Ouverture de la région : Josée Néron va faire part des inquiétudes

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
Les conseillers de Saguenay ont mandaté la mairesse Josée Néron pour faire part des inquiétudes des citoyens devant l’ouverture de la région, le 11 mai prochain. À la suite d’une longue discussion, et même si « la Santé publique a force de loi », elle portera le message de la population.

Le conseiller baieriverain Martin Harvey a lancé la discussion en proposant une résolution « pour protéger les citoyens ». Il demandait de retarder l’ouverture de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de maintenir les barrages routiers au moins jusqu’à la fin mai.

« Pourquoi prendre un tel risque ?», a renchéri le conseiller Michel Thiffault.

« Nous avons réussi à bien gérer la crise et le virus dans notre ville », a-t-il dit, ajoutant qu’avec l’ouverture des commerces et des écoles, il serait justifié d’attendre de connaître les résultats de ce déconfinement avant d’aller de l’avant. Même chose pour Raynald Simard, qui a dit entendre les inquiétudes des citoyens.

« Je comprends les craintes, mais j’aimerais rassurer la population. Il y a juste 297 cas dans la région. Il n’y aura pas plein de gens de Montréal qui vont venir ici. Il n’y a pas d’hôtels, pas de restaurants. Ceux qui vont venir, ce sera pour le travail. Je crois fermement que ça ne changera pas beaucoup de choses. Des commerces sont déjà ouverts et les gens se comportent très bien. On va être sous surveillance et le décompte se fait. Si ça change, le Dr Arruda va arrêter ça », a pour sa part mentionné la conseillère Brigitte Bergeron.

Julie Dufour a alors proposé un amendement à la résolution de M. Harvey, visant à mandater la mairesse Néron pour porter le message auprès de la Santé publique et du gouvernement.

« Les gens sont fragiles, anxieux. Il faut garder le sentiment de sécurité », a-t-elle dit.

L’amendement a finalement fait l’objet d’un vote et devant l’égalité de sept conseillers de chaque côté, Mme Néron a dû trancher et elle a accepté de porter le message de la population.

Plus tôt dans la journée, elle avait dit faire confiance aux autorités de la Santé publique.

Société de transport du Saguenay

La Société de transport du Saguenay (STS) a une fois de plus été un sujet de discorde. Kevin Armstrong a suggéré, dans le contexte de la COVID-19, de faire un exercice pour voir s’il n’existe pas d’alternatives en lien avec la STS, comme le taxi-bus, la sous-traitance, le privé, des autobus plus petits, etc., et ce, sans oublier la mission de la STS.

« C’est l’occasion rêvée de revoir certains trucs. Je souhaite vraiment qu’on se penche là-dessus », a-t-il dit, appuyant ses propos de certaines statistiques. Selon ses dires, la quote-part de la Ville a augmenté de 65 %, au cours des dernières années, alors que dans la même période, l’achalandage a baissé de 12 %, selon lui — la population de Saguenay qui utilise la STS n’atteignant que 2 %.

Il n’en fallait pas plus pour soulever l’ire du conseiller Marc Pettersen, président de la STS, qui dit entendre le même discours sur la STS — alors la CITS — depuis 40 ans.

Comme il l’avait déjà fait lors d’un conseil précédent, il a comparé l’achalandage du transport en commun à celui des restaurants, étant plus populaires aux heures de pointe qu’en milieu de matinée ou d’après-midi. Il dit que la STS est nécessaire pour permettre aux gens qui gagnent le salaire minimum d’aller au travail et aux étudiants d’aller à l’école. « Ils ont autant de droits que ceux qui roulent en BMW et il faut comprendre ça. »

Il a reçu l’appui de Jean-Marc Crevier qui a reconnu le « travail remarquable » de la STS.

« On pourrait se virer de bord et se demander quel pourcentage de la population utilise les bibliothèques et les patinoires », a-t-il dit, ajoutant qu’il est impossible de défaire la fusion et que toutes les villes ont droit aux mêmes services qu’ailleurs.

Michel Potvin, qui a fait quelques sorties contre la STS dans le passé, a reconnu le travail de transparence effectué dernièrement. « On est sur la bonne voie. C’est vrai qu’il faut donner un service », a-t-il reconnu.

Salaire des élus

La résolution quant au salaire des élus a finalement été adoptée. Il baissera de 5000 $, rétroactivement au 1er janvier, et cette baisse vise à compenser la hausse octroyée en vue de l’imposition provinciale qui n’a jamais eu lieu.

Le salaire sera donc indexé le 1er janvier de chaque année.

Rapport financier

Saguenay enregistre un surplus de fonctionnement de 4,2 millions $ pour l’exercice financier de 2019, soit 0,6 % du budget total de 349,4 millions $. Le rapport financier a été déposé lors de la séance du conseil, lundi. Une partie de ce surplus, soit 2,2 millions $, provient de l’administration municipale, « un bel exemple de saine gestion et d’efforts concertés », a mentionné le président de la commission des finances, Michel Potvin, dans un communiqué de presse émis avant la séance, dans lequel il a aussi souligné la « très grande rigueur » des fonctionnaires municipaux.

Au total, 8,1 millions $ de revenus additionnels nets ont été enregistrés. Ils ont permis d’éponger certains dépassements budgétaires et imprévus qui atteignent 4,9 M$, notamment 1,5 M$ provenant du déneigement et 600 000 $ de la Société de transport du Saguenay.

Les réserves financières se soldent maintenant à 9,6 M$, une hausse de 4 M$, alors qu’elles étaient de 1,4 M$ il y a trois ans.

« Depuis notre entrée en poste, nous avons géré l’argent des citoyens de façon rigoureuse et cela a porté fruit. Le bilan financier 2019 illustre la saine gestion financière de notre administration. Ce sont plus que des mots, ce sont des résultats! Cela nous positionne de façon favorable pour l’année 2020 et pour faire face à la crise générée par la COVID-19, même si l’ombre de la crise économique, qui pointe en raison du coronavirus, pourrait freiner nos élans. À nous de faire des choix responsables pour minimiser l’impact de cette situation sur notre population », a déclaré Mme Néron.

En 2019, Saguenay a réalisé des travaux de 63,7 M$, principalement dans les infrastructures – 38,9 M$, dont 20,5 M$ en pavage et trottoirs –, en plus de 8,5 M$ au niveau des bâtiments, 9,4 M$ pour les véhicules et équipements et 2,2 M$ pour le réseau d’électricité.

Quant à l’endettement net de la Ville de Saguenay, il se situe maintenant à 456,7 M$ au 31 décembre 2019, une hausse de 18,7 M$ par rapport à l’année précédente.

Restaurateurs

La crise du coronavirus ayant contraint plusieurs restaurateurs à trouver des alternatives pour survivre, il a été décidé de leur permettre d’avoir des camions de cuisine sur leur propriété ou sur leur stationnement. La Ville a accepté cette modification, et ce, sans qu’un permis ne soit nécessaire.

Saint-Jean-Vianney

Enfin, autre point à l’ordre du jour de cette séance qui a duré plus de deux heures et demie, la conseillère de Shipshaw, Julie Dufour, a demandé à ce que Saint-Jean-Vianney soit reconnu comme site historique et géologique exceptionnel. Il y a 49 ans (le 4 mai 1971), le glissement de terrain avait fait 31 morts et 13 disparus. Mme Dufour espère que le tout sera accepté pour le 50e anniversaire, l’an prochain.