Jean-Pierre Léger lors de l'annonce de la vente du Groupe St-Hubert à Cara, une entreprise ontarienne, en mars 2016.
Jean-Pierre Léger lors de l'annonce de la vente du Groupe St-Hubert à Cara, une entreprise ontarienne, en mars 2016.

L’ex-président de St-Hubert demande un assouplissement de la règle de distanciation

Alors que les restaurants pourront de nouveau accueillir des clients en salle en manger à compter de lundi, seuls les établissements de la région de Montréal devront attendre une semaine de plus, Jean-Pierre Léger, l’ex-président des Rôtisseries St-Hubert, interpelle le gouvernement afin de lui demander d’assouplir les règles de sécurité concernant la distanciation. Il en va de la survie de certains établissements.

«Aujourd’hui, les restaurateurs sont concentrés sur la réouverture puisque, d’ici deux semaines, toutes les salles à manger du Québec vont ouvrir à nouveau», explique M. Léger dans la lettre qu’il a envoyée à Jean Boulet, ministre du Travail, André Lamontagne, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et au Dr Horacio Arruda, Directeur national de la santé publique. «Il y a toutefois un éléphant dans la salle à manger… c’est la fameuse règle des 2 mètres

«Est-il exagéré de proposer que d’autres mesures de protection physique puissent permettre d’assouplir la règle des deux mètres? Au nom de la prudence, l’exigence stricte des deux mètres dans les restaurants donnera peu de chance aux restaurateurs de survivre.»

M. Léger mentionne que le monde de la restauration «reste un milieu particulièrement fragile «même en redoublant d’efforts et d’inventivité pour se tenir à flot durant ces temps incertains.»

L’ex-président dit ne pas comprendre la valse d’hésitation qui a mené à parler d’une distanciation d’un mètre au début de la pandémie, distanciation qui est passée d’un à deux mètres et qui s’est finalement terminé par l’instauration de la règle du deux mètres. 

«La France vient d’autoriser la réouverture de plus de 200 000 restaurants et cafés en imposant 1 mètre de distanciation sociale, mais en appliquant aussi d’autres règles : présence de gel hydroalcoolique, affichage clair, limite de convives par table, modes de paiement sans contact, etc.». Une décision qui reflète les résultats d’une étude canadienne, commanditée par l’Organisation mondiale de la santé et qui démontre que le risque d’attraper la COVID-19 diminue de 80 % lorsqu’on se situe à au moins un mètre de distance.

«Si nous souhaitons réellement soutenir l’industrie à surmonter cette crise et préserver les restaurants qui créent la vitalité dans nos rues, donnons-leur les moyens de le faire et faisons confiance à la créativité des restaurateurs pour mettre en place des mesures sécuritaires pour leurs clients, pour leurs employés et pour eux-mêmes», conclut-il.

Voici la lettre de M. Léger :

L’éléphant dans la salle à manger

Lettre à Jean Boulet, ministre du Travail, André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et Dr Horacio Arruda, Directeur national de la Santé publique

Messieurs,  

Bonne nouvelle pour les restaurateurs du Québec : ils vont pouvoir reprendre du service. Pour la plupart des restaurateurs, ce qui compte avant tout, c’est le contact avec les clients. Au Québec, nous avons la chance d’avoir un public curieux et avide d’expériences culinaires. Cela n’empêche pas que le monde de la restauration reste un milieu particulièrement fragile, même en redoublant d’efforts et d’inventivité pour se tenir à flot durant ces temps incertains. 

Aujourd’hui, les restaurateurs sont concentrés sur la réouverture puisque, d’ici deux semaines, toutes les salles à manger du Québec vont ouvrir à nouveau. Il y a toutefois un éléphant dans la salle à manger… c’est la fameuse règle des 2 mètres.

De toute évidence, cette règle évolue presque plus vite que le menu d’un restaurant populaire. Au début de cette pandémie, il était question d’une distance d’un mètre, puis entre 1 et 2 mètres, puis maintenant 2 mètres. On pourrait dire que les explications quant aux choix de cette distance de 2 mètres sont elles aussi à plus de 2 mètres de notre compréhension.

Entendons-nous bien : plus nous sommes loin les uns des autres, moins nous sommes à risque. On est bien d’accord là-dessus.

Par contre, la France vient d’autoriser la réouverture de plus de 200 000 restaurants et cafés en imposant 1 mètre de distanciation sociale, mais en appliquant aussi d’autres règles : présence de gel hydroalcoolique, affichage clair, limite de convives par table, modes de paiement sans contact, etc. Cette décision de la capitale mondiale de la restauration reflète très  bien les résultats d’une étude canadienne, commanditée par l’Organisation mondiale de la santé et publiée récemment dans The Lancet, qui démontre que le risque d’attraper la COVID-19 diminue de 80 % lorsqu’on se situe à au moins un mètre de distance.

Est-il exagéré de proposer que d’autres mesures de protection physique puissent permettre d’assouplir la règle des 2 mètres ? Au nom de la prudence, l’exigence stricte des 2 mètres dans les restaurants donnera peu de chance aux restaurateurs de survivre. 

Si nous souhaitons réellement soutenir l’industrie à surmonter cette crise et préserver les restaurants qui créent la vitalité dans nos rues, donnons-leur les moyens de le faire et faisons confiance à la créativité des restaurateurs pour mettre en place des mesures sécuritaires pour leurs clients, pour leurs employés et pour eux-mêmes.

Jean-Pierre Léger