Les dentistes s’en tiennent aux urgences

L’Ordre des dentistes du Québec a émis, dimanche soir, une ordonnance demandant à ses membres de ne traiter que les urgences pour l’instant, une décision qui est bien reçue dans les centres dentaires du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Marie-Josée Cimon, gestionnaire de la Clinique dentaire Lajoie, indique que le personnel avait déjà pris les devants dimanche matin. « On a pris la décision nous-mêmes d’appeler les patients pour savoir s’ils voulaient conserver leur rendez-vous ou le déplacer. On s’assurait qu’ils n’avaient pas de symptômes grippaux et qu’ils n’avaient pas voyagé ni été en contact avec des gens qui arrivaient de voyage. »

À la suite de la demande de l’Ordre, tous les rendez-vous pris jusqu’au 31 mars ont été déplacés. La situation sera réévaluée dans deux semaines. Marie-Josée Cimon rappelle que l’aseptisation n’est pas un processus nouveau pour les centres dentaires, mais elle mentionne que des procédures supplémentaires sont suivies.

 « Lorsque le patient arrive, on lui demande de se laver les mains. On a enlevé les Crocs dans la salle d’attente et on donne des pantoufles bleues jetables à la place. On a enlevé des chaises pour maintenir une bonne distance entre les patients. On a aussi enlevé tout ce qui est dans la salle d’attente, donc la machine à café, la machine à eau, les jeux », énumère-t-elle.

Pour le moment, les dentistes évalueront les patients au téléphone afin de déterminer s’il s’agit d’une urgence ou non. 

« On est d’accord avec les mesures, ajoute Mme Cimon, parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir. On ne veut pas se ramasser comme certains endroits dans le monde. Alors, si on peut ralentir la propagation du virus, on sera fiers de nous. »

Gestionnaire de la Clinique dentaire Beaumont, Michaud et associés, à Alma, Josée Tremblay a pris la décision d’annuler les rendez-vous pour le moment. « Vu qu’on ne sait pas la durée de la chose, on laisse tout ça de côté, plutôt que de tout déplacer à nouveau dans deux semaines », justifie Mme Tremblay.

Elle ajoute pouvoir compter sur la compréhension du public. « Les patients sont hyper compréhensifs. On dit qu’on va les rappeler quand la situation va être réglée. »

Comme Marie-Josée Cimon, Josée Tremblay précise que des questions d’usage sont posées aux patients vus en urgence.

Nécessairement, la situation entraîne des coupes temporaires de personnel. « La majorité de mon personnel va être sur le chômage pour les deux prochaines semaines, raconte Mme Tremblay. On annule tous les examens et les nettoyages. Ça inclut nécessairement toutes les hygiénistes dentaires. On est à horaire réduit, donc j’ai moins besoin de secrétaires et j’ai seulement un dentiste par jour. Tout mon personnel est affecté. »