L’ex-maire de La Baie, Claude Richard, voit certaines ressemblances entre la crise actuelle du COVID-19 et le déluge de 1996.

L'ancien maire de La Baie lance un appel à la collaboration

S’il se trouve un seul aîné dans la région qui suivra les consignes du gouvernement de demeurer en isolement volontaire, ça sera l’ex-maire de La Baie, Claude Richard. Il comprend mieux que quiconque l’importance de la collaboration des citoyens pour faciliter le travail de ceux et celles qui ont à gérer une crise de l’ampleur de celle que l’on traverse.

« Le premier ministre a demandé aux personnes de 70 ans et plus de demeurer à la maison. Il faut écouter ses directives. Premièrement, on peut se rendre malade et on risque de rendre d’autres personnes malades. Il faut cesser de penser à nous, et penser à la collectivité », a déclaré au Progrès l’ancien politicien qui suit de près l’évolution de la situation et la gestion de la pandémie par les autorités.

Celui qui est vite apparu comme un gestionnaire hors norme pendant les inondations de 1996 au Saguenay a, de la même façon que le premier ministre François Legault, eu à composer avec la résistance de certains groupes qui refusaient systématiquement de respecter les directives des autorités. Il s’agissait de citoyens de La Baie coupés des services d’urgence et qui s’entêtaient à demeurer dans un milieu jugé dangereux sans égout ni eau courante pour la grande majorité.

Vaincre les récalcitrants

Cette situation pendant le déluge de La Baie avait mobilisé le temps des responsables des mesures d’urgence qui cherchaient par tous les moyens à assurer une sécurité dans une zone isolée atteignable uniquement en bateau.

« C’est vrai que cette résistance constitue une préoccupation quand on a à prendre des décisions. On tente de convaincre les gens pour qu’ils agissent de façon volontaire. On revient à la charge et un bon jour, on doit mettre le poing sur la table. Dans notre cas, nous les avons informés qu’ils faisaient le choix de demeurer où ils étaient et qu’ils allaient en assumer les conséquences si jamais il y avait des problèmes. On ne peut pas faire autrement », se rappelle Claude Richard.

Mais malgré le poing sur la table et l’avertissement, l’ex-maire admet qu’il a toujours eu en tête que les autorités municipales auraient quand même mené les interventions nécessaires pour porter secours à ces irrésistibles qui, comme c’est encore le cas aujourd’hui avec un certain groupe de personnes âgées, se faisaient une gloire de résister aux autorités.

« On a beau dire aux gens qu’ils vont devoir accepter les conséquences de leurs décisions, on ne le pense pas vraiment et on sait qu’il faudra intervenir et mobiliser des efforts alors qu’on a beaucoup d’autres choses à faire. »

Claude Richard questionne aujourd’hui ses concitoyens qui devraient suivre la consigne du gouvernement du Québec de s’isoler pour se protéger, mais qui choisissent malgré tout de fréquenter des endroits publics.

« On le sait que ça dérange nos habitudes. C’est agréable de sortir. On a toujours une petite commission à faire. C’est le cas pour tout le monde. Ça serait plaisant d’aller au centre d’achat l’après-midi, mais à la fin de la journée, qu’est-ce que ça va donner dans la situation où nous sommes ? Seulement de risquer de tomber malade et alourdir le travail de ceux qui vont en avoir beaucoup à faire. »

L’ex-maire voit dans ces comportements un changement fondamental dans la société et espère que les événements que nous vivons en ce moment vont amener une réflexion sur le sens de la communauté. Les personnes qui refusent de se plier aux consignes de sécurité traduisent, selon lui, le « pour nous et tout de suite ». « Aujourd’hui ont veut tout pour nous et c’est uniquement ce qui compte. On le veut tout de suite. On devrait penser un peu plus aux autres dans les circonstances. »

Il invite donc les personnes visées par les consignes émises par le premier ministre du Québec, plus spécifiquement les aînés, à adopter un comportement citoyen pour permettre à l’ensemble de la collectivité de traverser cette crise avec le moins de dommages possible.

Invité à analyser la façon dont le gouvernement se comporte face à cette pandémie, Claude Richard lui accorde pratiquement la note parfaite. Il juge que les citoyens sont informés tous les jours. « La communication est aujourd’hui le nerf de la guerre et comme ce fut le cas lors du verglas, le premier ministre François Legault communique très bien avec la population. Même pendant le déluge, nous avions un très bon appui du gouvernement. »

Si le gouvernement communique bien et que l’information constitue le nerf de la guerre, Claude Richard a demandé à l’auteur de ces lignes de se comporter avec prudence et de travailler au téléphone. « Les médias sont vraiment importants dans une situation comme celle que nous vivons », a-t-il conclu.