Le Complexe funéraire Carl Savard n’a pas eu à organiser des funérailles pour quelqu’un qui est décédé de la COVID-19.
Le Complexe funéraire Carl Savard n’a pas eu à organiser des funérailles pour quelqu’un qui est décédé de la COVID-19.

La délicate réalité des résidences funéraires en temps de pandémie

À l’instar de pratiquement tous les secteurs d’activités au Québec, les mesures entourant la pandémie de COVID-19 se sont atténuées dans les salons funéraires du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Alors que certains ont dû organiser des funérailles pour des personnes décédées du virus, d’autres ont néanmoins tous dû travailler dans des circonstances particulières. Étant dans un milieu où le contact humain est fréquemment nécessaire, il était difficile de toujours respecter les mesures de distanciation physique.

À l’heure actuelle, les salons funéraires doivent réorganiser les funérailles qui n’ont pas pu avoir lieu en raison de la pandémie.

« Nous devons replacer les cérémonies qui ont été mises en attente tout en gardant des plages horaires pour les défunts qui arriveront. La dynamique est très particulière avec les familles qui doivent replonger dans leurs émotions, parfois plusieurs semaines après le décès de leur proche », explique Marie-Annick Jean, directrice adjointe du Complexe funéraire Carl Savard, à Chicoutimi.

Interrogée face aux mesures sanitaires en place, Mme Jean a répondu qu’elles étaient toujours strictes, mais que les activités du complexe tendent de plus en plus vers la normale.

Les Résidences funéraires Gravel & fils de La Baie ont mis en place de nombreuses alternatives pour être en mesure de poursuivre leur rôle au fil de la pandémie.

« Nous essayons de nous adapter aux lois et aux règlements, mais nous sommes dans un domaine de coeur alors ce n’est pas toujours facile. Nous n’allions pas séparer deux personnes qui pleuraient bras dans les bras parce que leur mère était décédée, mais au niveau du public et des gens moins proches du défunt, nous leur demandions de ne pas avoir de contact physique avec la famille. Cependant, ce n’est pas toujours évident de contrôler nos faits et gestes lors de funérailles, puisque les familles ont viscéralement besoin de cet amour-là », a-t-elle ajouté.

Trouver des alternatives

Aux Résidences funéraires Gravel & fils de La Baie, plusieurs alternatives ont été réfléchies pour permettre aux familles de vivre leur deuil malgré la situation particulière qui entourait la pandémie.

« Certaines familles n’ont pas eu accès à leur être cher avant leur décès et n’ont pas pu leur dire un dernier au revoir. Nous avions des directives de la Santé publique qui nous obligeaient à procéder plus rapidement pour les personnes qui décédaient de la COVID-19, ce qui était difficile à accepter pour leurs proches. Ils comprenaient, mais ne trouvaient pas cela plus facile pour autant », explique Betsy Gravel, directrice générale.

Différents outils ont été mis en place pour aider les familles à cheminer et différentes cérémonies ont été organisées en alternance. Les célébrations virtuelles ont également permis à plusieurs personnes d’y accéder.

« Les gens qui ont de la difficulté avec leur deuil peuvent aussi contacter la ligne téléphonique axée sur la compassion et participer aux ateliers de deuil qui reprendront à l’automne », a-t-elle ajouté.