Le maire de Lévis Gilles Lehouillier
Le maire de Lévis Gilles Lehouillier

Le maire de Lévis souhaite que le projet du troisième lien soit accéléré

La relance économique de la région de Québec au lendemain de la crise de la COVID-19 passe par la construction du troisième lien. C’est le message qu’a livré jeudi Gilles Lehouillier. Non seulement il est convaincu que le gouvernement Legault tiendra sa promesse d’aller de l’avant avec le projet avant la fin de son mandat, mais il croit même que celui-ci devrait être accéléré.

«Le troisième lien est un projet très structurant sur le plan du développement économique», a indiqué le maire de Lévis lors d’un appel-conférence. «C’est un élément de relance fondamental. Il y a également tout l’aspect du transport en commun relié au troisième lien qui est un élément assez spectaculaire qui ferait qu’enfin la région de Québec serait dotée, non seulement d’un lien routier, mais aussi d’un lien de transport en commun un peu à l’image de la grande région métropolitaine de Montréal. Le tramway est une source de relance économique sur plusieurs années, mais le troisième lien l’est aussi.

«On pense que ce projet là devrait être accéléré de façon significative. C’est un engagement ferme du gouvernement qui est plus justifié que jamais, Il fera partie des orientations que allons présenter et défendre au gouvernement», a ajouté M. Lehouillier, qui n’a cependant pas discuté récemment du projet avec le gouvernement. «Selon les indications que nous avons obtenues jusqu’à maintenant il n’y a pas de changement dans le plan de match [pour la réalisation du projet].»

Interrogé s’il craignait que l’augmentation du télétravail et la distanciation sociale à long terme puissent inciter certaines personnes à penser que la construction d’une nouvelle infrastructure routière entre Lévis et Québec ne soit pas nécessaire, M. Lehouillier a répondu que ces arguments pourraient aussi être appliqués à la construction du tramway.


« Ce qui vaut pour le troisième lien vaut aussi pour le tramway. Il ne faut pas oublier que dans le projet du troisième lien, il y a un aspect important de transport en commun. Si à cause du télétravail, il y a une remise en question du troisième lien, il faudra aussi qu’il y ait une remise en question du tramway. »
Gilles Lehouiller, maire de Lévis

Nouvelles mises à pied

La Ville de Lévis a annoncé jeudi la mise à pied de 69 employés temporaires ou contractuels affectés à des activités non-essentielles en raison de l’annulation ou du report de plusieurs activités municipales et de grands évènements. Leur contrat étant arrivé à échéance, il n’a pas été renouvelé. La Ville a aussi procédé à 24 mises à pied supplémentaires d’employés reliés à l’offre de services.

«On ne peut pas comme ville responsable réengager des gens en ne sachant pas quelles activités nous mettront de l’avant», a expliqué M. Lehouillier en parlant des 69 contractuels et temporaires mis au chômage. «Les employés seront progressivement rappelés en fonction de l’évolution des directives émises par la direction de la Santé publique et au fur et à mesure que sera mis en place le plan de rétablissement actuellement en préparation, selon les besoins et les services que l’on aura à offrir à la population.

Ces mises à pied se sont ajoutées aux 353 personnes que la Ville de Lévis avait déjà remerciées il y a presque un mois. De toutes les personnes à l’emploi de la Ville avant le début de la crise, les deux tiers sont maintenant au chômage. Le maire Lehouillier a cependant insisté : les mises à pied annoncées jeudi n’auront aucune incidence sur les services essentiels offerts par Lévis.

«Aucune autre mise à pied significative n’est prévue au cours des prochaines semaines puisque l’ensemble du personnel restant est affecté aux services essentiels et à la préparation de la relance des activités municipales.»

Permis de construction

Bonne nouvelle pour Lévis : le premier trimestre de 2020 a été excellent au niveau des demandes de permis de construction. Au 31 mars, les permis délivrés totalisaient 174 millions $ ce qui gonflera de 697 unités d’habitations le parc immobilier de Lévis. À la même date en 2019, la valeur des permis était de 123 millions $ pour 383 unités d’habitation, une hausses de 83 % au niveau des unités d’habitations pour les trois premiers mois de l’année.

«Le plan de rétablissement actuellement en préparation visera à maintenir un niveau intéressant de délivrance des permis de construction.»

Abordant la question de la situation budgétaire de Lévis en cette période de crise, M. Lehouillier a indiqué qu’elle était tout à fait «correcte et acceptable». 

«Actuellement, les principaux éléments que nous surveillons au niveau du déficit sont le transport en commun — pour le moment, nos essuyons un déficit approximatif de 259 000 $ par mois —, la baisse des amendes et des pénalités — on prévoit des pertes de 250 000 $ par mois —, la baisse des revenus de taxes et les retards dans la construction. 

