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Ni la controverse, ni le couvre-feu ne freinent la ruée vers le vaccin AstraZeneca à Québec [PHOTOS+VIDÉO]

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
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En cette période de vaccination massive, l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Le premier automobiliste à se pointer, jeudi, au centre communautaire de L’Ancienne-Lorette, où était injecté le controversé vaccin AstraZeneca pour les plus de 55 ans, est arrivé sur place à… 3h45, soit une heure et quart avant la levée du couvre-feu.

À l’image d’un autre dicton, les premiers arrivés ont été les premiers servis. Les 300 coupons disponibles pour la vaccination à L’Ancienne-Lorette ont trouvé preneurs en 15 minutes. À Beauport, il a fallu une heure pour voir s’envoler les 960 coupons donnant droit à une injection la journée même. Aux deux endroits, des dizaines de personnes étaient présentes sur le stationnement dès potron-minet.

Au CIUSS de la Capitale, la porte-parole Annie Ouellet renvoie le représentant du Soleil aux «mesures spéciales d’urgence» du ministère de la Santé et des Services sociaux entourant le couvre-feu. Il est ainsi interdit à quiconque de se trouver hors de son lieu de résidence, entre 20h et 5h, sauf, entre autres, «pour une personne qui doit se rendre à une clinique de vaccination ou en revenir».

Au Service de police de la Ville de Québec, la relationniste Sandra Dion explique que les policiers peuvent jouer de «leur pouvoir discrétionnaire» lorsqu’un automobiliste est intercepté dans ces circonstances. «Le jugement et le discernement sont toujours des éléments clés lors de l’application de la loi sur le terrain, puisque chaque situation est unique. Le SPVQ poursuit son mandat de faire respecter les mesures décrétées par le gouvernement afin de limiter la propagation du virus au sein de la population. Toutefois, on ne trouvait pas opportun d’émettre des constats dans ce cas précis.»

Pour Annie Ouellet, la réponse massive du public pour le vaccin AstraZeneca constitue une «bonne nouvelle», les gens ayant «bien compris qu’il y avait plus d’avantages que d’inconvénients à le prendre». Au Centre de foires d’Expo Cité, 98 pour cent de ceux à qui le vaccin a été offert l’ont accepté.

L’Organisation mondiale de la santé a affirmé mardi que la balance risque/bénéfice continue à peser «largement» en faveur de l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca, malgré l’observation de cas rares de thromboses atypiques chez les personnes vaccinées. Au Canada, il est néanmoins recommandé de ne pas l’administrer chez les moins de 55 ans.

Les 200 coupons disponibles jeudi matin pour obtenir une injection se sont envolés à la vitesse de l’éclair, au centre communautaire de L’Ancienne-Lorette.

Mieux que rien du tout

L’ex-joueur des Remparts, Richard Nantais, est arrivé au centre communautaire de L’Ancienne-Lorette peu avant 5h et une dizaine de voitures se trouvaient déjà dans le stationnement. «Ils sont arrivés bien avant moi», lance celui qui a joué dans les années 70 avec Guy Lafleur et Jacques Richard.

«J’avais un rendez-vous le 21 avril, mais j’aimais mieux passer aujourd’hui, à cause des variants, ajoute l’homme de 66 ans. Ma femme est chanceuse, elle a eu le vaccin il y a trois semaines.

M. Nantais se dit nullement inquiet de recevoir une dose du controversé AstraZeneca. «Ça ne me dérange pas du tout. Au point où on est rendus, c’est d’avoir le vaccin qui est important. Je ne comprends pas le monde qui a peur.»

Marc Vigneault, 59 ans, est venu de Lévis pour se faire vacciner. La veille, il avait pris soin de s’informer auprès du service de police pour être certain qu’il n’aurait pas d’ennuis en raison du couvre-feu. «On m’a dit que c’était OK puisque c’était un rendez-vous médical.»

Le premier automobiliste à se pointer, jeudi, au centre communautaire de L’Ancienne-Lorette, où était injecté le controversé vaccin AstraZeneca pour les plus de 55 ans, est arrivé sur place à… 3h45, soit une heure et quart avant la levée du couvre-feu.

C’est à un professeur de Québec qu’est revenu le privilège d’être vacciné le premier, vers 8h, en compagnie de sa conjointe. «On est arrivés dans le stationnement à 3h45 pour être certains d’avoir une place», explique l’homme de 59 ans qui a demandé l’anonymat. Et le AstraZeneca? «On aime mieux ça que rien avoir.»

Grosse colère

Puisque tous les laissez-passer ont disparu dans le temps de le dire, les automobilistes ont été des centaines à retourner bredouilles à la maison. Un cortège de voitures s’est étiré pendant plus de deux heures sur la rue des Loisirs, jusqu’au feu de circulation de la rue Notre-Dame.

Inlassablement, toujours avec le sourire, la jeune agente de sécurité Alice-Anne leur a expliqué, une fois et une autre, qu’il ne restait plus un seul coupon. «C’est complet pour la vaccination, désolée, il faut revenir demain, à 5h30. Soyez prêt!»

Dans les véhicules, derrière les masques, les réponses allaient de l’étonnement - «Es-tu sérieuse? Ayoye!» - à la légère frustration - «finalement, c’est un sans rendez-vous avec rendez-vous, c’est ça?» - en passant par la politesse - «Ok, ça marche, merci.».

Sans oublier la colère noire. «Vous auriez dû être ici plus tôt, dit Alice-Anne au représentant du Soleil. «J’ai eu des câl… et des tab… de gens qui étaient fâchés. Y’en a un qui a failli débarquer de son auto.»

Puisque tous les laissez-passer ont disparu dans le temps de le dire, les automobilistes ont été des centaines à retourner bredouilles à la maison.

Ne pas lâcher

Michel Dionne, un employé de l’aéroport Jean-Lesage, en est un qui s’y est pris trop tard pour obtenir le vaccin. Même s’il a mauvaise presse, il n’en a cure. «C’est sûr qu’il y a toujours un petit doute, confie-t-il, au volant de son véhicule, mais j’ai plus peur d’avoir la COVID, surtout avec les cas qui augmentent à Québec. Ça ne me fait pas peur.»

«C’est un médecin qui disait ça l’autre jour à la télé: on est dans un marathon, on est au 36e kilomètre, faut pas lâcher», ajoute-t-il.

Gilles Légaré, de Sainte-Foy, n’était pas frustré d’avoir fait chou blanc en arrivant trop tard à L’Ancienne-Lorette. Il compte revenir vendredi matin, mais de très bonne heure cette fois, «pas le choix».

Lui aussi a hâte d’être vacciné pour en finir avec la COVID. Un jour sans vaccin est un jour de trop. La crainte de l’AstraZeneca, très peu pour lui. «Je veux régler ça là, surtout avec les variants. Ç’a allait au 15 mai avant d’avoir un rendez-vous, ça faisait pas pantoute mon affaire d’attendre jusque là.»

Sur la Rive-Sud

Dans la région de Chaudière-Appalaches, les autorités sanitaires ont constaté un engouement similaire pour obtenir le vaccin AstraZeneca. À Lévis, 800 coupons ont été distribués en une heure et demie. Une centaine d’autres ont été ajoutés un peu plus tard. À Saint-Georges, les 500 laissez-passer ont trouvé preneurs en milieu de matinée.  

Avec la collaboration d’Émilie Pelletier

Dans la région de Chaudière-Appalaches, les autorités sanitaires ont constaté un engouement similaire pour obtenir le vaccin AstraZeneca.