L’Hôtel Castel de Granby, en plus d’avoir vu tous ses congrès et événements annulés, compte moins de 5 réservations par nuit, et certaines nuits, aucune.

L'industrie du tourisme devra «s’accrocher»

L’industrie du tourisme est durement touchée par la crise du coronavirus et la région des Cantons-de-l’Est ne fait pas exception.

« L’ensemble de notre industrie est énormément affecté. On a beaucoup de préoccupations et d’inquiétudes », mentionne Francine Patenaude, directrice générale à l’Association touristique des Cantons-de-l’Est.

« C’est sûr que notre priorité reste d’aplanir la courbe et d’être certain de suivre les recommandations du ministère de la Santé. Mais là, il faut se réorganiser au grand complet. »

Les 800 membres de Tourisme Cantons-de-l’Est sont touchés par la crise. 

« On contacte chacun de nos partenaires individuellement pour prendre le pouls, les informer, savoir comment ils vont et mesurer les répercussions dans leurs entreprises, souligne Hélène Plante, codirectrice générale et responsable du développement touristique. Ce qu’on remarque, c’est beaucoup d’incertitude, mais aussi du soutien, de la solidarité. »

« On espère survivre à ça »

Particulièrement, les restrictions de voyage et de confinement ont un effet monstre sur les hôtels de la région, qui connaissent un énorme ralentissement, comme l’Hôtel Castel, le St-Christophe Hotel & Spa, et le Motel Granby, qui sont restés ouvert, mais qui ont fermé des services et mis à pied beaucoup de personnel.

« On a mis 90 % des employés sur le chômage », se désole Patrick Saad, directeur du St-Christophe Hotel & Spa, à Granby. 

« On ne veut pas fermer, parce que nos clients comptent sur nous. Le restaurant sera ouvert ce soir (vendredi), puisqu’il y avait des réservations, mais il sera fermé pour les deux prochaines semaines. On va y aller semaine par semaine. »

M. Saad précise que seul l’hébergement demeure ouvert aux clients, mais très peu de chambres ont été réservées, et le service d’accueil est limité, affirme-t-il.

« Il n’y a rien de positif dans la situation. En tant que chef d’entreprise, c’est très triste. On espère survivre à ça. »

Par ailleurs, le directeur du St-Christophe n’est pas satisfait des mesures du gouvernement, qu’il juge insuffisantes. « Ça reste vague et on s’endette quand même », dit-il.

Rappelons que jeudi, le gouvernement Legault a annoncé une aide aux entreprises de 2,5 milliards $ pour les entreprises affectées par la crise du coronavirus.

Le 19 mars, Caroline Proulx, ministre du Tourisme, avait publié un message pour l'industrie touristique, qui expliquait que cette « aide se présentera sous la forme d’une garantie de prêt ou d’un prêt pour soutenir votre fonds de roulement », pouvait-on y lire.

Elle ajoute être « très fière de nous voir tous mobilisés et solidaires pour la santé des Québécois ».

La solidarité et la grande compréhension des membres ont également été soulignées par Mme Patenaude. 

« On est une industrie avec beaucoup de résilience. On a connu le SRAS, la grippe H1N1, l’Ebola, etc., et on est toujours revenus plus fort. On sait qu’il faut s’accrocher, que c’est temporaire. »

« Annulation générale »

En plus d’avoir vu tous ses congrès et événements annulés, l’Hôtel Castel de Granby compte moins de cinq réservations par nuit, et certaines nuits, aucune.

« C’est une annulation générale. Autant les petites, les grosses salles, que les chambres, tout a été annulé », indique Marie-Joëlle Bourdeau, directrice des ventes et marketing à l’Hôtel Castel.

Seul l’hébergement demeure ouvert, les restaurants de l’établissement ayant procédé à une fermeture temporaire, incluant celui servant les déjeuners.

Mme Bourdeau affirme que le personnel — fortement réduit — est à pied d’œuvre pour préparer le « après ».

« On demeure positif malgré tout, on reste informés des mesures pour pouvoir réagir rapidement. On trouve ça triste de mettre à pied nos employés, on ne le fait pas de gaieté de cœur... mais on essaie de garder le moral. »

Le Motel de Granby, aussi ouvert, a instauré une règle sanitaire à l’arrivée des visiteurs : la prise de température.

« On contrôle les gens quand ils arrivent, on prend leur température. On regarde s’ils ont des symptômes », dit le propriétaire du Motel, Michel Xu.

Il ajoute que « c’est mort en ce moment et qu’il y a eu beaucoup d’annulations. »

Bref, une situation catastrophique au niveau du tourisme pour l’ensemble de l’industrie, qui se prépare tout de même au « après », « quand la situation de santé sera stabilisée », conclut Francine Patenaude.

De plus, Sépaq a annoncé qu’elle fermait l’ensemble de ses sites au Québec, ainsi le parc national de la Yamaska n’est plus ouvert au public.