Deux pilotes aux commandes d’un avion-cargo CC-177 Globemaster de l’Aviation royale canadienne.
Deux pilotes aux commandes d’un avion-cargo CC-177 Globemaster de l’Aviation royale canadienne.

L’Aviation royale canadienne lance un appel dans Facebook pour réenrôler ses anciens pilotes

Fait inusité, l’Aviation royale canadienne (ARC) lance un appel dans Facebook pour enrôler certains de ses anciens pilotes qui ont pris leur retraite au cours des dernières années. Rien à voir avec la crise sanitaire attribuable à la COVID-19, mais cette publication fait partie de l’effort pour regarnir les rangs de l’ARC.

On n’aurait probablement pas vu une telle initiative, il y a 15 ou 20 ans. À cette époque, la maxime «beaucoup d’appelés, peu d’élus» s’appliquait pour qualifier la carrière de pilote au sein des Forces armées canadiennes. La publication dans Facebook s’ajoute à l’initiative lancée l’année dernière, appelée opération Expérience. «Celle-ci prescrit aux Forces armées canadiennes de prendre immédiatement des mesures afin de stabiliser et d’accroître rapidement le niveau d’expérience des pilotes. Ces mesures s’inscrivent dans un plan d’action plus large à l’échelle de l’ARC, l’opération Talent», peut-on lire dans une déclaration du lieutenant-général Al Meinzinger, commandant de l’ARC, datée du 10 juin 2019.

Des publications, comme celle de la page Facebook de l’ARC, n’ont pas été vues dans les pages de l’Armée canadienne et de la Marine canadienne. Est-ce que les besoins sont plus criants dans les rangs des pilotes de l’ARC? «Cette initiative de réenrôlement, telle que publiée sur Facebook, est unique à l’ARC en raison du type de personnel qualifié que nous recherchons [c’est-à-dire d’anciens pilotes et du personnel provenant de métiers spécialisés de l’aviation, qui sont propres à la Force aérienne]», répond lieutenant Nora Amrane, officier des affaires publiques responsable des communications en ce qui a trait à l’ARC. «Nous ne suggérons pas que nos besoins soient plus importants que ceux de la Marine ou de l’Armée, ils sont simplement différents. Notre manque de personnel qualifié, en particulier de pilotes et les spécialistes de l’entretien, est bien connue depuis un certain temps.»

L’ARC a-t-elle besoin de plus de pilotes d’avion de chasse, de transport ou de recherche et sauvetage? D’hélicoptères? Des instructeurs? «Il n’y a pas de spécification à ce sujet, nous encourageons tous les pilotes intéressés à se réenrôler», ajoute l’officier d’affaires publiques. «Nombre de nos anciens pilotes sont hautement qualifiés et peuvent apporter une valeur ajoutée importante à l’organisation dans de nombreux métiers, que ce soit en tant que pilote, instructeur ou membre du personnel.»

La campagne sur Facebook a tout de même porté fruit, selon les réponses de Mme Amrane. «Depuis cette campagne, l’équipe d’attraction et de liaison de la Force aérienne [EALFA] a été en contact avec 26 personnes, dont quelques une ont entamé le processus d’application. Il est important de noter qu’il n’y a aucune garantie que toutes les personnes qui contactent l’EALFA décident de se réenrôler», dit-elle en précisant que le processus est «continu depuis plusieurs années, et compte en moyenne 40 à 50 retours dans la Force régulière chaque année».