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La zone rouge guette le Saguenay-Lac-Saint-Jean

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
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La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait repasser en zone rouge si le niveau de propagation de la COVID-19 ne fléchit pas sérieusement d’ici la fin de semaine. La Santé publique veut éviter à tout prix de retourner dans la même situation que celle qui a ébranlé le réseau de la santé avant les Fêtes.

« Nous ne laisserons pas les choses aller et si nous n’avons pas le choix, nous allons passer en zone rouge », a déclaré le directeur régional de la santé publique, Donald Aubin. Malgré l’explosion des cas survenue dans le secteur Roberval-Mashteuiatsh au cours de la dernière semaine, et de façon concentrée à La Baie, Donald Aubin affirme que le coronavirus circule un peu partout dans la région et que les mesures de distanciation sociale sont toujours aussi importantes.


« On a eu deux bons incendies aux extrémités de la région. Mais nous avons aussi une multitude de petites éclosions. On ne parle pas d’une troisième vague, mais la région pourrait connaître une augmentation des cas »
Donal Aubin

Pour éviter de replonger l’ensemble de la région en zone rouge, et surtout freiner la propagation du virus, la Santé publique a procédé jeudi et vendredi à des opérations massives de dépistage dans les secteurs les plus chauds. Ces campagnes localisées ont provoqué la montée spectaculaire du nombre de cas recensés pendant la fin de semaine.

« On s’attendait à ce que les chiffres augmentent. Maintenant, il faut qu’ils diminuent. Nous avons isolé beaucoup plus de monde que ce que nous faisions pour freiner la circulation. On attend de voir les résultats sur quelques jours. On sait que les gens sont tannés et je l’ai vu en fin de semaine qu’ils faisaient moins attention. Après un an, c’est normal, mais c’est le seul moyen », reprend le médecin, qui rappelle que le nombre de cas est passé de 54 samedi à 34 pour le dernier relevé.

La Santé publique ne prévoit pas plus de concentrer la vaccination dans ces secteurs plus chauds, tout comme il est hors de question de restreindre les mouvements des personnes dans la région. La carte sur les déplacements des populations confirme une très grande circulation entre les différents secteurs de la région pour des raisons essentielles. Des mesures de ce genre ne permettraient pas d’éviter la propagation.

Un retard dans la vaccination 

La vaccination ne couvre pas assez de population pour le moment pour constituer une barrière efficace contre la transmission communautaire. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean accuse un retard par rapport à la moyenne provinciale. Pour l’ensemble du Québec, le taux de couverture est de 11,4 % de la population, contre 9,8 % dans la région.

La comparaison est encore plus marquée pour le retard avec les régions de la Mauricie-Centre-du-Québec et la Côte-Nord. Sur la Côte-Nord, la progression de la vaccination s’explique par la décision de la Santé publique d’intervenir massivement sur la Basse-Côte-Nord.

« Je suis également directeur de la santé publique pour la Côte-Nord et nous avons décidé d’envoyer des vaccins pour tout le monde sur la Basse-Côte-Nord. Ce sont des endroits isolés et il est difficile de recevoir des soins dans ces zones », justifie Donald Aubin.

La Mauricie a également été dans l’obligation de concentrer des opérations de vaccination dans plusieurs secteurs isolés. Ce sont ces décisions, tout comme c’est le cas pour Montréal, qui ont créé cette différence entre les taux de couverture vaccinale d’une région à l’autre.

Le CIUSSS a été en mesure de vacciner pas moins de 2600 personnes dans une seule journée, vendredi dernier. Donald Aubin estime qu’il sera possible de vacciner encore plus de monde quand les doses seront disponibles. Il sait que les vaccins Pfizer vont arriver en plus grande quantité dans les prochaines semaines, mais n’est pas en mesure de s’avancer sur les vaccins remis au Canada par les États-Unis du fabricant AstraZeneca.

La disponibilité des vaccins et les journées d’arrivage ont fait en sorte que des personnes de 80 ans et plus seront vaccinées à la fin avril alors que des personnes de 70 ans auront été vaccinées. Il est impossible de corriger cette situation qui obligerait à refaire les horaires déjà confirmés par le système de rendez-vous.