L'«épidémie» de lingettes, une menace pour les égouts du Québec

Contrairement à plusieurs municipalités aux prises avec un afflux de lingettes désinfectantes dans les égouts — ce qui cause des bouchons — la Ville de Québec ne constate pas de problématique particulière liée à la pandémie : lingettes ou pas, nous jetons tellement n’importe quoi dans les toilettes que les obstructions sont fréquentes.

Les populaires petites serviettes de nettoyage apparaissent régulièrement dans l’actualité depuis le début de l’année. Surtout depuis mars, quand le Québec s’est replié pour affronter le coronavirus SARS-CoV-2 (qui cause la COVID-19).

On ne célèbre toutefois pas leurs vertus nettoyantes. Généralement, des gestionnaires municipaux implorent plutôt leurs concitoyens de les jeter à la poubelle, pas à la cuvette. C’est que les lingettes encombrent le réseau, surtout les pompes.

La mutuelle d’assurance des municipalités du Québec a d’ailleurs récemment diffusé un avertissement à ce sujet ; document relayé vers les citoyens par certaines mairies, dont celle de Stoneham-et-Tewkesbury. «La pandémie à laquelle nous faisons face présentement exacerbe un problème auquel les municipalités devaient déjà faire face, celui des lingettes désinfectantes», écrit une conseillère en gestion des risques de la mutuelle, Claudia Latulippe. «Bien que ces lingettes humides soient très prisées pour leurs facultés antiseptiques, elles sont fibreuses et ne peuvent donc pas se désintégrer dans les conduits d’eaux usées.»

«Comme tout ce qui est jeté aux toilettes se retrouve nécessairement dans le réseau d’égouts, les lingettes peuvent obstruer les tuyaux et bloquer les pompes des stations de pompage, brûlant ainsi le moteur de celles-ci.»

Ce qui inquiète la mutuelle : la facture. «Cette mauvaise habitude peut engendrer plusieurs problèmes très coûteux pour la municipalité.»

Mme Latulippe conclut donc : «Contrairement au papier de toilette, les lingettes désinfectantes ou démaquillantes, tout comme les serviettes hygiéniques et les tampons, ne se désagrègent pas dans les conduits. Ces produits n’ont tout simplement pas leur place dans la toilette et le réseau d’égout, ils sont destinés à la poubelle.»

Dans la capitale?

À Québec, cependant, les gestionnaires du réseau n’ont pas constaté plus de bris ou d’engorgement au cours des trois derniers mois. «Des pompes du réseau d’égout sont régulièrement bouchées par des matières qui ne doivent pas être jetées aux toilettes, notamment des lingettes», explique la conseillère en communication Wendy Whittom. «Il n’y a pas de différence significative en termes de blocages depuis le début de la pandémie.»

«En plus des lingettes, le gras (de cuisson ou provenant d’usines) est également une cause importante du blocage des pompes. La Ville rappelle que rien ne devrait être jeté aux toilettes et dans le réseau d’égout autre que ce qui est essentiellement destiné.»