Des ONG déplorent l'inaction du Conseil de sécurité de l'ONU et la confrontation entre les États-Unis et la Chine. 
Des ONG déplorent l'inaction du Conseil de sécurité de l'ONU et la confrontation entre les États-Unis et la Chine. 

L'inaction du Conseil de sécurité de l'ONU est «honteuse», selon des ONG

AFP
Agence France-Presse
NATIONS UNIES — L'inaction face à la pandémie de COVID-19 du Conseil de sécurité, paralysé par une confrontation entre les États-Unis et la Chine «qui semblent incapables de leadership» à l'ONU, est «honteuse», ont affirmé mardi dans un communiqué plusieurs ONG.

Deux mois après un appel du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à un cessez-le-feu dans le monde pour mieux lutter contre la maladie, le Conseil a échoué à s'entendre sur une résolution soutenant cette initiative, reprochent dans leur texte International Rescue Committee, International Crisis Group ou encore Save the Children, qui figurent parmi les signataires.

«La paralysie du Conseil de sécurité face à la COVID-19 est honteuse. Pour des millions de gens, elle est aussi incompréhensible», souligne David Miliband, chef de International Rescue Committee.

Pour Rob Malley, président de International Crisis Group, «les États-Unis et la Chine ont traité les négociations» de la résolution «comme une opportunité de se renvoyer la responsabilité de l'origine de la COVID-19» plutôt que favoriser «un appel direct à une réduction de la violence».

«Ni Washington, ni Pékin ne semblent avoir la capacité ou la volonté de montrer du leadership à l'ONU durant une crise mondiale», déplore-t-il.

À la tête de Save the Children, Inger Ashing juge de son côté que le Conseil de sécurité «a une opportunité historique d'arrêter les combats dans le monde et de s'assurer que les travailleurs humanitaires aient un plein accès à ceux qui en ont le plus besoin».

Depuis le rejet le 8 mai par Washington d'un texte de compromis proposé par la France et la Tunisie, les négociations au Conseil de sécurité sont dans l'impasse. Les États-Unis refusent toute mention de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) alors que la Chine veut une référence dans la résolution.

L'appel du secrétaire général a reçu le soutien de plus de deux millions de citoyens et de 200 ONG, et individuellement de quelque 140 membres sur les 193 de l'ONU. À la différence du Conseil de sécurité, l'Assemblée générale de l'ONU a déjà adopté deux résolutions relatives à la pandémie, l'une le 3 avril pour renforcer la coopération internationale et l'autre le 20 avril pour réclamer un accès équitable à de futurs vaccins.

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LE CONSEIL DE SÉCURITÉ AURAIT BESOIN DU CANADA POUR GÉRER LA POST-PANDÉMIE

Justin Trudeau affirme que la candidature du Canada pour obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies est plus pertinente que jamais alors que le monde devra se reconstruire après la grande pandémie.

Justin Trudeau estime que le Canada serait digne d'un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le premier ministre établit un lien direct entre cette pandémie de COVID-19 et les lendemains de la Seconde Guerre mondiale, lorsque le Canada a joué un rôle dans la fondation de l'Organisation des Nations unies (ONU) et d'autres organisations multilatérales comme l'OTAN, ainsi que dans les accords de Bretton Woods sur le système financier international.

M. Trudeau estime que comme c'était le cas dans les années 1940, le Canada a un rôle à jouer pour créer un monde meilleur et plus juste. Or, après la pandémie, le Canada pourrait notamment le faire en se taillant une place au sein de l'organe le plus puissant des Nations unies, a-t-il dit.

Le Canada est en compétition avec la Norvège et l'Irlande pour un siège non permanent, de deux ans, au Conseil de sécurité, à compter de l'année prochaine. L'Assemblée générale des Nations unies doit voter en juin lors d'un scrutin secret.

M. Trudeau a offert ce plaidoyer lundi matin après la publication d'une lettre ouverte dans laquelle les signataires estiment que le Canada n'est pas digne d'un siège au Conseil de sécurité en raison de ses positions dans une variété de dossiers comme le changement climatique, le Moyen-Orient et le Venezuela.

La lettre a été signée par quelque 125 personnalités et intellectuels, notamment Alain Deneault, Amir Khadir, Roméo Saganash, David Suzuki ou Noam Chomsky. La lettre a aussi été signée par plusieurs organismes, dont Voix juives indépendantes, le Mouvement québécois pour la paix, Solidarité Québec-Haïti et le Conseil central du Montréal métropolitain de la CSN. La Presse canadienne