Le retour à l’école se fera avec le visage couvert dans les aires communes, à l’exception des salles de classe, et ce, à partir de la 5e année du primaire.
Le retour à l’école se fera avec le visage couvert dans les aires communes, à l’exception des salles de classe, et ce, à partir de la 5e année du primaire.

Masque obligatoire dès la 5e année du primaire [VIDÉO]

Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Pour la rentrée scolaire, le couvre-visage sera obligatoire pour les élèves à compter de la 5e année du primaire et pour les années qui suivent, a annoncé lundi à Montréal le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Ce couvre-visage de protection contre le coronavirus devra être porté dans les lieux communs à tous, comme les halls d’entrée et les couloirs, mais pas dans les classes, a-t-il précisé.

Le concept de sous-groupes ou de «bulles» de protection dans les classes, qui avait été annoncé en juin, est aussi modifié.

«La bulle, c’est la classe. À l’intérieur de la classe, on peut se côtoyer. Ce sont les enseignants qui se déplacent», a illustré le ministre Roberge. De cette façon, le jeune devrait côtoyer sensiblement la même trentaine d’élèves chaque jour, réduisant ainsi son exposition au coronavirus, ont jugé les autorités.

Pour la récréation à l’extérieur, le couvre-visage ne sera pas requis des élèves.

Par cohérence, le masque deviendra également obligatoire dans les transports en commun pour les enfants de 10 ans et plus à compter du 24 août, a précisé le ministre Roberge.

Au préscolaire, il n’y aura pas de couvre-visage requis, mais le personnel devra porter de l’équipement de protection individuelle, comme c’est le cas dans les services de garde, a ajouté le ministre de l’Éducation.

Lavage des mains

Les autres consignes, comme le lavage des mains plus fréquent et la désinfection, continueront d’être appliquées.

Aux côtés du ministre Roberge, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a d’ailleurs déploré le fait qu’«il y a moins de lavage des mains depuis qu’il y a un couvre-visage».

En cas de problèmes

Le ministre a aussi promis que les parents seraient prestement informés si un cas de COVID-19 venait à se déclarer dans la classe ou l’école. Il ne s’agit pas de faire paniquer les parents, mais de faire preuve de transparence, a-t-il assuré.

Par ailleurs, les enfants qui ont un problème de santé «relié à la COVID» et validé par un billet du médecin pourront ne pas assister à leurs cours en personne et avoir droit à l’enseignement à distance. Le Centre de services scolaires - qui a remplacé la commission scolaire - doit garantir cet accès à l’enseignement à distance, le cas échéant.

De même, un enseignant vulnérable qui a un problème de santé «relié à la COVID» et qui le fait certifier par un billet du médecin pourra bénéficier d’accommodements. Il pourrait, par exemple, offrir l’enseignement à distance de chez lui, a illustré le ministre Roberge.

«Nous ne manquerons pas d’outils technologiques», a-t-il assuré, en soulignant que le ministère en avait acheté pour une valeur de 100 millions $ depuis la mi-juin.

Le ministre a voulu se faire rassurant, tant pour les parents que pour les enseignants. Il a noté que le degré de connaissance du coronavirus avait évolué depuis le début de la pandémie et que ce plan visait justement à ajuster le tir en fonction de ces connaissances nouvelles.

Il a aussi rappelé que les pédiatres eux-mêmes ont souligné l’importance pour les enfants de revenir à l’école, de socialiser, de revoir leurs amis, leurs enseignants, de poursuivre leurs apprentissages sur place.

Enseignants et directions

Présente sur place, Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, affiliée à la CSQ, qui représente la majorité des enseignants du primaire et du secondaire, démontrait des signes d’ouverture et de soulagement.

«On sait qu’on a fait un grand pas si on compare au printemps. Quand on avait reçu le premier plan, il y avait énormément de questions. Nous, on parlait d’incohérences dans les milieux», a commenté Mme Scalabrini.

Dans le plan ministériel qui a été exposé, «il semble y avoir une plus grande cohérence dans ce qui va se faire d’un milieu à l’autre», s’est-elle réjouie. Elle restera toutefois aux aguets et souhaite que la communication et l’écoute soient au rendez-vous dans les deux sens.

Les directions d’établissements scolaires, de leur côté, croient que «tout est en place pour une rentrée réussie».

Le président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles, Carl Ouellet, a dit croire que le fait de rendre le couvre-visage obligatoire pour les jeunes du troisième cycle du primaire et du secondaire «va faciliter les déplacements au sein de l’établissement».

Nombre de cas

Le nombre d'infections à la COVID-19 annoncées quotidiennement est passé sous la barre des 100 nouveaux cas pour la première fois en près d'un mois.

Selon les données du ministère de la Santé du Québec publiées lundi, 98 nouveaux cas de COVID-19 ont été rapportés au cours des dernières heures.

Le nombre de personnes atteintes par le coronavirus s'élève dorénavant à 60 627 depuis le début de la pandémie dans la province.

Les autorités ont aussi déploré un nouveau décès, portant ainsi ce triste bilan à 5696.

Le nombre d'hospitalisations a légèrement augmenté. On comptait 157 patients atteints de la COVID-19 dans un centre hospitalier, un de plus que la veille. Le nombre de patients aux soins intensifs s'élève à 21, en baisse d'un par rapport aux données présentées dimanche.

Au Canada

Jusqu'à maintenant, on a recensé 119 664 cas confirmés ou probables dans l'ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 8982 Canadiens.

Les autorités sanitaires canadiennes ont indiqué lundi que 87 % des personnes atteintes se sont jusqu'à maintenant rétablies.

Depuis l'apparition du virus au Canada, les laboratoires ont soumis plus de 4,4 millions de personnes à un test de dépistage de la COVID-19. Au cours de la semaine dernière, 48 360 personnes en moyenne par jour ont subi un test, dont 1 % ont obtenu un résultat positif, peut-on lire dans un communiqué de la santé publique.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux : 60 627 cas au Québec, dont 5696 décès; 40 161 cas en Ontario, dont 2786 décès; 11 430 cas en Alberta, dont 208 décès; 3934 cas en Colombie-Britannique, dont 195 décès; 1445 cas en Saskatchewan, dont 20 décès; 1071 cas en Nouvelle-Écosse, dont 64 décès; 542 cas au Manitoba, dont huit décès; 267 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 176 cas au Nouveau-Brunswick, dont deux décès; 36 cas à l'Île-du-Prince-Édouard; 15 cas au Yukon, cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s'ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars. La Presse Canadienne