En Outaouais, on compte 897 entreprises bioalimentaires réparties dans plusieurs secteurs d’activités.

Le bioalimentaire face à la crise de la COVID-19

La Table de concertation bioalimentaire de l’Outaouais (TCBO), à l’instar des autres Tables de concertation bioalimentaire du Québec, appelle la population à prioriser les produits locaux en ces temps de pandémie du coronavirus.

«Continuons à soutenir nos entreprises locales, continuons à acheter leurs produits. Il faudra peut-être changer la façon dont on achète ceux-ci, mais soutenons-les», affirme sans détour la directrice générale de la TCBO, Geneviève Grossenbacher.

C’est toute la chaîne de production, de transformation et de distribution du bioalimentaire qui est frappée de plein fouet par la crise de la COVID-19, note la directrice générale de la TCBO. 

En Outaouais, on compte 897 entreprises bioalimentaires réparties dans plusieurs secteurs d’activités, dont celui de l’agriculture. Le commerce de détail et le domaine de la restauration regroupent ensemble 82% des emplois du secteur bioalimentaire de la région et soutiennent plus de 64% du Produit intérieur brut bioalimentaire de l’Outaouais, selon les données de la TCBO.

La crise génère actuellement plusieurs craintes pour ces entreprises, mentionne Mme Grossenbacher. «Nous ne sommes pas sûrs encore si on pourra toujours continuer à traverser du côté de l’Ontario. Il y a un grand pourcentage de fermes de l’Outaouais qui font déjà la mise en marché de proximité, mais qui dépendent à plus de 50% du marché d’Ottawa. Il y a encore beaucoup d’incertitudes, mais en même temps, on voit émerger des choses. Les agriculteurs qui sont du style mini-marché sont en train de se réorienter vers des paniers préemballés. Les distributeurs locaux essaient de faire des liens directs avec les producteurs d’ici. On voit des initiatives comme le Domaine de L’Ange-Gardien qui offre maintenant un service de traiteur. Il y a de belles opportunités qui sont créées», explique-t-elle.


« On étudie autant le scénario que les marchés publics puissent être fermés que le scénario inverse. »
Geneviève Grossenbacher

Les modèles de vente et de distribution des produits ici devront inévitablement être revus dans les prochaines semaines, alors que la pandémie risque de perdurer dans le temps. 

L’avenir immédiat des marchés publics est par exemple en suspens. En Outaouais, on en compte 12 au total. Ce sont 105 producteurs de la région qui vendent leurs produits dans ces points de vente. 

«On étudie autant le scénario que les marchés publics puissent être fermés que le scénario inverse», souligne Mme Grossenbacher. Des pistes pour maintenir ces points de vente importants pour les fermiers de la région sont présentement analysées par la TCBO.

«On peut mettre des stations de lavage dans les marchés publics, précise Mme Grossenbacher. On peut permettre des files d’attente en exigeant une distance de deux mètres entre les gens et on peut exiger le paiement sans contact par carte de crédit ou Interac. Si on ferme les marchés publics, est-ce que ces sites pourraient devenir des points de distribution? Est-ce qu’on oriente les producteurs vers d’autres sources comme la distribution à domicile ou des plateformes en ligne? Ce sont toutes des idées qu’on regarde.»

À cet égard, les TCBQ travaillent présentement avec un développeur dans le but de déployer une interface en ligne qui permettrait aux fermiers d’être en contact directement avec leurs clients pour faire des commandes, produire des rapports de commande et s’intégrer à la comptabilité. 

Malgré le nuage gris provoqué par la COVID-19, il y a de l’espoir pour la suite, selon Mme Grossenbacher, mais les gens de l’Outaouais doivent «acheter local», insiste-t-elle.

«Si tout le monde se réoriente rapidement, on va arriver comme secteur à s’en sortir, mais déjà, les entreprises innovent et c’est incroyable de voir leur temps de réponse.»