Le CHSLD Laflèche.
Le CHSLD Laflèche.

La députée Tardif réclame des inspecteurs rapidement au CHSLD Laflèche

Shawinigan — Dans une lettre envoyée jeudi par courriel au premier ministre du Québec François Legault et à la ministre responsable des Aînés Marguerite Blais, la députée de Laviolette-Saint-Maurice demande que les inspecteurs mandatés par Québec se rendent rapidement au CHSLD Laflèche de Shawinigan. Épicentre de la pandémie dans la région, 31 résidents de l’endroit sont jusqu’à maintenant décédés de la COVID-19.

Marie-Louise Tardif a écrit cette lettre dont Le Nouvelliste a obtenu copie au premier ministre «à la demande d’une infirmière et de dizaines d’employés du CHSLD Laflèche» afin de donner l’heure juste sur les conditions de travail des professionnels et les conditions de vie des résidents.

Depuis quelques jours, la députée s’entretient avec des membres du personnel d’un des CHSLD les plus touchés par la pandémie au Québec, comme l’a confirmé son bureau de circonscription. Malgré une demande d’entrevue de la part du Nouvelliste, Marie-Louise Tardif n’a pas voulu commenter l’envoi de cette lettre.

La députée mentionne dans sa missive au premier ministre qu’elle reçoit des informations contradictoires sur l’état de la situation au CHSLD Laflèche. C’est dans ces circonstances que des travailleurs de la santé se sont confiés à elle, même s’ils craignent des représailles de la part de leur employeur.

«Je parle avec la haute direction du CIUSSS et avec le président du syndicat des préposés aux bénéficiaires, mais je n’ai pas les mêmes versions», a-t-elle écrit.

«Le plus dérangeant, c’est que les nouvelles personnes envoyées depuis quelques jours sont estomaquées.»

Marie-Louise Tardif rappelle que près de 80 % des résidents ont contracté la COVID-19 et que l’établissement n’a «aucun plan de gestion d’urgence en temps de crise» et «aucune consigne de déshabillage des vêtements souillés».

La députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif.

La députée rapporte dans sa lettre plusieurs problèmes d’hygiène, dont «l’insalubrité des lieux surtout le soir et la nuit» et l’absence de préposés à l’entretien à ces moments.

«Il y a exactement les mêmes règles d’entretien et de ratio infirmiers ou préposés versus malades qu’en temps normal de travail hors crise, quand on sait que les résidents ont besoin de davantage de temps et que le personnel doit se dévêtir et se rhabiller», a-t-elle ajouté.

«Plusieurs étages sont habités par des résidents souffrant de démences, donc agressifs envers les autres résidents et envers le personnel. Ces résidents urinent par terre et ce sont les préposés qui doivent laver les planchers, car il n’y a pas de personnel d’entretien le soir et la nuit. Des poches de linges souillées restent sur le plancher pendant des jours.»

Marie-Louise Tardif mentionne aussi qu’il n’y a pas suffisamment de préposés le soir pour donner aux résidents les soins adéquats, comme de les nourrir.

Par ailleurs, devant la crainte des travailleurs de la santé de propager la contamination avec leurs vêtements, le CIUSSS MCQ fournit sur place les uniformes. Mais ceux-ci ne seraient pas du tout adéquats, rapporte la députée. «Les uniformes disponibles sont des larges et des extra larges. Les femmes doivent se monter les pantalons sous la poitrine et le bas des pantalons même roulés traîne par terre dans l’urine et la saleté», a-t-elle également écrit au premier ministre François Legault.

«Des employés qui voulaient faire de la désinfection se le sont fait interdire par leurs supérieurs. La buanderie de l’hôpital ne suffit pas. Ils craignent toujours de manquer de matériel avant la fin des (quarts). Est-ce que les buanderies externes pourraient être mises à contribution?»

Marie-Louise Tardif soutient également que l’équipement de protection n’est pas disponible en quantité suffisante. «Ils n’ont le droit qu’à deux masques bleus par quart de travail et celui-ci devient tout humide à force de respirer dedans, mais ils doivent s’en contenter», a ajouté la députée dans sa lettre.

«Un employé de mon bureau a livré trois boîtes de masques N-95 la semaine dernière et les citoyens en apportent, mais les masques ont été mis sous clef et ne leur ont pas été donnés.»