Le directeur de la Santé publique de la région, le docteur Donald Aubin
Le directeur de la Santé publique de la région, le docteur Donald Aubin

La COVID-19 menace une communauté religieuse de Chicoutimi

La présence du coronavirus a été officiellement écartée d’une résidence pour personnes âgées au Saguenay, mais le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) a été appelé à intervenir dans une communauté religieuse de Chicoutimi où une employée a obtenu un test positif à la maladie, alors que des résultats sont en attente pour une troisième résidence, également au Saguenay.

Dans le cadre du point de presse quotidien, le directeur de la Santé publique régionale, le docteur Donald Aubin, a confirmé que le CIUSSS a déployé les effectifs nécessaires pour supporter la communauté religieuse dont l’identité n’a pas été révélée. Les communautés religieuses constituent également des milieux de vie à haut risque pour la propagation du virus en raison de l’âge avancé des gens qui y habitent. Dans certains cas, il s’agit dans les faits d’établissements comparables à des CHSLD.

La Santé publique est donc toujours en attente des résultats pour deux sites où il y a un risque important de propagation de la maladie. De façon générale, la situation n’a pas changé dans la région avec 32 cas confirmés. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, toute proportion gardée, est toujours l’une des régions du Québec où la circulation du virus semble la plus lente en termes de progression.

« Il faut faire attention puisque ça peut être trompeur. On risque de mal interpréter la situation. Il ne faut pas se donner un faux confort puisqu’il y a quand même une menace qui circule », insiste le médecin, qui rappelle l’importance de respecter les consignes d’hygiène et de confinement ainsi que la distanciation entre les personnes.

L’analyse des résultats pour l’ensemble du Québec, reprend Donald Aubin, démontre que la contagion est moins rapide que dans les milieux de vie où il y a de plus fortes densités de population. Il ajoute à cette explication les décisions prises rapidement à Saguenay dès les premières heures de l’arrivée du virus avec la suspension d’activités populaires.

1432 tests dans la région

Les centres de dépistage et les professionnels de la santé ont réalisé jusqu’à maintenant 1432 tests sur l’ensemble du territoire. Il est impossible pour le moment d’obtenir le nombre de résultats en attente. Sur les 32 cas confirmés, six personnes ont été informées qu’elles avaient été guéries de la maladie.

Il n’y a toujours pas d’hospitalisation. Selon les statistiques présentées hier, 50 % des personnes testées positives sont âgées de 50 à 69 ans. Il n’y a aucune personne dont l’âge est supérieur à 80 ans et seulement trois âgées de 70 à 79 ans. Les statistiques résument bien la situation puisque le groupe d’âge majoritaire dans les tests positifs représente les personnes qui ont voyagé.

Nouveaux critères

La Santé publique apportera prochainement des modifications aux critères pour encadrer le dépistage au sein de la population. Jusqu’à maintenant, les personnes ayant voyagé et affichant des symptômes étaient dirigées vers les cliniques de dépistage. Les personnes en contact avec ces voyageurs qui avaient des symptômes étaient aussi dirigées vers les cliniques.

Selon Donald Aubin, de nouveaux critères seront déterminés et devraient permettre de mesurer de façon différente le niveau de circulation du virus. Chaque directeur de Santé publique a la possibilité d’établir les critères en fonction des particularités de la population du territoire.

La décision de fermer l’accès aux maisons de soins palliatifs aux familles a créé un certain émoi dans le milieu médical. Donald Aubin a admis jeudi qu’il y avait un enjeu en raison du caractère humanitaire de ces situations et a assuré que des mesures allaient suivre de façon à respecter la volonté des familles de vivre les dernières heures d’un proche.

Ces modalités seront évidemment basées sur les principes déjà énoncés par le gouvernement quant aux mesures de distanciation sociale et surtout la nécessité d’éviter des regroupements.