Depuis deux semaines, les initiatives se multiplient dans les pharmacies pour minimiser les risques de contagion autant pour les clients que pour le personnel.
Depuis deux semaines, les initiatives se multiplient dans les pharmacies pour minimiser les risques de contagion autant pour les clients que pour le personnel.

Les pharmaciens cherchent à éviter les bris de service

Depuis deux semaines, les initiatives se multiplient dans les pharmacies pour minimiser les risques de contagion autant pour les clients que pour le personnel. Depuis peu, certaines pharmacies de la région ont décidé d’opérer à portes fermées, c’est-à-dire que la clientèle ne peut plus entrer dans la pharmacie, tout en continuant cependant d’offrir la livraison à domicile ou à la voiture directement dans le stationnement de la pharmacie.

« Pour le moment, on parle d’environ 25 % des pharmacies de la province qui ont décidé d’opérer à portes fermées », explique Bertrand Bolduc, président de l’Ordre des pharmaciens du Québec.

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Dans d’autres pharmacies, on continue de faire du triage et du contrôle à l’entrée des commerces, de demander l’hygiène des mains aux clients et de fortement suggérer le service de livraison des médicaments à domicile ou dans les stationnements.

Toutes ces mesures ont deux objectifs : protéger à la fois les employés et les clients tout en évitant les bris de services.

« Si une pharmacie ferme, c’est une catastrophe. Il y a toute la question des dossiers patients, qui sont difficilement transférables. Des dépannages entre pharmacies, on en fait tous les jours. Mais reprendre d’un seul coup l’ensemble de la clientèle d’une autre pharmacie, ça serait extrêmement difficile. Moi par exemple, je ne suis pas capable demain matin de prendre 500 prescriptions de plus », explique le pharmacien-propriétaire Jean-Luc Trottier, propriétaires de trois pharmacies à Sherbrooke et représentant régional de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires.

Pilotée par l’Ordre des pharmaciens, une cellule de crise est en train de se mettre en place en Estrie pour trouver des trouver des solutions afin d’éviter un bris de service si une pharmacie devait fermer ses portes.

« La priorité, c’est la santé des gens et d’éviter les bris de service », insiste M. Trottier.

Mercredi, un travailleur du Pharmaprix situé sur le boulevard de Portland a reçu un résultat positif suite à un test pour la COVID-19.

Dès que le cas a été confirmé, l’établissement a été fermé et désinfecté au complet. Le magasin a rouvert ses portes dès jeudi.

Toutefois, chaque cas positif dans une pharmacie pourrait amener des situations et des réactions différentes en fonction de plusieurs facteurs.


« La situation est réévaluée chaque semaine, selon l’évolution de la situation. »
Jean-Luc Trottier

Des solutions propres à chaque pharmacie

En attendant, chaque pharmacie trouve ses propres solutions en fonctions de sa localisation, de sa superficie, de sa clientèle et des inquiétudes de leurs équipes respectives.

« La situation est réévaluée chaque semaine, selon l’évolution de la situation », fait savoir M. Trottier.

Dans la dernière semaine, certains pharmaciens se sont élevés contre les comportements dérangeants de certains clients. « Crise de bacon » couché par terre, patients qui s’interposent entre un pharmacien et un client en consultation, non-respect des consignées demandées à l’entrée de la pharmacie ne sont que quelques-uns des exemples décriés par les pharmaciens.

« Ces situations sont en train de se calmer un peu. Vous savez, comme dans toute crise, il y a des étapes : choc, déni, colère et finalement acceptation. Je crois qu’on est collectivement en train d’arriver à l’acceptation de la situation », indique Bertrand Bolduc de l’Ordre des pharmaciens.

Jean-Luc Trottier le confirme : « La distanciation sociale s’accepte, c’est rendu universel, partout, et les gens le réalisent. En même temps, même si on n’a pas à se faire crier dessus, on peut aussi comprendre que certains de nos patients vivent plus de frustrations que d’habitude. On sait que certaines personnes vivent la situation plus difficilement que d’autres ».