Pendant 20 jours, les neuf Soeurs ont marché autour du Monastère le temps de 60 minutes en guise de solidarité au personnel soignant.
Pendant 20 jours, les neuf Soeurs ont marché autour du Monastère le temps de 60 minutes en guise de solidarité au personnel soignant.

Les Sœurs Augustines terminent leur défi: plus de 135 000 $ amassés

«Infirmières un jour, infirmières toujours. C’était difficile pour nous de rester dans l’inaction pendant cette pandémie», nous lance Sœur Lise, lors du dernier jour de marche en soutien au personnel soignant. Pendant 20 jours, les neuf amies ont marché autour du Monastère le temps de 60 minutes en guise de solidarité.

Les Sœurs Augustines peuvent dire mission accomplie. Leur geste a permis d’amasser plus de 135 000 $ et le chiffre ne cesse d’augmenter.

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Ce montant servira à financer des programmes pour accueillir les proches aidants des personnes malades, une cause que les Sœurs défendent avec cœur. Une large place sera réservée pour accueillir ces personnes qui traversent des moments douloureux.

«Nous sommes touchées et émues par la réponse de la population. Ça fait 40 ans qu’on accueille les parents et proches des malades au Monastère… c’est un besoin de la population qu’on avait identifié. Une équipe prend la relève et continuera à faire vivre nos valeurs d’accueil et de respect. Ça a toujours été une maison de soignantes et ça va devenir un lieu d’hospitalité renouvelé», exprime Sœur Lise Tanguay, Supérieure Générale de la Fédération des Monastères des Augustines.

Elles ont marché en pleine canicule et même sous la pluie. Elles insistent : ce n’était rien comparé à ceux et celles qui travaillaient dans les centres d’hébergement sous la même chaleur, avec des masques, des visières et des gants, auprès de personnes malades.

«Il fallait être raisonnable et respecter les consignes de la santé publique... Cette marche nous permettait de prouver notre solidarité envers tous les soignants, on avait l’impression de faire quelque chose».

Le nouveau rôle de Régis Labeaume

Le maire de Québec était invité à venir marcher avec les neuf femmes courageuses (la moyenne d’âge des Soeurs Augustines au Québec est de 84 ans) pour cette dernière journée de campagne.

Régis Labeaume a récemment confié qu’il avait été au chevet de son père pour ses derniers mois de vie. Il l’a accompagné jusqu’aux derniers instants.

«Quand tu vois le nombre de soignants qui ont été contaminés… c’est grand. J’ai découvert le rôle de proche aidant dans les derniers mois. Je ne m’étais jamais arrêté aux exigences de ce rôle-là, et ce n’est pas simple. Je l’ai fait dans des conditions idéales, mon père agonisait à Québec, j’habite à Québec. […] J’ai découvert comment la charge mentale était importante. L’autre affaire, c’est le sentiment de culpabilité, de ne pas être là constamment. C’est peut-être plus lourd que tout le reste», a-t-il confié.

«Ceux et celles qui ont cette tâche-là et habitent en région… ça coute cher être malade. Ça défait une partie de ta vie. Je l’ai fait pendant neuf mois, ce n’est jamais drôle de vivre l’agonie, mais ces mêmes neuf mois quand tu habites à l’extérieur, ça doit être terrible.»

M. Labeaume se disait déjà à l’écoute des Sœurs, mais maintenant il comprend davantage la cause qu’elles défendent. Il s’engage à donner généreusement et à en faire la promotion.

«Je comprends les revendications de ces gens-là. Je vais tenter de les aider. Avant de le vivre, tu ne peux pas savoir ce que c’est. Je ne suis pas venu coucher ici parce que j’avais un appartement, mais pour d’autres ça soulage un peu le quotidien, tu ne règles pas le reste, quoique vos bons soins allègent l’âme», termine le maire de Québec.

Pour son écoute, M. Labeaume est même reparti du Monastère les poches pleines de sucre à la crème… Un cadeau de ses amies.

Il est encore possible de faire un don au grand mouvement de compassion lancé par les Augustines de Québec.