Manifestation pour l’ouverture des centres d’entraînement [VIDÉO]

L’impatience se fait sentir parmi les propriétaires de centres d’entraînement qui n’arrivent pas à voir la lumière au bout du tunnel malgré le plan de déconfinement graduel annoncé par le gouvernement. Un peu plus d’une cinquantaine de propriétaires se sont donc entraînés, mardi midi, devant l’Assemblée nationale, afin de demander au gouvernement la permission de rouvrir leurs établissements.

Fermés depuis près de trois mois, les studios de yoga, les écoles d’arts martiaux et les centres de conditionnement physique ont hâte d’enfin pouvoir rouvrir leurs portes. Afin de montrer concrètement au gouvernement qu’ils pouvaient s’entraîner de façon sécuritaire, les manifestants ont participé à une séance d’entraînement «distancée» devant l’Assemblée nationale.

«On voulait vraiment aujourd’hui faire une action qui est proactive, qui est en continuité avec la démarche qu’on a entreprise depuis le 24 avril. On veut montrer qu’on peut ouvrir de manière sécuritaire», explique Mathieu Dumontet, porte-parole de la coalition des studios d’entraînement privés du Québec. 

Propriétaire de l’école d’arts martiaux Nordik Fight Club depuis maintenant 13 ans, Yohan Bérubé insiste : il lui serait facile d’adapter son local afin de respecter les mesures d’hygiène émises par la santé publique. Selon lui, la mise en place du deux mètres de distance est facilement respectable. Les clients devront se prémunir du matériel plus difficile à désinfecter comme les gants de boxe ou les «mitaines de frappe» et ne pas le partager.

Les entraînements en équipe de deux, très courants dans le monde des arts martiaux et du conditionnement physique, ne sont pas un problème selon M. Bérubé. «On n’est pas pire que d’autres types d’entreprises. Si nous ne pouvons pas être à plus de deux mètres, les clients porteront des masques ou des visières. Un gros plus pour nous, c’est qu’on se place toujours avec le même partenaire d’exercice. Comme ça, on limite la propagation», explique-t-il. Pour plusieurs qui soulignent l’inconfort du masque, l’idée de le porter en faisant du sport peut sembler farfelue, mais M. Bérubé affirme qu’il y a des masques conçus pour les sportifs qui sont disponibles sur le marché.

C’est un certain sentiment d’injustice qu’éprouvent actuellement les propriétaires de centres sportifs. «On veut être proactif. Les restaurants sont ouverts, les tatoueurs sont ouverts, tout est en train de rouvrir. Nous aussi, on est capable de donner des entraînements sécuritaires», affirme M. Dumontet.

De son côté, Yohan Bérubé souhaite également rappeler au gouvernement les bénéfices qu’apportent à la population les entreprises comme la sienne : «Notre situation représente des centaines d’entreprises au Québec et des dizaines de milliers d’adeptes. Ces gens-là ont besoin de s’entraîner au gym pour le sentiment d’appartenance que ça leur procure, pour voir leurs amis. L’impact au niveau psychologique il est réel, tout autant que pour l’aspect physique.»

Miser sur sa clientèle

Le propriétaire de l’école d’arts martiaux souligne également la fidélité de sa clientèle. Pour M. Bérubé, cet aspect est non-négligeable : «Les commerces qui offrent des soins corporels voient beaucoup de clients différents dans leur semaine. Nous, comme ce sont souvent les mêmes personnes qui reviennent, on peut facilement les pairer. Ça finit par créer une sorte de cellule toujours composée des mêmes personnes». 

Ses clients fidèles lui permettent aussi de garder espoir en l’avenir : «C’est encourageant. On voit que les gens ont développé une appartenance au gym. Ils ont tellement hâte de recommencer. Certains ont d’ailleurs pris un peu de poids et, pour eux, l’alarme sonne! Il est temps que nos cours recommencent!» lance M. Bérubé en riant.