Le premier ministre François Legault entouré du directeur national de la santé publique Horacio Arruda et de la ministre de la Santé Danielle McCann
Le premier ministre François Legault entouré du directeur national de la santé publique Horacio Arruda et de la ministre de la Santé Danielle McCann

Legault encouragé par la faible hausse des hospitalisations [VIDÉO]

Avec 636 cas de coronavirus de plus pour totaliser 8580 et maintenant 121 décès au Québec, 27 de plus que la veille, le quatrième lundi de confinement semble aussi déprimant que les autres. François Legault avait toutefois le sourire, la faible hausse des hospitalisations lui faisant espérer de meilleurs jours bientôt.

De dimanche à lundi, le nombre de malades hospitalisés au Québec à cause de la COVID-19 est passé de 525 à 533. Seulement huit de plus. Le taux d’hospitalisation descend, se rapprochant de 6 %. De ces 533, 164 sont traités aux soins intensifs, à peine 10 de plus que la veille.

«Si on avait quelques journées comme ça, on pourrait se dire qu’on approche du sommet, donc qu’on approche de la vie normale. Mais, étant donné qu’on n’est pas certains, il faut vraiment ne pas prendre de chances puis ne pas relâcher les mesures. Continuer de bien faire ce qu’on a à faire. Ça veut dire, en gros, rester à la maison le plus possible», a déclaré le premier ministre du Québec, lors de son point de presse quotidien toujours tenu dans l’immeuble voisin de son bureau et du parlement de Québec.

«De voir qu’on a une augmentation de seulement huit dans les hospitalisations aujourd’hui, c’est extraordinaire! Si on était capable d’avoir ça pendant quelques jours, ça voudrait dire qu’on s’approcherait du sommet [de la courbe de contagion]. Mais je ne veux pas spéculer. Les chiffres sont encourageants aujourd’hui, tant mieux. On espère que ça va continuer», a-t-il expliqué, à la veille de dévoiler les prévisions de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) pour les prochaines semaines.

Plus de 100 morts

La barre psychologique des 100 morts a quand même été franchie. Le décompte des corps a plus que triplé en quatre jours, passant de 36 à 121 depuis jeudi dernier.

Les 27 décès enregistrés de dimanche à lundi constituent les plus importants ravages en 24 heures chez nous depuis le début de l’épidémie.

Des 121 défunts, 106, soit 88 %, sont âgés de 70 ans ou plus, selon les chiffres de l’INSPQ, alors que ce groupe d’âge ne représente que 14 % des cas.

«On espère que ça va être le dernier mois qui sera difficile, mais le mois d’avril va être critique. Les prochains jours, les prochaines semaines vont être critiques. On va s’en souvenir longtemps de ce mois d’avril, mais il ne faut pas relâcher pendant le mois d’avril», a convenu le premier ministre Legault, faisant sien le slogan «en avril, on ne lâche pas d’un fil» pondu par son directeur des relations médias, Manuel Dionne.

Vétérinaires en renfort

Les points de presse tournent souvent autour de l’équipement de protection médical, surtout du manque.

M. Legault a décliné l’inventaire québécois des articles les plus importants, en date de lundi : six jours de blouses, 10 de masques chirurgicaux, 13 de masques N95 et 14 jours de gants.

«En fin de semaine, on a eu une cargaison du Mexique qui était très bienvenue pour nos besoins au Québec», a-t-il ajouté.

Le correspondant du Washington Post à Mexico écrivait vendredi que les manufactures mexicaines d’équipement de protection médical sont pour la plupart de propriété américaine et que la grande majorité de la production est expédiée aux États-Unis, alors que le Mexique souffre aussi d’une pénurie.

Quant aux appareils pour aider les malades les plus affectés à respirer, M. Legault et la ministre de la Santé, Danielle McCann, ont dit la semaine passée en avoir assez, même pour les pires scénarios.

Par contre, le Québec ne compte pas assez d’inhalothérapeutes pour tous les calibrer et les faire fonctionner en même temps. Le premier ministre a levé le voile sur le plan B du gouvernement, dans ce domaine.

«Un vétérinaire, il ne peut pas soigner un patient, mais il peut faire fonctionner un respirateur. Donc, on est très créatifs actuellement pour être prêts au pire. Juste vous dire ça, mais on est très chanceux au Québec d’avoir autant de respirateurs. Je connais beaucoup de nos voisins qui n’ont pas assez de respirateurs pour couvrir la pointe. Nous, on en a assez.

«Est-ce qu’on a assez d’inhalothérapeutes pour les faire fonctionner? On est en train de former... Si c’est nécessaire d’amener quelques vétérinaires qui savent comment opérer la machine, pas opérer le patient, mais opérer la machine, on n’exclut pas ça», a indiqué M. Legault, révélant un petit pan de la tonne de solutions originales nécessaires dans une situation aussi imprévue qu’imprévisible.

Jusqu’à 600 000 emplois perdus

Entre 550 000 et 600 000 emplois auraient été perdus au Québec depuis trois semaines et le début de la crise du coronavirus, aux dires du ministre du Travail, Jean Boulet. Le gouvernement Legault a donc annoncé la mise sur pied d’un autre programme pour permettre aux entreprises québécoises de survivre.

Une somme de 100 millions $ pourra être déboursée pour convaincre les compagnies de tous horizons et toutes tailles à offrir de la formation à leurs employés.


« Un vétérinaire, il ne peut pas soigner un patient, mais il peut faire fonctionner un respirateur »
Le premier ministre François Legault

Le gouvernement paiera jusqu’à 100 % des dépenses de formation et jusqu’à 25 $ de l’heure pour les salaires des employés formés, pour un maximum de 100 000 $ par compagnie.

Le ministre Jean Boulet y voit l’occasion de sauver le plus d’emplois possible. Mais aussi de faire d’une pierre deux coups et d’«assurer une organisation du travail qui soit la plus efficace, la plus concurrentielle au moment de la reprise des activités» pour nos entreprises.

Les chiffres de l’emploi et du chômage pour mars seront dévoilés vendredi, par Statistique Canada. En février, le Québec était à 4,5 % de chômage, son plus bas niveau depuis 1976.