Les mesures de sécurité dans les alumineries vont grimper d’un cran. Les travailleurs pourraient devoir porter des gants, un masque et des lunettes de sécurité dans les prochains jours.
Les mesures de sécurité dans les alumineries vont grimper d’un cran. Les travailleurs pourraient devoir porter des gants, un masque et des lunettes de sécurité dans les prochains jours.

Les alumineries ne ferment pas

Les alumineries ne fermeront finalement pas leurs portes, mais devront réduire leurs activités au « minimum ».

Le gouvernement Legault a intégré la production de l’aluminium dans sa liste de services essentiels, quelques heures après avoir annoncé l’arrêt des alumineries dans son point de presse quotidien, lundi après-midi.

« Une entreprise qui fait de l’aluminium, des autos, des avions, ça va être fermée », a affirmé le premier ministre, questionné sur le type d’entreprises qui devaient fermer ses portes à partir de minuit mardi.

Cette sortie avait pris par surprise toute l’industrie de l’aluminium. Parce que la fermeture de cuves implique d’importants délais et coûts. Les cuves d’aluminium en fusion doivent être opérées sur une base continue, afin d’éviter que le métal ne durcisse dans celles-ci. Une fermeture peut prendre quelques semaines à préparer. Et une réouverture aussi, avec des coûts pouvant dépasser les quelques dizaines de millions de dollars. « Si les usines ferment, certaines ne rouvriront pas », ont craint des employés joints par Le Quotidien. Ces derniers faisaient référence au Complexe Arvida, lequel possède de plus vieilles installations qu’à Alma.

Après avoir discuté avec l’industrie, lundi après-midi, le gouvernement a reconnu le caractère stratégique de l’industrie de l’aluminium primaire. L’Association de l’aluminium du Canada (AAC), qui représente Alcoa, Alouette et Rio Tinto, a assuré que ces entreprises allaient suspendre les activités jugées non essentielles au maintien de ses opérations.

« Le maintien de nos activités essentielles se fera en appliquant les meilleures pratiques d’hygiène dans les circonstances et l’ensemble des recommandations de la santé publique, afin d’assurer à nos employés et à leur famille un environnement de travail sécuritaire à tout moment. Cette contribution à l’effort national n’est pas sans conséquences pour notre secteur, mais nous nous devons, comme tous les Québécois, de mettre l’épaule à la roue afin de limiter les impacts de cette crise », a fait savoir l’association, par l’entremise d’un communiqué de presse.

En effet, les mesures de sécurité vont grimper d’un cran. Les travailleurs pourraient devoir porter des gants, un masque et des lunettes de sécurité dans les prochains jours.

Il a toutefois été impossible de savoir quelles activités allaient être mises de côté par Rio Tinto et combien d’employés pourraient être en congé forcé au cours des trois prochaines semaines. L’entreprise n’était pas en mesure de dire ce que ça représentait de réduire au « minimum » ses activités.

L’industrie de l’aluminium primaire emploie 8000 personnes au Québec, dont 3500 au Saguenay–Lac-Saint-Jean.