Le CIUSSS impose de nouvelles mesures de contrôle de la santé à son personnel

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean met en place de nouvelles mesures de contrôle de la santé de son personnel afin d’éviter autant que possible que des personnes infectées par le coronavirus n’introduisent la maladie sans le vouloir dans ses différents établissements.

Depuis 16 h mercredi, chaque employé qui entre dans l’un des établissements de la région devra se soumettre à une vérification de sa température et répondre à certaines questions. Il s’agit, selon le directeur de la Santé publique, Donald Aubin, d’une mesure préventive ayant pour but d’assurer un plus grand contrôle sur la propagation d’un virus qui semble particulièrement efficace pour se diffuser dans le milieu de la santé.

« On en apprend chaque jour », a insisté le médecin. Il est maintenant assuré que ce virus peut contaminer une personne pendant une période de 24 heures. Il y a aussi des personnes qui ne développent aucun symptôme et qui transmettent la maladie sans le savoir.

En réponse à la volonté du premier ministre François Legault et de la ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann, le CIUSS va déployer dans les prochains jours une nouvelle stratégie de gestion du personnel.

Dans la mesure du possible, tout sera mis en oeuvre pour éviter que du personnel puisse se promener. À titre d’exemple, samedi dernier, un préposé aux bénéficiaires a fait un quart de travail de jour au CHSLD de la Colline et s’est rendu pour un quart de soir au CHSLD des Pensées de Jonquière. À La Baie, des infirmières auxiliaires ont traité des résidents de la Villa Saint-Alexis, alors qu’il y avait des cas de COVID-19 suspectés et elles ont été réaffectées quelques jours plus tard à l’hôpital de La Baie ou dans les services à domicile.

En plus de limiter le travail sur plusieurs sites, le CIUSSS va affecter le même personnel aux zones chaudes d’un établissement. C’est donc dire que les personnes qui traitent les cas de COVID-19 dans la zone infectée du CHSLD de la Colline devront demeurer auprès de ces personnes. Ces mesures visent à éviter de contaminer d’autres résidents.

Le CIUSS va puiser dans le personnel qui est habituellement en service en milieu hospitalier. En ce moment, un peu plus de 200 lits ont été fermés en soins de courte durée pour absorber les patients de la COVID-19 et il n’y a pas encore d’hospitalisation dans la région. Par contre, le CIUSSS doit aussi soustraire de ses effectifs 100 infirmières et préposées aux bénéficiaires enceintes, selon la directive ministérielle. À ce nombre il faut ajouter le personnel retiré des différents services par mesure de protection ainsi que la pénurie de main-d’oeuvre qui sévissait avant le début de la pandémie.

La ministre a de plus demandé aux directions des CIUSSS du Québec de venir en aide aux résidences de personnes âgées privées pour éviter que le coronavirus s’infiltre dans ces milieux de vie. Il s’agit des résidences du type de celle de la Villa Saint-Alexis de La Baie, incluant les infirmeries des congrégations religieuses.

Le directeur de la Santé publique a expliqué que la région comptait 94 résidences pour personnes âgées. Chacune des résidences sera contactée par le CIUSSS. Du matériel de protection sera également distribué pour permettre aux résidences de faire face aux premiers moments d’une éclosion et ainsi limiter la contagion.

Il y a cependant un monde entre ce que la ministre demande au CIUSSS de mettre en place dans les résidences privées et la réalité. Encore hier, le CIUSSS a informé la copropriétaire de la Villa St-Alexis de La Baie, Véronique Bouchard, qui doit gérer une éclosion, qu’elle n’aurait pas de personnel puisque l’objectif est de rendre les résidences privées autonomes.

« On m’a apporté des pansements pour que mon infirmière auxiliaire fasse les changements puisque le personnel du service à domicile du CLSC de La Baie est toujours tenu de ne pas venir à la Villa Saint-Alexis. On aimerait au moins avoir une formation sur le port des équipements de sécurité et une infirmière qui pourrait analyser les signes vitaux qu’on nous demande de prendre. On a aussi fait une recommandation sur l’emballage des desserts que nous passons aux résidents dans les cabarets », a expliqué Mme Bouchard.

Une nouvelle rencontre doit avoir lieu aujourd’hui. Mme Bouchard affirme n’avoir besoin que d’une infirmière et d’un ou deux préposés pour quelques jours. Elle aimerait bien embaucher une infirmière auxiliaire, mais c’est impossible en ce moment.

La situation est aussi sérieuse dans la communauté religieuse qui doit maintenir des soins à des personnes très âgées dans un contexte d’éclosion. C’est à cet endroit qu’une infirmière auxiliaire a fait un quart de travail de 20 heures en raison du manque de personnel.