«En contrepartie, nous avons réalisé des économies liées à l’annulation des activités sportives et culturelles, l’annulation des grands évènements et la révision de l’offre à l’égard de certaines activités. Actuellement, au niveau de nos marges, tout se déroule très bien. En date du 31 mars, on prévoyait que l’on pourrait résorber notre déficit par des économies. Grosso modo, on peut dire que l’enjeu sur un budget d’au-delà de 30 millions $ est de l’ordre de deux millions $.» 

Parlant de la surveillance accrue des policiers afin d’assurer la distanciation, le maire a indiqué que ceux-ci avaient dû faire 514 interventions et qu’ils avaient distribué 15 contraventions dont 11 pour la pratique d’activités illégales. Finalement, la date pour enlever les abris temporaires a été repoussée au 18 mai.

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LES CAMPS DE JOUR, TOUT UN CASSE-TÊTE POUR LÉVIS

Même si aucune date n’a été avancée concernant le retour une vie plus normale à la suite de la crise de la COVID, la Ville de Lévis travaille déjà sur un plan pour le rétablissement d’un certain nombre d’activités sur son territoire. Le choix de ces activités et la manière de les offrir dépendra des directives énoncées par le gouvernement et la Santé publique ce qui pourrait causer des maux de tête à l’administration municipale.. 

«Si on conserve la distanciation de deux mètres, la façon de donner les activités sera différente», a expliqué Gilles Lehouillier. Et compte tenu de l’exigüité de certains locaux, on n’aura peut-être pas la même capacité d’accueil. On pense aux camps de jour par exemple. On fait affaires avec les écoles. Et voyez comment elles sont configurées. Vous avez le bâtiment et vous avez une cour clôturée qui fait en sorte que c’est extrêmement difficile de respecter les distances sociales.

«À la ville de Lévis, on a au-delà de 2000 jeunes qui prennent part aux activités des camps de jour. S’ajoute le Patro qui en reçoit 1000 quelques camps privés. Ces jeunes sont réunis dans des endroits qui favorisent les rapprochements entre individus. Mais si la distanciation de deux mètres est maintenue, on n’aura plus la même capacité d’accueil. Va-t-on être en mesure de recevoir 2000 jeunes, c’est la question qu’il va falloir se poser.»

Pour faire face au problème au niveau du loisir, le maire Lehouillier dit que sa ville devra peut-être innover en mettant sur pied des activités favorisant des rassemblements moins nombreux et en utilisant au maximum ses parcs et ses espaces verts dans lesquels il sera possible de respecter les directives de distanciation. Mais avant de décider quoi que ce soit, la Ville devra d’abord connaître la position de la Santé publique. «Mais on n’a pas lancé la serviette concernant les camps de jour».

Encore des annulations

À ce jour, la Ville de Lévis a annoncé l’annulation de 25 grands évènements devant se tenir sur son territoire cet été. Le maire Lehouillier a indiqué que d’autres activités pourraient subir le même sort, soit des évènements de petite et de moyenne envergure. Elle prendra sa décision après avoir contacté les organismes reconnus devant les organiser afin d’analyser la possibilité ou non de tenir ces activités tout en respectant les directives de la Santé publique.

«Pour ce qui est des activités régulières des organismes sportifs, les ligues et les tournois, aucune décision n’a été prise. Elles le seront en fonction de l’évolution de la situation, des directives de la Santé publique et des recommandations des fédérations sportives.

«Mais c’est certain que l’on ne veut pas entrer dans une précipitation de retour aux incontrôlé aux activités.»

La Ville de Lévis a fait un clin d’œil au milieu culturel en mettant en place des mesures pour ses artistes locaux pour assurer la diffusion des arts, des lettres et du patrimoine sous différentes formes en déployant une offre de services numériques.

«Certaines activités qui devaient avoir lieu ont été transformées en activités numériques. Par exemple, on offre souvent au début de la saison estivale une série de spectacles comme le Théâtre ambulant, Les mercredis courant-d‘air, Les matinées classiques, des èvènements qui rejoignent 6000 personnes. Ces spectacles seront diffusés de manière virtuelle. Et en plus de son large éventail numérique, le service des bibliothèque offrira des activités de médiation culturelle diffusées notamment sur la page Facebook des bibliothèques de Lévis.

«Finalement le symposium du grand rassemblement Village en Arts, qui a lieu à chaque année à Saint-Nicolas, sera présenté en format virtuel. La plate-forme web accueillera une galerie virtuelle des artistes qui vont participer à la prochaine édition. Ceux-ci pourront également vendre en ligne leurs œuvres d’art.»

M. Lehouillier a conclu en disant la version des rendez-vous culturels de l’été sera uniquement éditée en version électronique et qu’elle sera diffusée sur le site internet de la Ville. «On veut faire la promotion de toutes les activités culturelles numériques qui pourraient divertir la population lévisienne. L’idée est de maintenir une partie de l’offre culturelle en axant surtout nos interventions sur nos artistes locaux.» Jean-François Tardif