre le 1er avril et le 24 juin, soit la cible de 75 % de la population, cela impliquera bientôt de piquer près de 50 000 bras par jour. Cette fin de semaine, on a eu droit à une journée record de plus de 34 000 doses administrées. 

M. Dubé n’y voit pas de problème. Surtout avec l’ajout des pharmaciens comme vaccinateurs, quelque 1000 dans le Grand Montréal dès le début d’avril et 1500 à terme à travers le Québec.

Tant que les doses sont livrées à temps, par le fédéral, elles seront administrées, assure le ministre de la Santé.

Mais rien ne dit qu’on ne devra pas refaire toute la campagne de vaccination contre la COVID-19 chaque année!

«Si on a à la faire chaque année, j’espère qu’on n’aura pas les conséquences qu’on a eues cette année», a répondu le DArruda, après que le ministre Dubé se soit défilé sur la question avant de lui passer la parole.

«Parce que moi, je vais vous dire, comme tout le monde, on n’en peut plus. Ce coronavirus-là va-t-il muter de façon excessivement importante qu’il va falloir revacciner toute la population? C’est toujours un spectre possible à la fin, mais probablement, ce qui va arriver, j’espère, c’est qu’on va avoir une immunité qui va être croisée avec d’autres coronavirus. Mais il est trop tôt encore pour vous le dire», indique-t-il.