Alors que des centaines d’établissements pour aînés au Québec comptent au moins un cas de coronavirus, des familles souhaitent accueillir chez elles leurs parents en santé plutôt que de les voir confinés dans un tout petit appartement pour des semaines.
Alors que des centaines d’établissements pour aînés au Québec comptent au moins un cas de coronavirus, des familles souhaitent accueillir chez elles leurs parents en santé plutôt que de les voir confinés dans un tout petit appartement pour des semaines.

Pas si simple de sortir ses parents âgés d’une résidence pour aînés

Vous voulez sortir vos parents âgés, mais en bonne santé, de leur résidence pour aînés afin de les mettre à l’abri à votre domicile? Ce n’est pas si simple que ça.

Les autorités étaient partagées et les signaux contradictoires en conférence de presse jeudi lors du bilan quotidien de la pandémie de COVID-19.

Alors que des centaines d’établissements pour aînés au Québec comptent au moins un cas de coronavirus, des familles souhaitent accueillir chez elles leurs parents en santé plutôt que de les voir confinés dans un tout petit appartement pour des semaines. Certains sont prêts à partir de la région métropolitaine de Montréal ou Québec pour aller les chercher au Saguenay ou au Bas-Saint-Laurent.

«Je pense qu’il faut le regarder», a affirmé la ministre de la Santé, Danielle McCann, en rappelant qu’«on a donné les orientations qu’il faut se déplacer le moins possible entre les différentes régions». Rappelons que des contrôles policiers bouclent l’accès à plusieurs régions du Québec.

Elle a aussi rappelé qu’il est «préférable» de ne pas changer de domicile.

«J’ai comme un malaise», a exprimé le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, en émettant des mises en garde. Il craint notamment que des familles asymptomatiques ne transmettent le virus à leurs parents sans le savoir. Ou encore, il redoute le transfert d’une région à risque faible vers une zone à risque élevé, comme la région de Montréal.

«C’est une analyse au cas à cas, mais c’est sûr que ce n’est pas une bonne idée d’aller rejoindre des parents qui sont dans le groupe à risque si on est dans une zone où ça chauffe, parce qu’on peut ne pas le savoir qu’on est malade.»

Le premier ministre François Legault a quant à lui exprimé une certaine ouverture, tout en ajoutant qu’il faut «prendre des précautions» et y aller au «cas par cas», selon lui.

«Je suis sensible à ça. Je peux comprendre que des Québécois souhaitent faire ça. Donc, il ne faut pas fermer la porte. (...) Je peux me mettre à la place des gens. Je comprends qu’il y en ait, là, qui veulent aller chercher leur père, leur mère, puis les amener à la maison.»