Maé a profité du confinement pour pratiquer ses talents de maquillage avec son frère, Éli.
Maé a profité du confinement pour pratiquer ses talents de maquillage avec son frère, Éli.

Le confinement vécu par les enfants

Alors que les mesures gouvernementales de distanciation sociale ont forcé la fermeture temporaire des écoles et des garderies, de nombreux enfants s’ennuient. Même si certains aiment rester à la maison, plusieurs préféreraient retrouver leurs camarades de classe et leur enseignant afin de revenir dans leur routine habituelle. D’autres ressentent également de l’anxiété face à la propagation de virus.

Coralie, petite fille de 9 ans, n’aime pas du tout le confinement. Même si elle profite des journées de congé forcé pour faire un peu de bicyclette, elle s’ennuie beaucoup de l’école. « J’aime ça aller à l’école moi et je m’ennuie parce que j’aime toutes les matières. Une chance que je continue à apprendre des choses sur l’ordinateur. »

Coralie a hâte de retourner à l’école.

Cependant, la situation est différente lorsque les exercices n’impliquent pas la technologie. Selon Dominik Champagne, sa maman, le plus difficile est de poursuivre l’apprentissage de l’écriture. « Je trouve que trop d’écrans provoquent une certaine dépendance et ils permettent une facilité que l’écriture ne donne pas. »

Pour Éli, jeune garçon également âgé de 9 ans, le plus difficile est de ne pas voir ses amis. « Je sais qu’il faut respecter les consignes demandées, mais je trouve ça plate de ne pas aller à l’école pour voir mes amis. »

Toutefois, même s’il s’ennuie de ses camarades de classe, il réussit à s’occuper. « On fait nos devoirs à la maison. Maman est professeure donc c’est beaucoup ‘‘aidant’’. J’ai aussi commencé un projet de construction de tipi et de cabane. »

Éli doit rester à son domicile avec sa mère, mais aussi avec son beau-père, sa petite sœur âgée de moins d’un an et sa sœur de 7 ans, Maé. Pour elle, ne pas pouvoir faire d’activités ailleurs qu’à la maison n’est pas facile. « Nous les enfants, on n’a même pas le droit d’aller à l’épicerie. Le plus difficile, c’est qu’on est cinq à la maison et qu’on ne peut pas faire d’activités ailleurs. »

Louis-Félix, Charles-Émile et Ann-Sophie ont créé une affiche pour encourager les travailleurs essentiels.

La petite fille ressent aussi une crainte face à la propagation du virus. « J’ai peur que mamie, papi, grand-maman et grand-papa l’attrapent, parce que c’est plus dangereux pour eux. Mais je sais qu’on va s’en sortir. »

Le stress de la maladie

L’anxiété que les personnes plus âgées dans l’entourage des enfants attrapent la COVID-19 est également présente pour Louis-Félix, 10 ans. « Je me sens un peu stressé parce que j’ai peur que mes grands-parents l’attrapent », a-t-il affirmé.

L’importance de la solidarité a été mentionnée par son demi-frère, Charles-Émile, 12 ans. « Ma soeur et moi avons créé une affiche pour mettre dans le bureau de notre mère, qui travaille dans le milieu de la santé. C’est important d’encourager les travailleurs essentiels. »

Travaillant dans le milieu scolaire, Claudie, la maman d’Éli et Maé, est souvent témoin de l’anxiété que vivent plusieurs jeunes. « Les enfants sont souvent anxieux puisqu’ils doivent constamment performer dans une période de temps limité. Pendant le confinement, le temps s’arrête. Même si j’ai choisi de poursuivre l’école à la maison, la notion d’être en retard et de devoir se dépêcher n’existe plus. »

Maé et Éli ont plusieurs projets à accomplir pendant le confinement. 

Importance du cadre de l’école et de la garderie

Plusieurs parents ont aussi évoqué l’importance du cadre qu’offrent l’école et la garderie aux enfants. Il est difficile de reproduire la même stabilité pendant le confinement. Même si Claudie a réussi à recréer un certain cadre scolaire tout en gardant une routine, elle est consciente que ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent se retrouver dans une situation aussi optimale.

« Même si j’étais déjà habituée de fonctionner avec un horaire précis étant donné que je suis enseignante, je peux facilement m’imaginer que ce peut être difficile pour un parent qui n’est pas habitué au modèle scolaire et qui doit en plus travailler », a-t-elle mentionné.