Jardins communautaires: feu vert de la santé publique, à certaines conditions

Ouvrir les jardins communautaires en temps de pandémie? Parce qu’ils auraient des impacts positifs sur la santé des jardiniers, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) n’y voit pas d’objection, pour autant que les pratiques soient adaptées afin de respecter les mesures de protection.

Dans un avis qu’il vient de publier, l’INSPQ explique que plusieurs questionnements ont émergé, notamment des directions régionales de santé publique, sur la possibilité de débuter la saison des jardins communautaires ou collectifs en respectant les mesures de distanciation physique et d’hygiène qu’impose le contexte de la COVID-19.

«De nombreux partenaires tentent de voir comment il serait possible d’ouvrir les jardins communautaires le 1er mai, date des premiers semis directs. La production plus importante commence habituellement la 2e ou 3e semaine de mai. La période de culture au Québec est de courte durée. La décision d’ouvrir les jardins mérite d’être examinée rapidement, car un report de l’ouverture peut compromettre la capacité de production pour la période estivale complète», expose l’Institut.

L’organisme estime que dans le contexte de pandémie et de demandes accrues pour l’aide alimentaire, le jardinage pourrait contribuer à améliorer l’accès aux aliments nutritifs des Québécois. Comme les Québécois n’ont pas tous accès à un espace privé leur permettant de cultiver des fruits et des légumes, il est important, selon l’INSPQ, de considérer l’ouverture des jardins communautaires dans les prochaines semaines «et de s’assurer, le cas échéant, de la mise en place des mesures de protection afin de diminuer les risques de transmission de la COVID-19 chez les jardiniers».

Impacts positifs

Selon l’Institut, plusieurs études rapportent que les jardins communautaires auraient des impacts positifs sur certains déterminants de la santé physique des jardiniers: meilleur accès aux fruits et légumes et augmentation de leur consommation, augmentation de l’activité physique, réduction du stress…

Par définition, les jardins communautaires et collectifs peuvent être des lieux de rassemblement, convient l’INSPQ. «Toutefois, croit-il, il est possible d’adapter les pratiques pour respecter les mesures de protection contre le coronavirus et permettre ainsi à la population de profiter des bienfaits des jardins durant l’été.»

La décision concernant l’ouverture d’un jardin communautaire ou collectif revient toutefois aux autorités locales, en concertation avec la direction régionale de santé publique, indique l’Institut. «La décision devra tenir compte de l’épidémiologie régionale de la COVID-19 et de la capacité d’assurer la mise en place des conditions nécessaires au respect des recommandations de distanciation et d’hygiène» formulées par l’Institut.

Parmi ces recommandations : interdire tout rassemblement et faire respecter la distanciation physique en permettant un accès restreint aux usagers inscrits, limiter le nombre d’usagers présents dans le jardin au même moment, aménager les lieux de manière à faire respecter une distance d’au moins 2 mètres en tout temps entre les individus et éviter qu’un même lot soit utilisé par plusieurs personnes (attribuer un lot spécifique par famille habitant sous le même toit).

L’INSPQ recommande également de prévoir la présence d’un employé ou d’un bénévole à l’entrée pour «contrôler les allées et venues des usagers, les diriger et superviser leur utilisation des équipements et outils». Un endroit pour que chaque usager puisse se laver les mains avec de l’eau et du savon ou avec une solution hydroalcoolique à l’entrée et à la sortie du jardin doit aussi être accessible, recommande l’organisme.

Selon l’Institut, le partage des outils de jardinage doivent être évités «autant que possible». Sinon, ceux appartenant au jardin «doivent être désinfectés avant et après chaque utilisation».

L’INSPQ recommande que les personnes de plus de 70 ans et celles atteintes de maladies chroniques ou immunosupprimées ne fréquentent pas les jardins communautaires dans le contexte actuel. Les personnes qui présentent des symptômes de la COVID-19, elles, ne doivent «en aucun cas» se présenter dans ces jardins.

La Ville de Québec, qui compte sur son territoire 1800 lots répartis en 26 jardins, a annoncé la semaine dernière qu’elle mettra à la disposition des citoyens les installations des jardins communautaires en mai. «Les organismes gestionnaires s’assureront de mettre en place les mesures de distanciation édictées par la Santé publique», avait indiqué la Ville.

Les amateurs d’horticulture qui souhaitent connaître le jardin le plus près de chez eux ainsi que les modalités de réservation, d’inscription et de paiement peuvent consulter le ville.quebec.qc.ca/jardinscommunautaires.