Le Canada a certes constaté une hausse des pénuries de médicaments ces derniers temps, mais celles-ci ne sont pas devenues critiques comme certains professionnels de la santé le craignaient.
Le Canada a certes constaté une hausse des pénuries de médicaments ces derniers temps, mais celles-ci ne sont pas devenues critiques comme certains professionnels de la santé le craignaient.

La pandémie cause toujours une pénurie de médicaments au Canada [VIDÉO]

OTTAWA - L’Association des pharmaciens du Canada a déclaré que les pénuries de médicaments signifient que les pharmacies reçoivent des commandes incomplètes des manufacturiers, les forçant ainsi à s’ajuster en temps réel. 

L’association a lancé un premier cri d’alarme quant aux pénuries de médicaments au début du mois de mars, alors que les chaînes d’approvisionnement étaient affectées par la pandémie de COVID-19 en Chine.

Le Canada a certes constaté une hausse des pénuries ces derniers temps, mais celles-ci ne sont pas devenues critiques comme certains professionnels de la santé le craignaient.

«Ils (les pharmaciens) ont géré leurs inventaires du mieux qu’ils ont pu avec les stocks qu’ils ont, et personne ne manquera de médicaments», a déclaré le porte-parole de l’association, Barry Power.

Médicaments de substitution

Même si cela signifie parfois d’offrir des médicaments de substitution, puisque les stocks de certains médicaments originaux sont bas, a-t-il ajouté.

Les pénuries de médicaments ne sont pas nouvelles au Canada, mais la pandémie a ajouté une pression supplémentaire sur les pharmacies. L’an dernier, l’association a souligné que les manufacturiers avaient dénombré environ cinq nouvelles pénuries par jour au Canada. Ce total est passé à 16 par jour au début du mois d’avril.

Entre-temps, Santé Canada a recensé 27 pénuries qui pourraient avoir un impact significatif sur le système de santé du pays, essentiellement en raison du manque de solutions de rechange de bonne qualité à ces médicaments. La plupart de ces médicaments sont utilisés pour traiter la COVID-19, comme des sédatifs, des analgésiques ou encore des médicaments qui sont analysés afin de développer un traitement contre le nouveau coronavirus.

Les pharmaciens ont aussi rapporté des pénuries de médicaments en vente libre comme le Pepcid, a évoqué M. Power. Une forme intraveineuse du médicament contre les brûlures d’estomac est présentement testée pour lutter contre la COVID-19. Une autre raison qui pourrait expliquer la popularité soudaine du Pepcid est le rappel récent d’un compétiteur, le Zantac, ce qui pourrait encourager les consommateurs à opter pour une alternative, a-t-il poursuivi.

Le fait que les consommateurs peuvent pratiquement tous obtenir une forme ou l’autre du médicament qu’ils convoitent serait une indication que les mesures de rationnement adoptées par les pharmacies fonctionnent, a dit M. Power.

De nombreuses pharmacies ont instauré une limite de 30 jours sur la quantité de médicaments qu’elles peuvent distribuer à la fois - une décision qui aura des conséquences pour les patients qui doivent payer plus fréquemment les frais d’ordonnance.

«Cela a limité la demande (des médicaments). Je crois donc qu’il y a eu un impact positif aux mesures adoptées pour s’assurer que les gens obtiennent les médicaments dont ils ont besoin. Ils n’ont peut-être pas obtenu les quantités souhaitées, mais au moins ils en obtiennent», a renchéri M. Power.

Plusieurs provinces ont modifié leur programme de compensation financière pour les coûts additionnels, mais d’autres ont choisi de ne pas le faire, comme l’Ontario.

D’autre part, la Colombie-Britannique et le Nouveau-Brunswick sont déjà revenus à des limites de 90 jours pour les stocks de médicaments des patients, a rappelé M. Power.

Et, tandis que la Chine s’affaire à relancer son économie, la fiabilité de la chaîne d’approvisionnement en médicaments est de nouveau en hausse. Mais elle n’est pas encore de retour à la normale, a-t-il prévenu, et c’est la raison pour laquelle l’association n’a toujours pas retiré sa recommandation d’imposer une limite pour les stocks de médicaments des patients.

«Nous ignorons ce qui se produirait si nous décidions de retourner à une limite de 90 jours, a-t-il dit. La chaîne d’approvisionnement est encore très vulnérable.»

M. Power a ajouté que l’association travaille avec Santé Canada afin de déterminer à quel moment ces mesures seront levées.