Toujours en attente du feu vert des gouvernements pour démarrer leur saison, les deux parcs aquatiques de la région de la capitale fédérale, Mont-Cascades et Calypso, s'impatientent.
Toujours en attente du feu vert des gouvernements pour démarrer leur saison, les deux parcs aquatiques de la région de la capitale fédérale, Mont-Cascades et Calypso, s'impatientent.

Parcs aquatiques: «une sorte de blocage qu'on ne comprend pas»

Toujours en attente du feu vert des gouvernements pour démarrer leur saison, les deux parcs aquatiques de la région de la capitale fédérale, Mont-Cascades et Calypso, s'impatientent. Leurs glissades d'eau sont fermées, alors que le solstice d'été frappera à nos portes cette semaine et qu'une autre canicule est sur le radar.

Pour Mont-Cascades, où on suit les directives de Québec, c'est l'incompréhension la plus totale à la suite de l'annonce de la deuxième phase du plan de relance du secteur touristique, jeudi dernier, laquelle n'incluait pas les parcs aquatiques. Une deuxième déception pour l'industrie en l'espace d'une semaine.

«Nous sommes toujours sur la corde raide, il y a une sorte de blocage qu'on ne comprend pas. On se sent un peu frustrés, il y a un manque de communication et de transparence. [...] On veut ouvrir, nous sommes prêts et on est encore en train de tout mettre en place, mais on a vraiment hâte d'avoir une date. Ce qu'on ressent dans les communications du gouvernement, c'est: on ne vous a pas oublié, mais on ne va rien vous dire. C'est stressant pour nous car ça prend énormément d'organisation, on ne peut pas se virer sur un dix cents», affirme la gestionnaire des communications et du marketing, Émilie Desgagné-Bouchard.

Au Regroupement des parcs aquatiques du Québec, dont fait entre autres partie Mont-Cascades, Village Vacances Valcartier et le Super Aqua Club, on digère mal être plongé dans le néant alors que les piscines de campings et d'hôtels ainsi que les jeux d'eau ont, de leur côté, l'autorisation d'opérer. On ajoute «qu'en l'absence d’indications claires du gouvernement», des parcs se questionnent sur la pertinence de poursuivre les préparatifs de la saison, qui s'étale en temps normal sur une période d'à peine trois mois. 

À Mont-Cascades, on précise qu'étant donné qu'il faut compter au minimum deux semaines avant une ouverture des installations une fois le feu vert donné, le temps commence à presser. 

«Ouvrir le 15 juillet n'est pas une option pour nous. Le 1er juillet, c'est pas mal la date butoir, alors il faudrait avoir une annonce très bientôt. On aimerait que quelque chose bouge. En plus, on a un grand espace, alors la distanciation sociale est bien plus facile à respecter que dans un parc ou à une plage. Tout le monde a eu sa part du gâteau et on a l'impression d'être les derniers. Même les salons de coiffure sont rouverts et on s'entend que c'est difficile de ne pas toucher les cheveux de quelqu'un. Et en général, même lorsque nous ne sommes pas en pandémie, la vocation même d'un parc aquatique, c'est justement la sécurité, alors c'est sûr qu'on ne prendra aucune chance que ça aille mal», lance la porte-parole.

Émilie Desgagné-Bouchard

«On ne sait jamais si notre nom va sortir»

De son côté, le président et chef des opérations du groupe Valcartier-Calypso, Sylvain Lauzon, s'explique mal pourquoi la Direction de la santé publique du Québec vient d'autoriser la réouverture des zoos, qui accueillent le même type de clientèle, tandis que les portes des parcs aquatiques doivent pour l'instant demeurer closes. 

«C'est compliqué. On se questionne grandement, on demande des réponses au gouvernement pour savoir quelle est la différence. Surtout qu'on encourage les gens à visiter les attractions touristiques de leur province. On a déposé un plan de mesures sanitaires le 25 mai, il est étoffé. Ce n'est pas fini, on garde espoir. On attend juste une date. C'est toujours un effet surprise, on ne sait jamais si notre nom va sortir», note l'homme d'affaires.

Ce dernier estime qu'une ouverture des parcs aquatiques de l'entreprise (Calypso en Ontario et Village Vacances Valcartier au Québec) à une date plus tardive qu'au début juillet n'est pas souhaitable «financièrement». 

«Avec à l'horizon une saison d'une soixantaine de jours, ce ne sera pas un été que je qualifierais de lucratif, mais au moins ça permettra de payer nos factures», lance-t-il. 

M. Lauzon soutient par ailleurs que les deux provinces voisines n'ont pas du tout la même approche avec l'industrie pour le déconfinement. 

«En Ontario, c'est très différent. Le gouvernement a statué en disant que son plan de déconfinement aurait lieu en quatre phases et c'était clair dès le départ que les parcs aquatiques étaient dans la phase 3. On peut être en accord ou non, mais on sait davantage à quoi s'en tenir. Les décisions sont plus décentralisées, la situation (de la COVID-19) peut différer d'une région à l'autre. Par exemple, ça diffère beaucoup entre l'Est ontarien et Toronto. J'apprécie beaucoup la transparence, j'ai eu de bonnes discussions ouvertes avec le Dr Roumeliotis, médecin hygiéniste au Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO)», ajoute-t-il.

Il affirme que le BSEO a très bien accueilli le plan sanitaire de Calypso, qui prévoit par exemple accueillir environ 30% de sa capacité maximale de visiteurs sur le site de 100 acres.